Ce 10 novembre, aux quatre coins de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des milliers de membres du personnel ont mené des actions originales, pacifiques et déterminées pour dénoncer les mesures injustes qui vont durablement dégrader la qualité de notre enseignement, leurs conditions de travail et l’accès à un enseignement démocratique pour les jeunes. Depuis, elles se poursuivent spontanément à l’initiative des équipes un peu partout en Wallonie-Bruxelles.
Actions symboliques rendant visible le travail qui ne l’est pas, chaînes humaines, marches funèbres, partout en rue et au contact des citoyens l’expression d’un même malaise : ce gouvernement enterre l’École et méprise les personnels.
Face aux revendications légitimes, la ministre Glatigny et son président de parti s’obstinent à répondre par des contre-vérités ou des mensonges. Nous en pointons quelques-uns :
- Limiter tous les types de DPPR à deux ans calendrier ne permettra plus à personne d’aménager sa fin de carrière à 55 ou 58 ans !
- Augmenter le temps de travail de 10% des enseignants du secondaire supérieur ce n’est pas une « harmonisation ». C’est raboter de 10% les effectifs. C’est engendrer des conséquences en cascade au-delà du personnel du degré supérieur. Cette mesure n’a rien d’équitable et nie le travail invisible hors de la classe. L’argument qui consiste à dire que l’on ne touche pas aux conditions salariales est faux.
- Etendre la gratuité jusqu’à la 6e primaire avec deux fois moins de moyens, ce n’est pas positif pour les familles et ce n’est pas organisable pour les écoles.
- Supprimer l’accès gratuit aux académies (ESAHR) pour les enfants de moins de 12 ans (+92€) aura des conséquences sur le nombre d’inscrits, donc sur le cadre emploi.
- Augmenter le minerval dans l’enseignement supérieur pour 58% des familles va augmenter la précarité étudiante et restreindre l’accès à l’enseignement supérieur.
L’austérité n’est pas un projet pour la Jeunesse.
MR et Engagés martèlent qu’il faut assumer la situation budgétaire. Les personnels de l’enseignement et les jeunes ne sont pas responsables ni de la situation budgétaire, ni du mode de financement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Les économies ne sont pas à aller chercher dans la poche des travailleurs et des familles. Cette coalition, qu’elle se nomme Azur ou Arizona, fait le choix de cadeaux fiscaux aux plus nantis, renonce à lutter contre la fraude fiscale, choisit d’investir massivement dans le réarmement au détriment des politiques publiques en matière de santé, de culture ou d’éducation.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, le gouvernement demande aux travailleurs de faire plus avec moins. Dans le même temps, il fait le choix, contre l’avis des experts qu’il a mandatés, de renoncer aux politiques de lutte contre l’échec scolaire (coût annuel : 360 millions d’euros) tout en durcissant les seuils de réussite (30 à 90 millions d’euros), d’abandonner le tronc commun en secondaire (40 millions) et de mettre en place un CDI·e pour les nouveaux enseignants (500 millions).
Ce sont autant de coûts qui devront être supportés par la collectivité.
Depuis des semaines les membres du personnel de l’enseignement, tous niveaux confondus, portent symboliquement le deuil d’un enseignement de qualité, démocratique et accessible à tous, tué d’une balle en plein cœur par le MR et d’une balle dans le dos par Les Engagés.
Nous appelons à participer activement aux journées de grève des 25 et 26 novembre prochains.
Nous exigeons que le Gouvernement revoie sa copie :
- retrait des mesures pénalisantes pour les personnels, les élèves et les étudiants (charge horaire, congé de maladie, gratuité, minerval étudiant, bâtiments…)
- concertation réelle et préalable avant toute modification statutaire
- maintien du statut et des nominations
- revalorisation salariale juste et non conditionnée à la contractualisation
- garanties sur les conditions de travail et le bien-être du personnel
- maintien intégral du dispositif DPPR dans ses modalités actuelles
- révision de la politique de financement de l’enseignement public
