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28/01/2014 12:16 Imprimer

Les dirigeants du monde « découvrent » l’inégalité


Tous les ans, les plus grands dirigeants politiques et économiques ont rendez-vous à Davos, cette station de ski huppée située en Suisse, pour y débattre de l’état du monde. Il est étonnant de noter que cette année, c’est surtout d’inégalité croissante qu’il a été question lors de ce World Economic Forum (WEF), un sujet surtout lié à leurs propres intérêts.


Il paraît surprenant que les participants du WEF en viennent à considérer que les « inégalités de revenus » sont un problème. Jusqu'à présent, même les inégalités les plus criantes ne les ont pas fait sourciller! En effet, ce sont ces mêmes dirigeants qui recourent sans rougir à des subterfuges fiscaux pour se soustraire à l’impôt. Ce sont aussi les dirigeants d’organisations comme le FMI qui contraignent des pays comme la Grèce à faire des économies jusqu’à l’étranglement. Et ce, au détriment de la santé  et de la survie, et ne parlons plus de la prospérité du peuple grec.


Et pourtant, Christine Lagarde, la directrice de ce même FMI, a tenu à Davos un discours clair : la répartition équitable des revenus doit figurer à l’agenda de tous les dirigeants mondiaux. Le rapport du WEF a également considéré, de manière explicite, l’inégalité de revenu comme étant un problème.


Des intérêts qui leur sont propres

Ne nous leurrons pas, ces "grands du monde" continuent à défendre les intérêts qui leur sont propres! Ils n’estiment pas que l’inégalité comme telle est un problème. Mais sa forte augmentation peut provoquer des troubles, ce qui est… « bad for business ».

Le FMI admet depuis peu qu’une grande inégalité de revenu a aussi des "effets fâcheux" sur le plan économique. Ces trois dernières décennies, les fruits de la croissance économique sont allés presque exclusivement à la couche la plus riche de la société. En revanche, les revenus de la ‘ classe moyenne’, vous et nous en pratique, sont  restés au point mort, voire ont régressé. Avec la stagnation de ces revenus, c’est le moteur principal de la croissance économique de l’après-guerre, à savoir l’augmentation du pouvoir d’achat des couches de la population les plus étendues, qui s’est arrêté.


L’inégalité augmente : quelques chiffres

Lors du WEF, l’ONG Oxfam a cité quelques chiffres saisissants. Ainsi, les 85 personnes les plus riches sur cette terre possèdent autant que les 3,5 milliards de personnes les plus pauvres. 7 personnes sur 10 vivent dans des pays où l’inégalité a augmenté au cours des trente dernières années. Etc.


A l'échelle du monde, d’un point de vue ‘inégalité’, notre pays se porte relativement bien, grâce essentiellement à notre sécurité sociale et à la progressivité de notre régime fiscal . Cependant, depuis des années, le principe selon lequel il appartient aux « épaules les plus larges d’assumer les charges les plus lourdes » est constamment mis à mal. L’inégalité augmente donc, lentement mais sûrement. On pense notamment aux différentes réformes "chômage", au gel des salaires ou encore aux restrictions dans le système de soins de santé.


En Belgique, ce sont tout particulièrement les salariés, et les allocataires sociaux,  qui voient leur part du gâteau s’amenuiser de jour en jour. Ainsi, le baromètre de la FGTB a fait apparaître récemment que les bénéfices des entreprises ont continué d’augmenter au cours des dernières années. En dépit de la crise. En revanche, le revenu des travailleurs dans l’économie totale régresse systématiquement. Les 20 % des ménages les plus riches de notre pays possèdent pas moins de 61,2 % de toutes les richesses, sur lesquelles ils ne paient guère, voire pas d’impôts du tout.


S’y attaquer aussi chez nous !

L’inégalité est un problème. l'égalité est nécessaire pour une relance de l'activité économique, pour une croissance durable . C'est aussi une question"morale" de respect et de dignité de tous. Une plus large et plus juste part du gâteau est absolument indispensable pour les travailleurs et les allocataires sociaux. Pour le SETCa, cela signifie qu’il faut augmenter le pouvoir d’achat des salariés et des allocataires sociaux, renforcer la sécurité sociale et imposer les revenus du capital et des fortunes (ainsi que les grandes fortunes proprement dites). Des éléments dont il faudra tenir compte le 25 mai prochain!

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