Reprise sur les chapeaux de roues
Après des vacances bien méritées, c’est de rentrée sur les chapeaux de roues qu’il est question pour l’ensemble des syndicalistes. Les dossiers ne manquent d’ailleurs pas.
Tous les secteurs d’employés n’ont pas encore conclu d’accord en commission paritaire. Sur cette page de notre site web, nous traçons un aperçu des secteurs qui doivent encore conclure leurs négociations. Nous sommes convaincus que ce sera le cas au cours des prochaines semaines, de sorte que tous les employés de ce pays soient couverts par des accords sectoriels garantissant les acquis et débouchant ici et là sur de nouveaux avantages. Nous entendons également que la ministre de l’emploi reconnaisse tous les accords sectoriels et leur confère la force obligatoire. Par ailleurs, des accords supplémentaires ont déjà été conclus dans certaines entreprises. Ils seront certainement suivis par d’autres dans un proche avenir.
La crise de la dette est à l’avant-plan de l’agenda politique dans pratiquement tous les pays européens (mais aussi ailleurs dans le monde). Cette crise de la dette est la conséquence des plans de sauvetage massifs des banques, dont les Etats européens ont fait les frais et dont ils paient aujourd’hui la note. Elle s’accompagne d’une spéculation d’investisseurs pervers (aidés en cela par des agences de notation qui ne cessent de déstabiliser le système financier) ne cherchant qu’à réaliser des bénéfices usuraires à très court terme et freinent de cette manière le développement économique et social. Les plans d’économies sont à l’ordre du jour dans tous les Etats européens. En Belgique, il est question de 22 milliards sur une base récurrente pour 2015 avec quelque 6 milliards à trouver déjà pour 2012. Que ce soit le gouvernement Leterme en affaires courantes ou le nouveau gouvernement Di Rupo qui établisse le nouveau budget, le défi reste le même et il conviendra de faire des choix politiques. Ira-t-on chercher l’argent là où il se trouve ou s’en tirera-t-on à bon compte en coupant essentiellement dans les dépenses sociales ? Que certains « riches » en Belgique estiment eux-aussi qu’ils pourraient bien contribuer un peu plus n’est pas mal en soi, mais nous n’accepterons pas que l’on nous jette de la poudre aux yeux. Au demeurant, la note Di Rupo comprend déjà une certaine forme d’impôt sur la fortune. Il ne peut s’agir en l’occurrence d’un alibi symbolique pour faire supporter des mesures importantes par les bas et moyens revenus. Voilà l’aune à la lumière de laquelle nous évaluerons le budget. Et avec la Confédération européenne des syndicats et donc tous les autres syndicats européens, nous continuons d’affirmer : pas de politique d’austérité !
Quant à savoir si les négociations gouvernementales actuelles aboutiront, nous l’ignorons nous aussi. Nous restons plus que critiques à l’égard de la note Di Rupo qui constitue la base des négociations. La politique européenne de démantèlement social y occupe une place de premier plan. Nous maintenons également que la réforme de l’Etat ne peut avoir pour effet de vider la sécurité sociale et le droit fédéral du travail de leur substance.
Au début de l’été, la Cour constitutionnelle a pris un arrêt important dans le dossier ouvriers-employés. Depuis longtemps déjà, le SETCa déclare lui aussi que, par rapport aux employés, la législation est discriminatoire à l’égard des ouvriers. Que ce soit à présent la Cour constitutionnelle qui le déclare, voilà qui ne nous étonne donc pas. La décision de cette dernière porte sur 2 discriminations : l’application des jours de carence pour les ouvriers et les délais de préavis trop faibles des ouvriers. La législation devra être adaptée - à tout le moins sur ces deux points – pour le 8 juillet 2013. A défaut, les ouvriers pourront prétendre aux mêmes régimes que les employés. Il est évident que nous restons favorables à un règlement global du dossier à travers des négociations entre employeurs et syndicats. Et il va sans dire que nous voulons voir supprimées les différences (sur certains points, ce sont les employés qui sont discriminés par rapport aux ouvriers) à travers une harmonisation vers le haut. Le projet d’AIP rejeté par la majorité des travailleurs n’est dès lors pas non plus une base pour reprendre ces négociations. N’oublions pas de surcroît que les employés ont déjà consenti à un effort considérable. En effet, le gouvernement a inscrit entre-temps le chômage économique des employés dans la législation. Les employés ne paieront pas une deuxième fois.