SETCa > News > Que de mythes à propos du Sida - interview de Kenny Van Quickelberge

05/11/2012 16:31 Imprimer

Que de mythes à propos du Sida


Kenny Van Quickelberge est un trentenaire moyen. Depuis 3 ans, il travaille au helpdesk d’une grande entreprise et cohabite avec son amie. Petit détail : Kevin est séropositif et gère cette situation positivement. Entretien sur les réactions au travail quand on est porteur du virus.

Vous êtes très ouvert à propos de votre maladie. Comme séropositif, vous êtes même intervenu à visage découvert dans « Big Brother » et « HIV+ ». Est-il également possible d’être tout aussi ouvert au travail ?


Kenny : « J’ai fait ce choix. Je dis ouvertement aux collègues que je suis séropositif. Pas une annonce avec trompette et tambour, mais si la question est abordée au hasard d’une discussion, je le signale. Je n’ai jamais eu de réaction négative. »


« Chacun aborde les choses à sa manière. Je pense que la majorité des travailleurs porteurs du virus du sida ne sont pas si ouverts sur la question. Et je comprends leur choix. Car, malgré tout, il existe encore beaucoup de préjugés. »


Spontanément, on pense à ce propos à la discrimination à l’embauche. Comment aborder la question lors des entretiens d’embauche ?


Kenny : « A ce moment-là, je n’en dis rien. Ce n’est d’ailleurs pas nécessaire. Je l’ai fait une fois et l’ambiance de l’entretien a directement changé. Pour le reste de ma vie, je peux oublier mes chances chez cet employeur-là… Ce qui signifie également que beaucoup de préjugés circulent encore sur les séropositifs. »


Comme ?


Kenny : « Pour commencer, grâce aux nouveaux médicaments, il est parfaitement possible de vivre une vie tout à fait normale. Par exemple, je ne suis certainement pas plus souvent absent que les autres collègues. Je ne ressens pas non plus d’effets secondaires des médicaments. Ceci dépend très fort de la personne. »


« Beaucoup se font encore de fausses idées sur les médicaments. Quatre pilules par jour suffisent. Pour certains, deux sont parfois suffisantes. Il n’est plus vrai, depuis belle lurette, que les séropositifs doivent prendre des médicaments toute la journée. Dès lors, pour 99,9 % des professions, ceci ne pose plus aucun problème. »


Quel rôle un syndicat ou un délégué peuvent-ils jouer à ce propos ?


Kenny : «  Plutôt que de lancer toutes sortes de procédures pour contrer les discriminations, c’est les préjugés qu’il faut combattre. Les gens ne savent pas suffisamment  ce qu’est le sida. Et ce qui est méconnu… fait peur. Les gens se posent encore des questions comme « est-ce que je peux lui serrer la main ou boire dans son verre ? » (Ndlr, deux choses qui ne posent pas le moindre problème).»


« Un syndicat qui prend la peine d’informer ses propres membres sur la manière d’aborder les gens porteurs du virus… voilà la meilleure mesure anti-discrimination qu’on puisse prendre. Bon nombre de mythes circulent toujours dans le monde à propos de cette maladie. »    

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