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29/11/2019 14:49 Imprimer

Une page du SETCa se tourne, une nouvelle s’écrit : au cœur de votre futur !

 

Ces 21 et 22 novembre, le SETCa a tenu son 19ème congrès statutaire. Un congrès est toujours un moment important dans la vie syndicale. L’occasion de rassembler les militants pour faire le point sur les années qui viennent de s’écouler et sur le travail accompli mais également pour tracer ensemble les lignes directrices pour l’avenir. Il s’agissait également cette fois-ci d’un congrès tout particulier puisqu’il marque la fin de 13 années de présidence pour Erwin De Deyn. C’est Myriam Delmée, qui a quant à elle occupé la Vice-Présidence durant 13 ans à ses côtés, qui lui a succédé. Pour la première fois dans l’histoire d’une centrale de travailleurs au sein de la FGTB, c’est une femme qui a été élue au plus haut poste de la hiérarchie syndicale. Avant ce fameux passage de flambeau, nous avions récolté les impressions de l’un et l’autre. Une page du SETCa s’est tournée et une nouvelle va s’écrire, avec toujours en toile de fond les valeurs qui nous sont chères et qui constituent notre identité : solidarité, militantisme et progrès social pour tous !


Aujourd’hui, Myriam Delmée, vous vous apprêtez à endosser le rôle de présidente. Une première pour une femme au sein de la FGTB. Une réaction ?


Myriam Delmée : « Avoir une femme à la tête d’une organisation syndicale, ne devrait pas être un fait exceptionnel. C’est normal puisque nous représentons plus d’un être humain sur deux. Le SETCa a toujours été un syndicat résolument féminin, où la parité dans les instances n’a cessé de grandir ces dernières années. 5 membres sur 10 du Secrétariat Fédéral du SETCa seront des femmes et près de 40% notre comité exécutif fédéral est composé de femmes… C’est donc possible et cela fonctionne ! Il est essentiel de continuer la lutte pour que les femmes aient leur juste place en nos rangs et dans la société. Nous avons désormais une première ministre, un second choix quand aucun homme n’est intéressé par un intérim à haut risque… Et on fait passer cela pour du progrès ! Dans toutes les sphères de la société mais aussi sur le plan politique et syndical, il est temps de passer aux actes. »


Erwin De Deyn : « Il est évident que certaines choses vont changer avec une femme à la tête du SETCa. Rien de plus logique, et j’oserais même dire que c’est nécessaire ! »


Racontez-nous-en un peu plus sur votre parcours syndical. Comment un ingénieur industriel arrive-t-il à la tête d’une organisation syndicale ?


E.D.D. : J’étais le plus jeune de sept enfants, ma mère était femme au foyer et mon père ouvrier dans le bâtiment. Pourtant, je n’ai jamais eu à me plaindre. Mes parents, frères et sœurs ont veillé à ce que je ne connaisse jamais la vraie pauvreté. Grâce à eux, j’ai appris qu’il faut être satisfait de ce que l’on a et apprécier ce qui vient s’y ajouter, même si cela ne comble pas forcément toutes vos attentes. Et que l’on n’a rien sans rien, qu’il faut donc travailler et se battre pour obtenir ce que l’on veut. »


« Travailler pour une meilleure existence s’est vite traduit chez moi en action politique et syndicale. Mon père m’avait déjà affilié à la FGTB à 16 ans et je suis vite devenu actif auprès des Jeunes socialistes. Je suis le seul de ma famille à avoir eu la chance de poursuivre mes études. J’ai créé la délégation syndicale chez mon premier employeur, Test Achats. À mes yeux, le consommateur que nous défendions était également un travailleur ou un allocataire. La direction ne le voyait pas forcément de cet œil. En 1979, j’ai franchi le pas vers le service de formation du SETCa. Un pas que je n’ai jamais regretté. Comme on dit, le reste appartient à l’histoire. »


Myriam Delmée, de votre côté, vous avez débuté au SETCa il y a 23 ans en tant que juriste au sein de la section de Mons. Vous avez ensuite gravi peu à peu les échelons de la hiérarchie syndicale. Y a-t-il dans votre carrière des modèles qui vont ont inspiré ?


M.D. : « Dans les contes pour enfant, il y a souvent des « fées ». J’en ai rencontré trois qui se sont penchées autour de mon berceau syndical lorsque j’ai débuté. La première s’appelle Danielle, la seconde Ginette et la troisième Régine. Toutes trois occupaient à l’époque des postes de secrétaires régionales en Wallonie. Trois femmes de poigne et d’envergure qui m’ont accueilli, soutenu, accordé leur confiance et largement inspiré dans tous les choix que j’ai pu faire. Une autre personne qui a énormément compté pour moi et qui compte toujours, c’est Christian Roland, qui occupait le poste de président du SETCa avant Erwin. On peut véritablement parler d’un mentor. Il m’a accueilli avec bienveillance au SETCa fédéral, m’a fait confiance, m’a épaulé et a partagé avec moi les valeurs qui lui sont chères. La manière dont il a dédié sa carrière et son énergie au SETCa sont très certainement un modèle et un exemple à suivre ! »


Vous avez également partagé 13 années de Vice-présidence aux côtés de Erwin De Deyn. Après 40 ans de carrière, il s’apprête aujourd’hui à tirer sa révérence.


