AIP exceptionel : une fois, et puis c’est tout !

L’accord interprofessionnel qui a été conclu à la fin de l’année passée n’a pas été qualifié d’exceptionnel pour rien. Il est fortement marqué par la réalité des circonstances économiques tendues. Depuis lors, il ne se passe pas un jour sans que l’on annonce une restructuration et que l’on mette en place des plans de licenciements, qui laissent systématiquement des gens sur le carreau. Exceptionnel.
Augmentation des allocations de chômage
Pour permettre aux travailleurs de surmonter les périodes sans travail, nous disposons heureusement des allocations de chômage.
Voilà précisément pourquoi cet AIP exceptionnel est acceptable aux yeux du SETCa, même s’il contient de nombreux aspects dont nous ne sommes pas tellement satisfaits. C’est important : si vous êtes victime d’un licenciement, l’allocation de chômage doit vous permettre de continuer à rembourser votre maison et à envoyer vos enfants à l’école.
Pouvoir d’achat
Dès avant les négociations, il était évident que les employeurs s’y rendraient sans scrupules. Ils ont régulièrement attaqué l’index, ont accusé les syndicats de répandre une “hystérie sur le pouvoir d’achat”, etc.
Le mécanisme d’indexation est resté intact. Les employeurs ont fait une concession sous la forme d’une possible augmentation nette du pouvoir d’achat (€125 en 2009, €250 en 2010) par exemple par des chèques-repas ou des éco-chèques. Les actions que nous avons menées auront pesé sur les négociations.
La possibilité de prévoir ces augmentations du pouvoir d’achat « en net » nous place évidemment devant un problème de principe. Qui dit absence d’impôt et de cotisations de sécurité sociale, dit moins de rentrées pour les pouvoirs publics et la sécurité sociale.
En contrepartie, est prévu un milliard d’euros de réductions de charges supplémentaires pour les entreprises, sans garanties d’emploi supplémentaire.
Comme l’argent doit venir de quelque part, l’AIP laisse la porte ouverte à une ancienne revendication du SETCa : l’impôt sur le capital. Il convient désormais de s’y atteler, enfin, de même qu’à la fraude fiscale.
L’augmentation du remboursement des frais pour les transports en commun reçoit en revanche une bonne note : elle profite tant au porte-monnaie qu’à l’environnement.
Le relèvement des allocations sociales reste évidemment le principal élément du paquet total négocié. En ces temps incertains, la solidarité avec les plus vulnérables est plus importante que jamais.
En avant !
Tout cela ne signifie pas que nous arrivons les mains vides à la table des négociation. Cet AIP laisse encore de la marge pour des avancées pour les employés de votre secteur, tant sur le plan du pouvoir d’achat que de la qualité de l’emploi.