La crise grecque montre la nécessité d'un secteur financier honnête

Le FMI s'est penché au chevet d'Athènes et les Grecs vont le sentir passer. Aperçu des remèdes prescrits par le 'docteur': augmentation de la TVA de 2%, relèvement de l'âge de la pension à 67 ans en trois ans, libéralisation dans l'enseignement, le transport et le secteur énergétique, sacrifices salariaux pour les fonctionnaires,… en plus d'un gel des salaires et d'un arrêt complet des embauches.
Il s'agit d'une recette éprouvée déjà appliquée à diverses reprises par le FMI… Le Fonds se penche sur un pays en faillite pour imposer un modèle de société néolibéral à la communauté. En échange, ce pays reçoit des capitaux qu'il ne peut plus emprunter sur les marchés. L'Europe de l'Ouest entre désormais en ligne de mire. Et vous remarquerez… après la Grèce, 'les marchés' – la main invisible – parlent déjà d'éventuelles prochaines victimes, le Portugal et l’Espagne. Qui sera le prochain?
Dans les coulisses du monde financier, ce ne sont pas les politiques ni les citoyens qui tirent les ficelles… Les problèmes actuels de la Grèce permettent à un certain nombre de spéculateurs financiers de gagner des tonnes d'argent. Les fonds de levier ont fait sombrer le pays sans la moindre gêne. Ce tour de passe-passe financier dégage d'énormes sommes d'argent à gagner. Les agences de 'rating' gérées par le privé, qui déterminent si une entreprise (ou un pays) est en mesure de rembourser ses dettes, jouent entre-temps les fauteurs de troubles. Les gouvernements européens n'apportent leur aide aux Grecs qu'en hésitant et de manière trop tardive.
Pour le SETCa, la crise grecque met plusieurs choses en lumière: en 2008, les pouvoirs publics sont intervenus pour maintenir le secteur financier à flot. À juste titre, car il s'agit d'un secteur-clef avec de nombreux emplois (honnêtes), qui rend d'importants services à monsieur-tout-le-monde. Le secteur financier allait pourtant bien devoir changer de comportement… mais où reste ce changement? Où restent les lois claires censées le prévoir? Sans règles claires, le secteur ne change assurément pas son comportement…
La crise grecque démontre malheureusement l'incapacité du politique à réagir vite et vigoureusement à l'arrogance des spéculateurs. Après des semaines d’hésitation, l’Europe est parvenue à présenter un plan le weekend passé. Ceux qui espéraient gagner de l’argent avec la chute des économies grecques, espagnoles et portugaises semblent (provisoirement) mordre la poussière. Mais le phénomène même de spéculer n’a pas encore été résolu. Le rôle des agences de rating également n’a pas encore changé. Des règles (européennes) sévères, imposées par de puissants régulateurs (européens) sont la seule manière de pouvoir tenir tête aux mécanismes qui se cachent derrière la spéculation financière. C'est précisément ce qu'ont exigé récemment le SETCa et le syndicat européen des employés UNI de la part des instances européennes, notamment à Bruxelles et à Francfort … Un secteur financier honnête, dont les employés peuvent également être fier !
Entre-temps, la protestation des Grecs est pleinement justifiée. Ils méritent notre solidarité. Les méthodes brutales du FMI ne sont pas une recette pour un rétablissement durable. Et il est grandement temps que l'Europe se réveille: après la Grèce, l'Espagne et le Portugal figurent déjà sur les tablettes des spéculateurs. Sans intervention structurelle, aucun pays n’est sûr.