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10/11/2011 15:10 Imprimer

Commerce

La hausse des prix n’incombe pas aux travailleurs

 

Suite à un étude comparative des prix dans les magasins en Belgique et dans les pays voisins, il s’avère que le belge paie 10% de plus à la caisse du supermarché. Selon Vincent Van Quickenborne, Ministre VLD pour l’Entreprise, cette situation serait liée aux coûts salariaux dans le commerce et à l’indexation automatique des salaires. Des conclusions tout à fait inexactes et inadmissibles. Pour le SETCa, la cause est à chercher ailleurs : un contrôle des prix serait opportun.

 

Les résultats de cette étude comparative des prix dans le secteur commerce étaient une fois de plus l’occasion de tirer à vue sur l’index et les coûts salariaux et de prôner toujours plus de flexibilité de la part des travailleurs. M. Van Quickenborne, qui a commandé cette étude, a récemment tenus des propos en ce sens.

 

L’index et les coûts salariaux, cause du dérapages des prix ?

Dans ses déclarations, M. Van Quickenborne a pointé l’index comme étant la cause de dérapage des prix. Une conclusion tout à fait inexacte, l’indexation des salaires étant postérieure à l’augmentation des prix. Il faut donc d’abord que les prix augmentent pour que les salaires, a postériori rattrapent l’augmentation des prix et donc augmentent à leur tour. L’indexation automatique des salaires est indispensable : c’est elle qui permet à tous les consommateurs de garder leur pouvoir d’achat et donc de pouvoir dépenser dans les magasins. Vouloir supprimer l’index reviendrait à appauvrir la population, ce qui signifierait en fin de compte : moins d’achats.

Les coûts salariaux dans le commerce sont également mis en cause. Pourtant, ceux-ci représentent dans le commerce entre 8 et 13%... En d’autres termes, l’influence des frais de personnel par rapport aux chiffres d’affaires ou aux bénéfices est limitée. Celle de l’indexation est encore moindre.

 

Toujours plus de flexibilité et de polyvalence

Le manque de polyvalence et de flexibilité des travailleurs du commerce a également fait l’objet de critiques de la part de M. Van Quickenborne. Vantant l’exemple hollandais qui repose sur des contrats 16 h/sem (inférieurs à un mi-temps) et sur les contrats étudiants, le Ministre trouve les travailleurs belges ‘figés et non polyvalents’. Là encore, il s’agit d’une vision des choses tout à fait inexacte. Chaque enseigne du commerce peut se vanter d’avoir négocié des CCT sur la polyvalence. Les abus en matière de contrats précaires sont fréquents (intérims, étudiants, CDD, contrats CEFA…). Ces dernières années, les augmentations  salariales, hors index, se sont réduites comme peau de chagrin. Sans parler du dumping social organisé par les distributeurs via leur propre franchise (ex. : Delhaize et des AD Delhaize, Colruyt et Spar…)

 

Un contrôle des prix est nécessaire

En tant que SETCa – BBTK, nous continuerons à opposer au dumping social via la franchise et nous battre pour le maintien de l’indexation automatique des salaires et pour une harmonisation à la hausse des conditions de travail de tous les travailleurs du commerce. La cause du dérapage des prix n’est pas à chercher de ce côté-là…

Un contrôle des prix devrait sérieusement être envisagé, ce à quoi le Ministre s’oppose clairement. Il y aurait pourtant de quoi faire, quand on voit les bénéfices plantureux de  la grande majorité des enseignes…

 

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