Ensemble on est plus forts
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SETCa

30/08/2010 18:04 Imprimer

Les grands défis de l’automne


Au moment de rédiger cet édito (lundi 30/8) la situation politique n’est pas vraiment claire. Aussi, nous n’allons pas nous risquer à formuler des commentaires en la matière. Pourtant, nous ne pouvons nous empêcher de souligner que notre pays a besoin d’urgence d’un gouvernement prenant les problèmes socio-économiques à bras-le-corps.

 

Nous ne prétendons pas ici qu’il n’y ait rien à entreprendre en matière de réforme de l’Etat. Nous savons bien que les résultats des élections législatives du 13 juin la rendent indispensable. Cependant, le pays ne peut pas être paralysé des mois durant car une telle situation se retournerait en définitive contre les gens et plus particulièrement contre les travailleurs,  des dossiers socio-économiques majeurs risquant d’être reportés aux calendes grecques. S’agissant de la réforme de l’Etat proprement dite, nous pouvons simplement répéter que nous restons vigilants et que nous évaluerons le résultat, quel qu’il soit, en fonction des valeurs que nous continuons à défendre : le caractère fédéral de la sécurité sociale, du droit individuel et collectif du travail et de la fiscalité.


Liaison au bien-être : il est clair dès à présent que l’avis prévu des syndicats et des employeurs concernant l’augmentation des pensions et des autres allocations sociales ne pourra pas être émis pour le 15 septembre.  Le rassemblement prévu le 15 septembre devra être mis à profit pour mettre les responsables politiques et les employeurs sous pression. Une fois de plus en effet, les employeurs vont tout mettre en œuvre pour lier ce dossier aux négociations sur un nouvel accord interprofessionnel. Comme telles, les négociations seront déjà suffisamment difficiles. Voilà déjà des mois que les employeurs plaident en faveur d’une modération et de davantage de flexibilité. Ils affirment ouvertement qu’il n’existe pas la moindre marge pour une quelconque augmentation salariale. Au contraire, ils plaident pour ce que l’on appelle une dévaluation interne par voie de suspension de l’index. Travailler plus longtemps (par semaine ou sur la carrière) est un autre point figurant sur leur liste de requêtes.

 

Les négociations seront donc difficiles car, indépendamment de la sécurisation des emplois de qualité, les travailleurs entendent bien obtenir une amélioration de leur pouvoir d’achat. On ignore toujours si les pouvoirs publics contribueront de nouveau par des moyens financiers à la conclusion d’un accord entre employeurs et syndicats. En effet, la situation budgétaire est loin d’être rose, pour ne pas dire catastrophique. 25 milliards devraient être trouvés sur une base récurrente d’ici à 2014. Soit 2500 EUR par Belge, petit ou grand, au travail ou non ! Le week-end dernier, la FEB a ressorti une fois de plus ses vieilles recettes à ce propos : une petite partie seulement de ce montant (un cinquième) serait à trouver à travers des recettes supplémentaires pour l’Etat et quatre cinquièmes à travers des économies. Pas surprenant que ce soient les services publics que l’on retrouve en l’occurrence dans la ligne de mire de la FEB, ni que ce soit aussi l’ensemble de la population active qui devrait en faire les frais. Mais les nouvelles recettes préconisées doivent être considérées de surcroît comme de la poudre aux yeux. Ici et là, il a été question en effet d’ouverture des employeurs à propos d’une discussion concernant un impôt sur la fortune.

 

 Il ne faut pas rire : augmenter le précompte mobilier et le revenu cadastral, ce n’est pas vraiment ce que nous entendons par l’impôt sur la fortune. A travers les propositions de la FEB, ce sont bien davantage les revenus moyens qui seront touchés de nouveau et pas vraiment les grosses fortunes de ce pays. Car leur patrimoine ne repose pas sur les revenus de comptes d’épargne ou sur la propriété d’une maison d’habitation moyenne. Pour nous, il s’agit en première instance d’aborder le déficit public (son importance et le délai pour le faire restent à préciser et nécessitent également des choix politiques) en cherchant de nouvelles recettes auprès de ceux qui ont la possibilité de porter de nouvelles charges, et non pas auprès du travailleur moyen. Nous nous opposerons à une politique de sobriété et d’économies. Aussi, nous en appelons nos membres à participer massivement à la manifestation européenne à Bruxelles le 29 septembre prochain. En effet, les travailleurs sont confrontés dans tous les pays européens à des sacrifices et des économies. Nous allons montrer clairement que c’est inacceptable.