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31/01/2018 12:32 Imprimer

En restructuration depuis… 10 ans

L’histoire, cruellement, se répète pour les travailleurs de Carrefour. Retour sur les plans de 2007 et 2010.

Juin 2007, la direction annonçait son intention de supprimer 900 emplois sur les 5502 que comptent les supermarchés et de fermer 16 magasins. Depuis des années, le SETCa dénonçait une gestion financière en dépit de toute politique commerciale sérieuse, et la pression sur les travailleurs en termes de flexibilité et de précarisation de l’emploi. En octobre, après une mobilisation remarquable des travailleurs, un accord est conclu avec la direction. Celle-ci s’est engagée à trouver pour tous les collaborateurs des 16 magasins concernés par la fermeture une solution autre que le licenciement sec : en pratique des départs volontaires, des prépensions, le passage en crédit-temps pour les 50 ans et +, et des mutations. La direction s’est également engagée à donner le temps nécessaire à ce que la politique commerciale puisse se réaliser et porter ses fruits avant de procéder à d’éventuels changements de la structure de l’emploi.

Février 2010 : rebelote. Carrefour expose sa vision d’avenir pour l’entreprise en Belgique : 1.672 licenciements, 21 magasins fermés, 7 supermarchés franchisés et 20 magasins cédés au groupe Mestdagh. Et pour tous les autres travailleurs, une révision à la baisse des conditions de travail. Des éléments, tout simplement inacceptables, ont même été mis sur la table : changement de commission paritaire pour les magasins et le siège administratif, gel de l’indexation salariale, restrictions en matière de primes de fin d’année et de primes de vacances… Les travailleurs sont sidérés. À plus forte raison que les plaies du dernier plan ne sont pas encore pansées, et qu’entretemps, la direction n'est pas parvenue à mettre sur les rails une politique commerciale claire pour ses magasins.

La mobilisation ne se fait pas attendre : deux grèves générales en février et avril et des actions spontanées ont maintenu la pression sur la direction. Un accord social est finalement intervenu en juillet 2010. Le fait de maintenir l’indexation des salaires et les commissions paritaires étaient déjà des victoires en soi, vu les plans initiaux. 12 magasins ont été « sauvés » et les licenciements secs ont été évités. Mais 1.448 emplois sont malgré tout supprimés, notamment au travers de la prépension (abordée dans une approche sociale pour pouvoir entre autres sauver l’emploi des plus jeunes) ou des départs volontaires. Des accords fondamentaux ont été conclus pour les 800 travailleurs des 16 magasins passant chez Mestdagh - sur les 20 envisagés au départ. Une réorganisation de la polyvalence devait permettre des économies, tandis que les acquis sectoriels sont maintenus, comme les compléments heures tardives, compléments prime de fin d’année… 

Le direction a déclaré, suite à cet accord, que «  la voie est ouverte pour un Groupe Carrefour en bonne santé dans notre pays ». 7 ans plus tard, cette phrase sonne comme un slogan mensonger.

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