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27/11/2013 18:03 Imprimer

Remise en cause des barèmes?


La ministre de l’Emploi est parvenue une fois de plus à passer dans les médias. Cette fois en plaçant les systèmes d’échelles barémiques de salaires à l’agenda politique. Elle jette ainsi le “pavé dans la mare”, une situation dont les petits coqs des organisations patronales se sont saisis bien volontiers. Non pas pour faire plaisir… mais pour remettre en cause les barèmes proprement dits.


Que faut-il entendre par barèmes?

Les barèmes ou échelles barémiques des salaires sont propres au monde des employés. Ceux-ci entament leur carrière avec un salaire relativement faible. Mais il augmente d’année en année en fonction de l’ancienneté ou de l’expérience dans l’entreprise ou le secteur. Pour la plupart des systèmes barémiques, il faut attendre environ 20 ans avant que le salaire atteigne l’échelon salarial le plus élevé. Les systèmes barémiques font partie intégrante de conventions collectives négociées. Ils sont une valorisation légitime des qualifications et des compétences développées sur la base de l’expérience au cours de l’exécution du travail.


Que propose la ministre?

La ministre veut que les jeunes gagnent plus qu’aujourd’hui. Et que leur rémunération augmente plus vite au début de leur carrière (après par exemple 5 ans de service). Cette progression devrait remplacer d’autres augmentations salariales ultérieures à un âge plus avancé. La ministre veut donc faire d’une pierre deux coups. Plus de revenus pour les travailleurs lorsqu’ils en ont le plus besoin, dixit la ministre, et un aplanissement en fin de carrière pour maintenir les travailleurs âgés plus longtemps au travail, toujours selon la ministre.


Réactions prévisibles des fédérations patronales

Les représentants patronaux n’ont pas raté l’occasion pour réagir. Et, comme c’était à prévoir, pour encore aller plus loin. Pour eux, il convient de remettre en cause tout automatisme dans les augmentations salariales. Qu’il s’agisse des augmentations salariales barémiques annuelles ou de l’indexation automatique.


Leurs intentions à ce niveau peuvent être doubles. Dans le pire des cas, les employeurs empochent tout simplement toutes ces adaptations salariales non appliquées (l’indexation des salaires est en effet une compensation pour l’augmentation des prix). Dans le meilleur des cas (et quoique…) ils les affectent à des augmentations salariales établies sur une base individuelle. En tout cas, il est clair qu’ils veulent tout simplement se débarrasser de tout système d’augmentations barémiques ou automatiques. Résultat: de l’arbitraire sur toute la ligne et sur une base individuelle.


La vision du SETCa

Les barèmes actuels ne sont pas venus de nulle part. Ils se sont développés à partir de la concertation sociale et ont été ancrés dans les conventions collectives de travail. Il y a à peine quelques années d’ailleurs que nous avons transformé les barèmes à l’âge en barèmes à l’ancienneté ou à l’expérience dans toutes les commissions paritaires. Cette modification a été réalisée en concertation avec les fédérations patronales. Aussi, des modifications ne pourraient intervenir qu’à travers une concertation sociale.
De plus, les systèmes barémiques actuels prévoient déjà souvent des augmentations plus importantes au cours de la première moitié du système, pour évoluer ensuite moins rapidement. Mais nous sommes toujours ouverts à la concertation.
Si les employeurs veulent changer le système des barèmes, ce n’est pas la peine de faire du lobbying une fois de plus auprès de la ministre. Qu’ils viennent plutôt vers les interlocuteurs sociaux, seules personnes avec lesquelles ils puissent changer le système convenu. Une fois de plus, les employeurs veulent manger leurs paroles et conventions pour détricoter un acquis essentiel : les annales barémiques.


Nous suivrons dès lors ce dossier avec toute la vigilance nécessaire!
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