SETCa

20/06/2018 12:36 Imprimer

Le SETCa n’approuve pas (encore) l’accord Carrefour

 

Après consultation de sa base ce 14/06, le SETCa n’a pas encore approuvé la proposition d’accord chez Carrefour. Cette proposition contient des avancées, mais soyons clairs : cela reste un accord de restructuration qui a de lourdes conséquences sociales. Nous demandons des éclaircissements sur 3 points.

 

Principaux éléments du projet d’accord

Le 25 janvier, la direction annonçait son intention de licencier 1.233 collaborateurs. Après le lancement de la phase de négociation fin avril, nous sommes parvenus à une proposition d’accord lundi soir. Cet accord contient les éléments suivants :

  • Contrairement à ce qui a été annoncé fin janvier, aucun magasin ne fermera.
  • Le personnel des hypermarchés qui seront transformés en supermarchés n’accusera aucune perte salariale.
  • Le plan ne contient pas de garantie qu’il n’y aura pas de licenciements secs, mais le SETCa œuvrera pour que cela n’arrive pas.
  • Une garantie d’emploi de 4,5 ans sera prévue dans les contrats à durée indéterminée.
  • € 220 millions d’investissements sont prévus sur une période de 3 ans.
  • La polyvalence que la direction demandait verra le jour mais sera encadrée collectivement. Il en ira de même de la flexibilité. Les contrats à durée déterminée et le travail des étudiants seront ainsi contrôlés.
  • Le travail du dimanche en zone touristique sera lui aussi encadré.
  • Une évaluation de Carrefour sera mise en place. Nous voulons de la sorte éviter que le même scénario se reproduise à l’avenir.
  • Les travailleurs pourront opter selon certaines conditions pour un RCC (à partir de 56 ans), un départ volontaire, une mutation, un crédit-temps fin de carrière ou rester aux mêmes conditions.
  • Le plan social repose sur une base volontaire et sera évalué paritairement 2 fois par an.

 

Il y a à boire et à manger dans cet accord, mais cela reste une restructuration lourde. Nous sommes tout de même « satisfaits » des avancées enregistrées et de la possibilité pour les travailleurs concernés de recourir à des mesures douces. La direction a rencontré une partie de nos revendications. Néanmoins, 3 préoccupations ne sont pas encore rencontrées à suffisance :

Nous pensons que les mesures de crédit-temps fin de carrière doivent être accessible à tous, y compris aux travailleurs des services centraux.

Nous pensons également que pour les 5 hypers à transformer en Market, les possibilités de départ des malades de longue durée doivent être considérablement élargies. On parle d’une trentaine de personnes.

Enfin, si une garantie d’emploi est proposée pour les magasins des hypermarchés, elle n’existe pas pour les travailleurs des services centraux. Nous réclamons une garantie d’emploi pour ces personnes qui sont, elles aussi, touchées lourdement par la restructuration.

 

Le SETCa demande que l’on respecte les travailleurs concernés

Ces derniers jours, certains partis ont critiqué le RCC prévu dans ce plan. De quoi se mêlent-ils? Il s’agit d’une concertation entre employeurs et travailleurs, le politique n’a rien à y faire. Prendre les travailleurs en otage est d’une bassesse sans nom et la période préélectorale n’y change rien. Le projet d’accord respecte la loi, ni plus ni moins. Les travailleurs qui optent pour le RCC doivent rester disponibles pour le marché du travail. Il ne s’agit pas d’une voie de garage dorée jusqu’à la pension, loin s’en faut ! Répétons-le, le projet de plan social ne déroge en rien à la loi, il n’est que l’application stricte des possibilités de RCC dans le cadre d’une application d’entreprises en difficultés ou en restructuration. Tous les travailleurs qui quittent l’entreprise participeront d’ailleurs à la cellule pour l’emploi et aux mesures de reclassement professionnel

 

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