La grève du 30 janvier doit constituer un tournant !
La grève générale peut être qualifiée de réussie. Dans des conditions difficiles, malgré une campagne de dénigrement des médias, les militants et les affiliés ont accompli leur tâche. Ils méritent assurément un grand merci. La pression de cette grève doit à présent être convertie en résultats. Après la grève, la concertation tripartite avec les employeurs et le Gouvernement a repris.
Le gouvernement a déjà indiqué en partie dans quelle direction iraient ces adaptations. Pour les autres points, la concertation est toujours en cours. A la fin de cette semaine seulement, nous saurons définitivement quelles réformes seront opérées.
Entre-temps, lors du contrôle budgétaire fin de ce mois, le Gouvernement devra à nouveau partir à la recherche de quelques milliards d’euros, sous l’œil de l’Europe !
Des ajustements et, s’il vous plaît, du travail !
La concertation tripartite porte sur l’exécution des réformes décidées par le Gouvernement au niveau des (pré)pensions et de l’interruption de carrière/du crédit-temps. Le SETCa a voulu un certain nombre d’ajustements précis: la réduction drastique des assimilations pour le calcul de la pension lorsque les travailleurs sont en crédit-temps, en prépension ou au chômage devrait être revue. Les emplois dits « d’atterrissage » doivent permettre aux travailleurs de rester plus longtemps au travail, surtout si ces mêmes travailleurs doivent attendre plus longtemps pour prendre leur prépension ou leur pension anticipée.
Les employés aussi travaillent dans des situations pénibles ; il suffit de penser (ce ne sont que quelques exemples) aux opérateurs dans les centres d’appel, aux caissiers/caissières dans les magasins ou aux infirmiers/ières. Il doit rester possible pour ces personnes de travailler à 4/5 ou à mi-temps avant l’âge de 55 ans. Il en va de même pour l’accès à la prépension. Les métiers « lourds » doivent être clairement reconnus pour encore pouvoir prendre sa prépension à 58 ans, et éviter que ces personnes ne basculent dans l’invalidité parce qu’elles ne sont plus capables d’assumer leur travail.
Si l’on a travaillé suffisamment longtemps, cette longue carrière doit aussi être valorisée dans la perspective du départ en prépension. La réforme des pensions doit prévoir une transition correcte pour les pilotes, le personnel de cabine et les journalistes. Pour eux non plus, il ne peut y avoir de rupture de contrat.
Si, comme la ministre de l’Emploi le prétend, il y a de toute façon du travail pour tout le monde, il est inadmissible que les chômeurs soient pénalisés, et il faut d’abord leur proposer un emploi avant de sanctionner ou de réduire l’allocation de chômage. Il faut un véritable plan en faveur de l’emploi pour tous les travailleurs. Que le Gouvernement et les employeurs s’attèlent d’abord à cela. Il convient de prendre des initiatives spécifiques pour les jeunes, et pour les moins jeunes qui ne peuvent plus prendre une prépension ou une pension anticipée. Les employeurs portent une lourde responsabilité en la matière : les conditions de travail doivent être adaptées pour permettre également de travailler plus longtemps. Les résultats de la concertation au sujet de ces éléments vont maintenant être soumis à notre base. Vous pouvez retrouver plus de détails auprès de la FGTB, qui a fait paraître un tract et un communiqué de presse à ce sujet.
Contrôle budgétaire : pas de nouveaux déséquilibres
Lors du dernier week-end du mois, le Gouvernement devra trouver quelques milliards supplémentaires. Hors de question qu’il accentue davantage le déséquilibre rentrées/économies présent dans le budget 2012.
Les efforts doivent désormais clairement venir de ceux qui ont les épaules les plus larges. Et nous pensons ici à un véritable impôt sur les grandes fortunes et à une suppression définitive des intérêts notionnels. Après ArcelorMittal, l’entreprise Bekaert démontre maintenant elle aussi que cet avantage fiscal aux entreprises n’est pas une garantie pour l’emploi.
Par ailleurs, nous rejetons une augmentation de la TVA, car il s’agit d’un impôt injuste (tout le monde paie la même chose en plus, indépendamment du revenu) que d’aucuns saisiront directement pour placer notre système d’index à l’agenda politique. Le système d’index reste pour nous une protection essentielle contre la hausse des prix, le SETCa n’acceptera par conséquent aucun ajustement de celui-ci.
La lutte contre la fraude fiscale doit être renforcée, et les tentatives des forces de droite pour la saborder ne peuvent pas aboutir. Un système fiscal dans lequel la fraude est combattue efficacement est finalement un système plus équitable. Parce que ce sont aussi ceux qui ont le plus de moyens qui connaissent également les manières pour éviter et échapper à l’impôt.
29 février : action pour une Europe sociale
La Belgique subit la loi des institutions européennes qui, partant d’une approche néolibérale, plaident en permanence en faveur de nouvelles économies. C’est socialement injuste et économiquement contre-productif. Les syndicats dénoncent cela depuis des années, et sont souvent les seuls.
Nous sommes donc particulièrement ravis que la Confédération européenne des Syndicats ait finalement amené tous les syndicats européens à intervenir de concert. Le 29 février, des actions syndicales seront organisées dans tous les États membres de l’Union européenne.
Que ces actions soient le début d’un nouveau projet européen. Depuis la seconde guerre mondiale, l’Europe nous a apporté paix et prospérité. Cela doit être remis à l’honneur. L’Europe sera sociale ou ne sera pas !