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26/05/2014 17:14 Imprimer

Votre barème sur la sellette - 2

 

Thèse 2 : « Les travailleurs âgés sont moins productifs et devraient donc aussi moins gagner »


Ce n’est pas prouvé. Celui qui veut attaquer les barèmes brandit habituellement des études de chercheurs qui auraient prouvé que la productivité des travailleurs baisse au fil des ans. De nombreuses études prouvent cependant le contraire. Ainsi, une enquête française a classé les entreprises selon leur productivité, par ordre décroissant. Elle a ensuite examiné la pyramide des âges des travailleurs. Qu’est-il apparu ? Que le quart des entreprises les plus productives occupaient nettement plus de collaborateurs « de plus de » 35 et 45 ans. La différence dans la catégorie d’âge la plus élevée était insignifiante, mais cette catégorie pesait également plus dans les entreprises les plus productives. La conclusion était donc opposée : plus les travailleurs sont âgés, plus l’entreprise est productive.


Au niveau individuel aussi, certaines aptitudes compensent une prétendue baisse de rapidité ou de force : un réseau élargi par exemple, ou l’expérience acquise au fil des années.


Certains arguments appuient même la thèse selon laquelle les rémunérations à l’ancienneté augmentent la productivité. Ainsi, une enquête menée auprès d’entreprises espagnoles a démontré qu’elles ont conscientisé davantage les employeurs sur la nécessité d’investir dans leurs propres travailleurs.


Thèse 3 : « Réformer les barèmes coûterait un paquet d’argent aux entreprises »


C’est exact, si l’objectif est à tout le moins que personne ne doive faire de sacrifice lors de la réforme. Dans les grandes lignes, l’idée des partisans d’une réforme de notre système barémique consiste à donner un peu plus aux jeunes travailleurs et un peu moins aux travailleurs âgés. La progression barémique des salaires serait également limitée dans le temps, à 10 ans environ.
Si l’on veut éviter que des personnes déjà dans le système soient confrontées subitement à d’autres règles du jeu, il convient déjà de prévoir des augmentations salariales pour les jeunes travailleurs lors d’une phase transitoire. Il ressort de nos calculs que sur 10 ans, cela pourrait engendrer une augmentation des coûts de 2% pour les entreprises.


Les entreprises sont-elles disposées à supporter ces coûts ? Nous osons en douter. Il sera question dès lors d’une (nouvelle) intervention des pouvoirs publics, à moins que l’objectif soit d’amener les travailleurs déjà dans les barèmes actuels à faire des sacrifices.

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