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22/03/2011 11:34 Imprimer

Une tournée des partis politiques dans l’attente des débats au parlement


Ces 16/03 et 17/03, le SETCa et la Centrale Générale de la FGTB ont effectué une grande tournée des partis politiques afin de rappeler notre opposition à la proposition de médiation du gouvernement sur le dossier AIP. L’occasion pour les dirigeants des deux centrales de rappeler nos revendications aux politiciens et de leur soumettre des propositions concrètes en vue d’améliorer les textes qui seront prochainement traités et débattus au sein du parlement. 2 jours, 4 bus, 400 militants, qui ont voyagé de parti en parti et ont accompagné les responsables syndicaux aux portes des différents cabinets politiques.


La journée du 16/03 était consacrée à la visite des quatre partis francophones PS, MR, Ecolo et cdH. De manière générale, les représentants politiques ont réaffirmé leur soutien envers le principe d’indexation et leur volonté de maintenir le système en place. Un point essentiel, surtout dans le contexte européen actuel et à la suite des récentes déclarations visant au démantèlement du système d'indexation automatique des salaires. Quels que soient les interlocuteurs politiques rencontrés (Yvan Mayeur pour le PS, Sabine Laruelle et Willy Borsus pour le MR, Sarah Turine, Jacky Morael et Zoé Genot pour Ecolo et enfin le chef de cabinet de Joëlle Milquet pour le cdH), on peut dire qu’un échange de vues concret a véritablement eu lieu. Nous avons pu exprimer notre position dans le dossier et formuler des pistes concrètes en vue des futurs débats au parlement. Des points abordés dans le texte tels que la norme salariale, le revenu minimum ou le statut ouvrier – employé sont encore nettement insuffisants et défavorables pour l’ensemble des travailleurs de ce pays. Et nous l’avons fait savoir. Un certain nombre d’éléments ont été notés et seront soulevés lors des futurs débats. On ne peut cependant pas dire que nous avons pu obtenir des garanties sérieuses concernant les points essentiels qui posent toujours problème. Pas d’appui clair du monde politique francophone donc, à l’exception d’Ecolo, qui s’est engagé à soutenir notre proposition et à reprendre une grande partie de nos revendications majeures lors des futures discussions.


Le 17 mars, c'était le tour des partis néerlandophones. En matinée, aussi bien Groen ! que le sp.a ont écouté nos demandes avec beaucoup d’attention. Tous deux disent comprendre nos préoccupations concernant la norme salariale de 0,3%, l’augmentation minime du salaire minimum ou le chômage temporaire pour employés. Ils sont également favorables au nécessaire maintien de l’index. Lors des prochains débats, ils prévoient d’introduire divers amendements qui vont dans le sens de nos propositions. Tant Caroline Gennez que Bruno Tobback et Meryame Kitir du sp.a ainsi que Wouter Van Besien et Kristof Calvo de Groen! avaient déjà préparé différents arguments en faveur des travailleurs.
Reste à espérer bien sûr que les deux partis tenteront d'accorder leurs efforts et amendements. Au Parlement aussi: ensemble, on est plus forts.


Lors des visites des partis politiques, nous avons aussi fortement insisté sur un certain nombre de négligences techniques qui risquent de se glisser dans la proposition gouvernementale. Consciemment ou inconsciemment. Ainsi, les critères en faveur de l'introduction du chômage temporaire pour employés constituent une échappatoire rêvée pour des abus. Les critères sont en effet très laxistes, si bien qu'il sera aussi possible par toutes sortes de "petits trucs" de mettre ses employés en chômage temporaire. Nous avons saisi l'occasion pour les mettre en garde à cet égard, grâce à notre connaissance du terrain qui, par définition, fait défaut aux partis politiques.


La délégation a aussi fait un plaidoyer convainquant en faveur de la suppression du jour de carence pour les ouvriers. Il est vraiment incompréhensible que le gouvernement juge acceptable que les ouvriers perdent un jour de salaire en cas de maladie!
À l'Open VLD aussi, le président Alexander Croo a semblé disposé à avoir un véritable entretien. Il était bien sûr évident qu'idéologiquement, nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde… aussi a-t-il défendu la nécessité de la modération salariale. Nous espérons cependant que son parti – qui est bon gré mal gré toujours dans le gouvernement – prendra tout de même note des problèmes qui risquent de se poser au niveau de la législation sur le chômage temporaire des employés. Au CD&V, nous avons été reçus par les parlementaires Vercamer et Lanjri. Nous n'y avons malheureusement pas eu le sentiment de pouvoir aboutir à un véritable entretien. Peut-être les priorités du parti, qui devrait tout de même connaître une aile importante des travailleurs, sont-elles ailleurs ces dernières années…


Nous comptons maintenant sur un large débat au parlement, qui puisse déboucher sur une amélioration concrète des textes, en faveur des travailleurs ! Nous espérons  à cet égard que notre apport comptera.