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30/10/2013 10:57 Imprimer

Plus d'Europe sociale!?

Sommet européen des chefs de gouvernement


Vu un certain nombre de déclarations ces dernières semaines, il est clair que les acteurs politiques sont déjà – du moins partiellement – en mode électoral. C’est le cas sur les plans régional et fédéral, mais aussi européen. Car n’oublions pas que le 25 mai prochain, nous élirons également les parlementaires européens. Et dans la foulée, il conviendra de composer une nouvelle Commission européenne avec un autre président. Pas étonnant dès lors que le sommet européen des 23 & 24 octobre ait accouché d’une souris. Pas de décisions courageuses sur la situation honteuse et (littéralement !) meurtrière des réfugiés fuyant l’Afrique du Nord pour rejoindre l’Europe, alors que le sommet aurait dû se préoccuper de cette question. Le report ne peut toutefois se muer en abandon ! Qu’a donc abordé ce sommet ? Les écoutes des services secrets américains ! De vives déclarations de toutes sortes n’ont cessé d’affluer à ce sujet. Comme si tout le monde tombait des nues et « ignorait » que les services secrets, partout dans le monde, pratiquent par définition de telles écoutes. On penserait presque que tout ce remue-ménage à propos des « écoutes » arrangeait bien un certain nombre de leaders européens afin de ne pas devoir aborder d’autres dossiers. Un agenda caché trop évident.


Le point de vue de la commission européenne à propos du semestre européen

Entre-temps, la Commission européenne n’est pas restée inactive. Début octobre, elle a fait une communication non dénuée d’importance à propos de la gouvernance économique européenne. En effet, elle propose aux interlocuteurs sociaux européens de les impliquer davantage à l’avenir dans ce que l’on appelle le « semestre européen ». À côté des indicateurs macro-économiques, l’on intégrerait aussi des indicateurs sociaux dont l’on tiendrait compte au moment de formuler les recommandations aux États membres. La vigilance est de mise, car le choix de ces indicateurs sociaux pourrait avoir l’effet inverse sur ces recommandations. Exemple : un chômage de longue durée élevé pourrait être saisi pour amener les États membres concernés à encore plus de dérégulation. En ce qui concerne les salaires minimums, la communication de la Commission n’en souffle aucun mot.

 

De plus, la Commission propose que les interlocuteurs sociaux puissent donner leur avis pendant toute la durée du semestre européen, qui commencerait dès l’élaboration de l’examen annuel de la croissance servant de base aux recommandations aux États membres. En soi, nous ne pouvons pas nous opposer à cette proposition et soutenons dès lors l’idée de la Confédération européenne des syndicats de développer une stratégie en la matière avec tous les syndicats affiliés, en prévoyant une bonne interaction entre le volet européen et ce que l’on peut en faire sur le plan national. D’un autre côté, nous ne voulons cependant pas être associés à la politique d’austérité européenne. Nous ne tomberons pas dans ce piège. N’oublions pas que les recommandations antérieures de la Commission consistaient à déréguler davantage, à modérer les salaires, à relever l’âge de la pension, etc. Nous devons conserver et conserverons notre autonomie pour continuer à faire face à la politique d’austérité européenne. Voilà pourquoi nous continuons aussi de nous opposer à toute autre manipulation de l’index dans le cadre de la grande réforme de l’index à venir et d’un renforcement de la loi sur la compétitivité, qui empêcherait toute négociation salariale pour des années !


Entre-temps, en Belgique...

Etre-temps, nous continuons dans notre pays à suivre avec la plus grande vigilance le traitement parlementaire du compromis gouvernemental sur les délais de préavis et le jour de carence. L’avis du Conseil d’État sur les projets de texte de loi est attendu dans les jours à venir. Le Gouvernement reprendra ensuite le flambeau et les textes iront au Parlement. Nous maintenons que le résultat est fondamentalement déséquilibré. Vous trouverez dans notre nouvel Expresso toutes les informations nécessaires quant à notre position et au contenu des projets de texte. Cet Expresso sera diffusé à des centaines de milliers d’exemplaires dans les entreprises au cours des prochaines semaines. Nous continuerons de nous opposer à ce qu’en plus des concessions à réaliser essentiellement par les employés dits « supérieurs » (qui représentent toutefois plus de 75% de la population), les ouvriers de la construction continuent à subir des discriminations, la suppression du jour de carence puisse être associée à un contrôle excessif des malades et le coût de l’harmonisation soit supporté en grande partie par les pouvoir publics.


Note pied de page : vous trouverez les informations de fond nécessaires à propos de la gouvernance économique européenne et du semestre européen dans le dossier « Un kit de survie pour le syndicaliste » sur notre site web.

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