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19/11/2014 12:06 Imprimer

Syndicat et actions syndicales : les fausses vérités


C’est typique, lorsque des actions sont menées, les opposants des syndicats s’évertuent à placer les organisations de travailleurs sous un mauvais jour. C’est comme cela à l’heure actuelle. Quelles sont ces petites phrases assassines et comment y réagissons-nous ?


« Le droit de grève doit être limité »

Le droit de grève est un droit reconnu internationalement qui est fondamentalement lié au fonctionnement d’une saine démocratie. Il est lié à la liberté d’association et de mener des actions. Toute limitation du droit de grève s’apparente à un affaiblissement de la position de négociation des travailleurs. Il existe d’ailleurs, dans de nombreux secteurs, des accords sur la manière dont « l’arme de la grève » peut être utilisée dans la pratique. Cet aspect peut donc parfaitement faire l’objet d’une négociation respectueuse entre employeurs et travailleurs comme partenaires égaux, sans que le Gouvernement ait à s’immiscer dans ce dossier.


« Le syndicat doit se plier au résultat des élections »

La démocratie, ce n’est pas uniquement élire le Parlement et composer le Gouvernement. Dans une société démocratique, chaque citoyen peut exprimer son avis et le transposer dans des formes d’action démocratiques, également entre deux élections. Cela vaut donc aussi pour les syndicats et leurs affiliés (et d’autres organisations de la société civile) : ils peuvent remettre en question la politique et les mesures gouvernementales. L’alternative serait de suspendre la société démocratique entre deux élections.


« Les syndicats sont obsolètes et ils concernent les plus âgés »

Ce n’est pas ce que font apparaître les catégories d’âge dans le fichier des membres du SETCa. Nous publions ce fichier ouvertement tous les quatre ans dans nos documents de congrès, disponibles sur notre site web. En ce qui concerne le SETCa, ce fichier reflète presque parfaitement la pyramide des âges des employés sur le marché du travail. Ce n’est pas exact au niveau des positions non plus : le syndicat s’occupe de thèmes concernant les jeunes et les moins jeunes. D’ailleurs, nous aspirons à une solidarité intergénérationnelle et pas à dresser les générations les unes contre les autres.


« Le Gouvernement invite les syndicats à une concertation, alors, pourquoi des actions maintenant ? »


Une véritable concertation se tient avant de prendre des décisions, pas a posteriori à propos d’adaptations dans la marge. Ce n’est pas le cas actuellement : le saut d’index semble décidé, les salaires seront gelés et l’âge de la (pré)pension augmente. Le SETCa est donc favorable à la concertation si Gouvernement et employeurs sont disposés à discuter de ces points.


« Aujourd’hui, les syndicats passent trop vite à l’action et tuent une mouche avec un canon »

Ce n’est pas exact : fin décembre, il sera trop tard, car le Parlement aura voté les lois voulues. C’est maintenant qu’il faut mener des actions, sans quoi nous serons placés devant le fait accompli.


« Manifester, faire grève... ça sert à quoi ? »

Rester dans son fauteuil n’apporte rien non plus. Toutes les grandes avancées sociales dans notre pays ont vu le jour après des actions syndicales, des manifestations et des grèves. Sans cette pression, à chaque fois apparue en dehors du Parlement, il ne serait pas question du suffrage universel, de la suppression du travail des enfants, des congés payés ou de la journée de huit heures. L’inverse est vrai également : sans pression en dehors du Parlement, il devient très facile de retirer ces droits.


« Pourquoi ne pas manifester un samedi ou un dimanche ? »

Ce n’est, par définition, pas exclu. Cela s’est fait plusieurs fois dans les années 80. 1986 a même vu la plus grande manifestation syndicale jamais organisée, même si, depuis lors, celle du 6 novembre est devenue la plus importante…

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