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21/03/2012 13:34 Imprimer

Nous ne sommes pas des employés de seconde zone !


22%, c’est en moyenne ce que les femmes gagnent en moins que leurs collègues masculins. Cette semaine, la FGTB a mis cette injustice en lumière à travers les actions annuelles récurrentes et une campagne bien visible. Le SETCa se préoccupe lui aussi activement de ‘ses femmes’. Nous sommes une centrale de femmes. Presque deux affiliés sur trois sont des affilié-E-s. Et cela vaut pour toutes les catégories d’âge.


La discrimination salariale n’est que la partie visible de l’iceberg. C’est aussi une question de filière : « une » biologiste choisira ou devra choisir l’enseignement alors qu’un homme avec le même diplôme ira plus vite vers l’industrie ou sera appelé par l’industrie.


Nous constatons que pour celles qui veulent faire carrière, il est souvent difficile de revenir après une grossesse, un congé parental…vous avez le droit de revenir mais votre poste de travail ne vous a pas attendu ! Les pays scandinaves prouvent que des initiatives légales octroyant davantage de droits de paternité aux hommes peuvent quelque peu remédier à cette situation.  Les congés parentaux ne sont néanmoins qu’une réponse partielle pour celles et ceux qui désirent profiter à 100 % de leurs enfants en bas âge.


Pour celles et ceux qui désirent continuer à travailler ou qui cherchent du travail, des places d’accueil sont  essentielles. L’accueil doit correspondre aux horaires des parents, employer du personnel qualifié et de vrais contrats pour les travailleurs de la petite enfance. Nous devons constater malheureusement que l’offre reste largement insatisfaisante !
Le travail à temps partiel constitue la forme la plus visible de discrimination sur le marché du travail. De toutes les femmes salariées, 44% travaillent à temps partiel. Un pourcentage qui est encore plus élevé dans le commerce, et plus généralement dans les secteurs où les salaires sont les plus bas. En travaillant à temps partiel, vous constituez moins de droits de pension et en cas de chômage, votre allocation est moindre… Et ces contrats à temps partiel riment souvent avec contrats flexibles, horaires variables et heures tardives. Ce n’est donc pas la garantie de concilier vie privée et professionnelle ou de bénéficier d’une journée libre fixe sur la semaine. Dans ce contexte d’hyperflexibilité, difficile de trouver un autre travail à temps partiel qui permette aux femmes de s’en sortir avec un salaire décent.


Les dernières dispositions prises par le gouvernement ‘papillon’ ne vont pas dans le bon sens : limitation des assimilations pour la pension pour les temps partiels, les personnes en crédit-temps. Insidieusement, le gouvernement limite le crédit-temps au crédit-temps « motivés », pour élever une enfant, soigner un membre de la famille ou se former. Légalement, ces dispositions sont neutres «sexuellement». Mais sur le plan sociologique et statistique, ce sont les femmes, plus que les hommes, qui ont recours aux crédits-temps et autres congés thématiques relatifs aux enfants et à la famille.


Les discriminations que subissent les femmes continuent tout au long de la carrière, et même après ! Prenons le système des ‘droits dérivés’, c’est à dire ces droits issus du statut de « femme
mariée ». Ils créent de nombreuses discriminations entre femmes mariées et non mariées et entre femmes qui travaillent ou non. Par exemple, une veuve qui n’a jamais travaillé peut accéder, via la pension de survie de son mari, à une pension plus « confortable » qu’une femme qui a travaillé toute sa carrière. Dans d’autre cas, des femmes avec un revenu, doivent parfois l’abandonner partiellement ou entièrement au risque de perdre la pension de survie. Dans un souci d’égalité, le SETCa continue à réclamer que chaque personne ouvre individuellement des droits suffisants en matière de sécurité sociale, en fonction des périodes de travail salarié ou des périodes assimilées à du travail salarié, sans référence à sa situation familiale. C’est ce que l’on appelle l’individualisation des droits.
Le SETCa revendique pour toutes les femmes la suppression du plafond de verre : c’est-à-dire, que femmes et hommes puissent accéder aux mêmes fonctions, jusqu’au sommet. Devoir délaisser sa carrière pour élever les enfants, subir les horaires atypiques et les considérations machistes de certains, tout cela empêche les femmes d’accéder au même niveau que leurs homologues masculins. Ce plafond de verre, le SETCa est bien décidé à montrer l’exemple et à le briser au sein même de l’organisation. Nous comptons trois femmes au sein du secrétariat fédéral du SETCa-BBTK, dont la vice-Présidente. Par ailleurs, un nombre croissant de femmes prennent la tête d’une section régionale du SETCa. Néanmoins, bien que 62% de nos affiliés soient des femmes, cela ne se traduit toujours pas dans la représentativité de nos militants, qui ne comptent que 44% de femmes. Cette proportion semble se maintenir pour les prochaines élections sociales.
Nos sections tentent aussi de s’adapter en planifiant moins de réunions à des ‘heures difficiles’ – aussi difficiles pour les hommes que pour les femmes d’ailleurs. Et lors des négociations, nous mettons toujours l’accent sur l’égalité entre hommes et femmes. La nouvelle loi, qui oblige les entreprises de plus de 50 personnes à présenter désormais une analyse salariale, avec une distinction entre hommes et femmes, permettra sans aucun doute d’avancer dans la bonne direction. Les classifications analytiques de fonction doivent continuer à réduire le fossé.
Malgré le combat lancé par les femmes de la FN il y a 46 ans, les discriminations sont encore nombreuses. Le fossé salarial diminue, mais à ce rythme, il faudrait encore 22 ans avant qu’il ne soit comblé. Vous pouvez compter sur le SETCa pour accélérer la manœuvre !

 

Myriam Delmée, Vice-Présidente SETCa

Pia Desmet, Secrétaire Fédérale  SETCa

Anita Van Hoof, Secrétaire Fédérale SETCa

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