M.D. : «  Erwin a également largement marqué le SETCa par son empreinte. Je le remercie pour la présidence qu’il a menée avec détermination pendant toutes ces années. Etre présent sur tous les dossiers, travailler,  anticiper, avoir un coup d’avance, ont été ses leitmotiv tout au long de ces années. Faire progresser le SETCa et maintenir une unité fédérale forte ont guidé sa présidence. Investir dans l’informatique et la numérisation, se rapproprier notre communication et créer un staff de communication en interne et de haut vol ont aussi fait partie de ses préoccupations quotidiennes. Travailler aux côtés d’Erwin a été enrichissant à beaucoup égards. Je ne retiendrai volontairement qu’un aspect de sa personnalité que j’ai le plus souvent admiré, voire envié : garder son sang-froid quelles que soient les circonstances et ne jamais perdre de vue le but à atteindre. »


E.D.D. : « Lorsque j’ai été élu président en 2006, j’ai conclu mon premier discours en déclarant que j’étais fier de pouvoir être le président du SETCa. Et je le suis toujours. Soutenu par nos militants, secrétaires et membres du personnel dans les sections et au SETCa Fédéral, j’ai fait tout mon possible pour défendre les intérêts de notre syndicat, tant au sein de la FGTB que face aux employeurs et aux gouvernements. Nous sommes également parvenus à conserver l’unité fédérale du SETCa. Le SETCa a toujours endossé ses responsabilités et pris les devants quand c’était possible. Nous avons ainsi conclu un accord historique avec la Centrale Générale en 2018, par lequel les travailleurs de 47 secteurs pour lesquels le SETCa et la CG sont compétents sont représentés par le SETCa ou la CG indépendamment de leur statut. Il ne faut pas sous-estimer l'importance de cet accord. C’est sans aucun doute l’événement le plus important des dernières années de ma présidence. »


Quel regard portez-vous sur le monde aujourd’hui ?

E.D.D. : « Je ne suis pas de nature pessimiste. Il est certain que les grands défis sont liés à notre avenir social, au climat, à la migration, ainsi qu’à l’impact de la technologie sur notre monde. Ces thèmes sont en outre indissociables les uns des autres. C’est pourquoi la lutte contre l’inégalité sociale reste si importante. Ces défis ne doivent pas seulement être résolus au niveau national, voilà pourquoi le travail syndical doit également se faire aux niveaux européen et international. Et je crois que la technologie peut et doit être au service du progrès de l’humanité et donc des travailleurs. Cela implique des choix politiques et sociétaux clairs. »


Le slogan de ce congrès (mais également celui qui sera utilisé dans le cadre de la campagne élections sociales) est ‘Au cœur de votre futur’. Etre ancré dans la vie des travailleurs, de leurs préoccupations et de leur avenir, c’est le message du SETCa pour les prochaines années?


M.D. : « Dans le cadre de notre congrès, nous nous sommes longuement questionné sur la société que nous voulons construire demain. Certains affirment que la génération de nos enfants est la première qui risque de moins bien vivre que nous. Il est donc urgent de donner un coup de barre à gauche pour enrayer ces régressions. Certes, le contexte qui nous entoure est difficile : la dérégulation, montée de la droite et de l’extrême droite en Europe, montée des nationalismes, repli sur soi, augmentations des inégalités avec des riches ‘toujours plus riches’ qui alimentent et entretiennent le conservatisme qui leur est cher, inquiétudes face au réchauffement climatique… Les défis sont nombreux mais nous devons continuer à nous battre pour construire ensemble une société plus juste et solidaire. Une société où chacun a sa place et où chacun, à n’importe quelle étape de la vie, peut bénéficier d’une vie digne et des mêmes chances. Le SETCa veut être un moteur d’action pour demain : agir aujourd’hui pour un meilleur avenir pour tous. Les militants et tous les acteurs de notre organisation syndicale à tous les niveaux sont et seront présent aux côtés des travailleurs, au cœur de leur futur ! »

 

Erwin, avez-vous un message pour la nouvelle équipe ?

E.D.D. : Ce n’est pas à moi de faire passer des messages ou de donner des leçons. Le congrès s’en chargera. Je souhaite le meilleur à Myriam, la nouvelle présidente, à Jan-Piet, le nouveau vice-président, et à tout le secrétariat fédéral nouvellement élu. Je suis convaincu qu’ils sont le bon choix pour le SETCa et la FGTB. »

 

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