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Solidarité du SETCa avec le personnel hospitalier en grève dans le New Jersey

12/09/2023 | FR / NL

La grève dans les soins de santé met en lumière l’opposition entre qualité des soins et recherche du profit.

Le SETCa a rendu une visite de solidarité aux plus de 1.700 travailleurs de la santé en grève à l'hôpital universitaire Robert Wood Johnson, en marge du congrès d'Uni Global à Philadelphie (du 27 au 30 août). Ils ont débrayé début août pour protester contre la réduction des effectifs et ils maintiennent leur action. La grève est menée par United Steel Workers, un syndicat américain actif dans un grand nombre de secteurs, dont celui des soins de santé.

L’effectif en personnel de l'hôpital est tombé sous le niveau garantissant de pouvoir travailler en toute sécurité, tant pour les patients que pour le personnel lui-même, ce qu'on appelle le “safe staffing”. En Belgique, on définit cela comme l'"effectif minimal". Le conseil d'administration a en effet décidé d'économiser en réduisant le personnel pour maximiser les profits. 

Le personnel a dénoncé cette situation et a fait savoir qu'il était sérieux en se mettant en grève. Les militants tiennent des piquets de grève 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, à chaque entrée et sortie de l'hôpital. Pas pour arrêter les patients et le personnel qui souhaite travailler, mais pour attirer constamment l'attention sur leurs préoccupations.

La direction refuse jusqu’à présent d'accéder aux revendications du personnel et a lancé une véritable campagne de diffamation envers les grévistes et leurs représentants syndicaux. Aucun autre cycle de négociations n'est prévu et l'employeur a également cessé de payer les primes d'assurance maladie du personnel. Par conséquent, les militants et les membres de leur famille ne sont plus couverts pour leurs frais médicaux depuis le 1er septembre. Cela signifie qu’ils ne peuvent plus se payer de soins médicaux. En effet, les États-Unis ne disposent pas d'un système de mutualités et de sécurité sociale comme celui que nous avons développé en Belgique. Les Américains qui ne sont pas assurés par une police collective auprès de leur employeur doivent s'assurer eux-mêmes à titre privé ou ne sont tout simplement pas protégés contre les factures médicales astronomiques. Une assurance privée coûte facilement entre € 850 et € 2.400 euros par mois pour une famille moyenne. Sans assurance, une petite consultation chez un généraliste coûte environ € 75, une visite chez le médecin avec une prise de sang monte rapidement à € 750, un examen médical après, par exemple, une piqûre d'insecte coûte plus de € 930 !

Ces exemples mettent clairement en évidence certains excès douloureux de la commercialisation et de l'absence de protection sociale aux États-Unis. En outre, un cadre juridique pour une concertation sociale structurée avec les syndicats fait cruellement défaut. Là-bas, les hôpitaux sont des entreprises lucratives où les profits priment sur les soins aux patients et sur le personnel. En tant que citoyen américain, vous êtes totalement à la merci du libre marché et du bon vouloir de votre employeur, tant en ce qui concerne la constitution de la pension que le remboursement des frais médicaux. Les syndicats doivent forcer l'employeur à s'asseoir à la table des négociations par des grèves et des actions, car il n'existe pas de cadre juridique digne de ce nom obligeant les deux parties à négocier. 

Partout règne la loi du plus fort : dans les relations entre l'employeur et le travailleur individuel, entre la direction et les syndicats, entre l'individu et les entreprises commerciales ou les compagnies d'assurance, entre le monde politique et les entreprises.

Evert Persoon, notre secrétaire fédéral responsable des secteurs non marchands, a visité les piquets de grève en compagnie de dizaines d'autres représentants syndicaux de différents pays et de tous les continents réunis au sein d'Uni Global Union. Plusieurs porte-parole syndicaux se sont adressés au personnel pour exprimer leur soutien et leur solidarité, exhorter les grévistes à persévérer et appeler l'employeur à un véritable dialogue social avec les collègues syndicalistes américains.

Evert Persoon : « Pendant que les membres de votre direction et de votre conseil d'administration étaient bien à l’abri chez eux à compter les profits, vous, les membres du personnel, étiez ici, les mains dans le cambouis, à mener notre guerre contre la pandémie de covid. Sans équipement de protection approprié, au risque de votre propre vie et au risque de contaminer vos proches à la maison. Vous avez fait des shifts supplémentaires et, voyant que des collègues étaient absents, vous avez fait encore d'autres shifts supplémentaires. »

« Certains vous ont appelés des héros, d'autres des surhommes et des surfemmes. Mais pour moi, vous n'avez pas été des héros pendant la pandémie. Parce que les super-héros ont le choix... or, vous ne l’avez pas eu ! Vous n'êtes pas seulement des héros pendant une crise, vous êtes des héros chaque jour ! »

« Le SETCa appelle l'employeur, également au nom d'UNI Global Union, à s'asseoir à la table des négociations avec vos syndicats. À montrer du respect pour votre travail, à payer un salaire décent et, surtout, à s'assurer d'un nombre suffisant de collègues pour que vous puissiez soigner vos patients en toute sécurité et avec humanité. Au lieu de proférer des menaces et de vous faire chanter en interrompant votre assurance maladie et en salissant les dirigeants syndicaux ».

La solidarité de la communauté locale et la persévérance des grévistes étaient remarquables et ont réchauffé nos cœurs de syndicalistes. Les grévistes tiennent les piquets jour et nuit, y amènent leurs enfants et leur famille et ne se laissent pas abattre par les attaques manifestes de l'employeur. La communauté locale ainsi que les petits commerçants locaux montrent leur soutien chaque jour par de petits et grands gestes : ils apportent à manger, à boire, des provisions ou du matériel pour fabriquer des pancartes et des banderoles. Des gens cuisinent pour les grévistes, des citoyens font des dons financiers et matériels, manifestent leur soutien en klaxonnant en passant en voiture…

Le SETCa été témoin des aspects les plus laids et les plus beaux de la société américaine. Les politiques néolibérales débridées, l'absence de protection sociale et de services sociaux, la toute-puissance des actionnaires et de l'argent, l'absence de cadre juridique pour la concertation sociale, d'une part. Mais d’autre part, nous avons pu goûter à la chaleur et à la force de la solidarité individuelle et collective, à la force des syndicats et au soutien dont ils bénéficient, à la conviction que nous allons gagner cette bataille, à la persévérance et à ce sentiment que nous connaissons si bien : ensemble, on est plus forts !