Les réponses (néo-)libérales : de fausses solutions
L'accord gouvernemental s'inscrit dans le droit fil de la pensée unique néo-libérale. Le SETCa se mobilise contre ces idées toutes faites : ce ne sont pas des solutions aux problèmes que nous rencontrons tous. Voici quelques exemples.
"Il faut travailler plus longtemps pour assurer l’avenir de notre système social, de nos pensions en particulier"
Avec les mesures du gouvernement, il devient en pratique impossible de même prendre sa prépension à 60 ans. Il devient aussi nettement plus difficile de décélérer par le biais du crédit-temps. Travailler plus longtemps donc. Travailler plus longtemps est une manière typique de toucher ceux qui n'ont pas le luxe de pouvoir vivre de leurs rentes. Le chômage des jeunes atteint des sommets, pourtant on veut vous garder plus longtemps au travail. Il n’y a aucune volonté patronale d’engager des travailleurs plus âgés. Et l'on réduit l'allocation d'attente pour les jeunes demandeurs d'emploi. Que fait-on des jeunes ? Quand crée-t-on de l’emploi ? Pourquoi ne pas rendre obligatoire le remplacement les travailleurs en crédit-temps ?
"Faire des économies (soins de santé, services publics…) est la seule manière de sortir de la crise"
Ce gouvernement est lui aussi frappé par l'obsession européenne de réaliser des économies. Ce serait LA solution ultime à n'importe quel problème. En temps de crise, il est important que l'État injecte encore de l'argent dans l'économie. Les entreprises avec une vision à court terme rognent sur les budgets comme jamais. Si les pouvoirs publics s’y mettent aussi, l'économie est paralysée. Les pays qui ont le mieux résisté à la crise de 2008 (dont la Belgique) étaient les pays qui ont le moins réalisé d'économies.
"Nos coûts salariaux sont intolérablement élevés par rapport aux pays voisins"
Tout est bon pour les employeurs pour prétexter que nous sommes trop chers : l'indexation automatique des salaires porte atteinte à notre compétitivité, les charges salariales sont trop élevées dans notre pays… L'indexation n'est pas une augmentation salariale : elle suit, partiellement et avec un retard, l'augmentation des prix de ce que vous achetez et vous aide donc tout au plus à… ne pas devenir plus pauvre. La principale cause de l’inflation, c’est l’augmentation de la facture énergétique. Il faut donc s'attaquer au problème à la source, et contrôler les prix de l’énergie. Par ailleurs, les employeurs reçoivent des milliards de subsides (réductions ONSS, intérêts notionnels), qui n'existent pas dans les pays voisins, mais personne ne les déduit des soi-disant coûts salariaux trop élevés.
"Les entreprises paient trop d'impôts"
Les entreprises ne cessent de se lamenter à propos des 'impôts élevés' : il y a un gouffre entre ce que vous entendez et la réalité. Officiellement, les entreprises paient un impôt de 33,99% sur leurs bénéfices. Dans la pratique, c'est 11,8%. Fameuse différence! En usant et abusant du système de déduction des intérêts notionnels, une entreprise comme ArcelorMittal a payé l'an passé … zéro (0) euro d'impôts. Et le système est maintenu!
"Les malades et les chômeurs profitent du système"
On ne choisit ni d'être malade, ni d'être chômeur ! La sécu doit rester une assurance solidaire qui remplace réellement le revenu perdu. Ce n’est pas en augmentant un peu les allocations de chômage les 3 premiers mois et en vous envoyant sous le seuil de pauvreté rapidement comme le futur gouvernement l'envisage que ce principe sera restauré. Chaque travailleur cotise tout au long de sa vie pour que quand le chômage où la maladie survient, il ait un revenu de remplacement suffisant pour vivre dignement. Les projets sur table nous mènent tout droit vers la pauvreté.
Il ne suffit pas de démonter ces arguments. Nous devons aussi les contester par notre mobilisation. Tous ensemble à la manifestation du 2 décembre à Bruxelles !
Ensemble, on est plus forts !