SETCa

30/01/2019 12:09 Imprimer

Call centers externes de Proximus : déplacer des emplois vers l’étranger, « indécent » pour le ministre Peeters

Le mardi 29 janvier, le SETCa, la LBC-NVK, la CNE et la CGSLB, accompagnés de quelques dizaines de militants, étaient reçus au cabinet du ministre de l’Emploi Kris Peeters. Le front commun syndical avait interpellé le ministre à propos des plans de Proximus visant à revoir les contrats avec les call centers externes. 1.500 emplois se retrouvent ainsi sur la sellette. Le ministre Peeters affirme prendre au sérieux les inquiétudes des syndicats. Il s’est également engagé à demander des explications à Proximus. Toute entreprise jouant un tel rôle social doit prendre ses responsabilités quant au maintien des emplois en Belgique, estime-t-il.

 

Le ministre Peeters demandera des explications à Proximus par écrit

La restructuration de Proximus aura également des retombées sur les collaborateurs de call centers externes tels que Mifratel, Ikanbi, IPG, B-connected, Call Excell et d’autres centres d’appel plus petits. Un peu plus de 1.500 collaborateurs travaillent à ce jour directement pour Proximus dans ces entreprises. Une grande partie d’entre eux sont occupés dans les liens d’un contrat temporaire ou d’intérim. Dans une communication interne, la CEO de Proximus, Dominique Leroy, a en effet fait savoir que l’entreprise veut revoir les contrats avec les call centers externes :

« Nous souhaitons réduire nos coûts auprès de nos partenaires externes et demanderons entre autres à nos centres d’appels externes d’évoluer vers d’autres modèles opérationnels économiquement efficaces via le nearshoring et l’offshoring. »

La direction de Proximus envisage de demander à ses sous-traitants de déplacer leurs activités de centres d’appel vers des pays où les salaires sont plus bas pour réaliser ainsi des économies. Ce n’est ni plus ni moins que leur demander de pratiquer le dumping social. Ceci, alors que l’État belge est actionnaire principal avec 53%.

Les syndicats ont dès lors interpellé le ministre Peeters. Proximus et les autorités belges doivent prendre leurs responsabilités envers les sous-traitants et quant au maintien des emplois en Belgique. Comment faire rimer cette attitude avec « jobs, jobs, jobs » ? Le ministre Peeters a fait savoir qu’il demanderait des explications à Proximus par écrit. Pour lui, le contenu de la communication de la direction est indécent. Toute entreprise de cette taille et jouant un tel rôle social porte une responsabilité en matière d’emploi en Belgique. Prévoir de l’offshoring dans un plan de restructuration est dès lors impensable.

Enfin, pour le SETCa, le plan de Proximus est bel et bien dicté par l’arrivée d’un possible concurrent supplémentaire. Le management veut à tout prix réaliser des économies (sur les frais de personnel) dans cette perspective. Nous avons dès lors fait savoir que l’arrivée d’un 4e opérateur n’était une bonne chose pour aucun acteur du secteur. Le ministre a déclaré que le maintien d’emplois en Belgique primait sur les dividendes des actionnaires.

Le SETCa prend le ministre au mot et attend à présent des actes. Le ministre s’est également engagé à nous rencontrer à nouveau sur la base de la réponse qu’il recevra de la part de la direction de Proximus. À suivre, donc.

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