SETCa

23/05/2019 10:27 Imprimer

14e Congrès de la CES : une Europe plus juste pour les travailleurs

Cette semaine se tient à Vienne le 14e congrès de la CES. L’occasion  de regarder en arrière et, surtout, vers l’avant. Sous le slogan « Une Europe plus juste pour les travailleurs », les participants y ont largement débattu de démocratie et de justice sociale, de transition sociale, d’emplois de qualité et de salaires plus élevés.

Les représentants du SETCa au congrès ont également apporté leur contribution au débat. Pia Desmet, secrétaire fédérale SETCa, est intervenue sur le temps de travail et l’organisation du travail. L’Europe fait face au problème des heures supplémentaires non payées. Un mal auquel tous les syndicats en Europe sont confrontés. Mais il est encore possible de remporter le combat. L’arrêt de la Cour européenne sur l’enregistrement du temps de travail peut en tout cas nous aider à cet égard. Seul un cinquième des travailleurs en Belgique est payé en plus pour des heures supplémentaires et à peine un peu plus de la moitié reçoit une compensation en temps pour des heures supplémentaires prestées. Pia Desmet a demandé à la CES d’entreprendre à cet égard des actions au niveau européen, avec tous les syndicats affiliés.

La situation ne s’améliorera certainement pas avec la numérisation, au contraire. Il est en effet possible, certainement dans les secteurs des services, de faire effectuer le travail n’importe où et de n’importe quelle façon. Un cadre clair au niveau européen est donc nécessaire pour éviter les excès. Mais nous ne devons pas uniquement nous défendre, a déclaré Pia Desmet. Il convient de mettre la réduction du temps de travail à l’ordre du jour, pour le bien-être des travailleurs et la création d’emplois supplémentaires et d’opportunités pour les travailleurs à temps partiel qui veulent de meilleurs contrats. Les travailleurs doivent avoir voix au chapitre dans leur organisation de travail. La concertation collective est dès lors la voie à suivre.

En tant que candidate sur la liste européenne du SPa, Pia Desmet a également indiqué la bonne direction au congrès de la CES.

Le président du SETCa Fédéral Erwin De Deyn a quant à lui fait une intervention sur le développement de ce que l’on appelle les formes d’emploi atypiques. Nous parlons naturellement de tous les « jobs sur le côté » possibles et imaginables, comme les flexi-jobs, les emplois occasionnels, les petits contrats à temps partiel, etc. Par ailleurs, les nouvelles technologies, certainement celles qui concernent la communication numérique et le traitement des données, offrent aux employeurs de nombreuses possibilités de développement de nouvelles formes de travail dans la sphère des travailleurs freelance et des (faux-) indépendants. Cet emploi doit assurément être protégé au niveau social.

Mais le président du SETCa a également appelé à la prudence. Le développement d’un modèle de protection sociale et de concertation collective pour ces formes de travail ne peut mener à un détricotage de l’emploi basé sur des contrats de travail formels, qui offrent la meilleure protection sociale. Il a cité en exemple le développement du travail de plateforme chez Deliveroo, Uber et dans les médias. Les travailleurs qui travaillent pour ces « apps » travaillent pour un employeur qui leur confie des missions et sous l’autorité de qui ils travaillent. Ils méritent dès lors un contrat de travail formel en tant que travailleur, avec tous les droits sociaux individuels et collectifs et le droit à la représentation syndicale y afférents. Les arrêts d’un certain nombre de tribunaux dans différents pays d’Europe vont en outre dans la même direction.

Un appel clair de la CES et de ses syndicats membres à être vigilants et à ne pas se laisser entraîner dans la stratégie de ce que l’on appelle le « troisième statut ».

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