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06/09/2018 13:09 Imprimer

Eté chaud, automne chaud ?

Les titres des journaux ont à nouveau fait fort ces derniers jours. Bien sûr, nous respectons le travail des journalistes, mais il est parfois si facile de sortir des titres de son chapeau, uniquement pour attirer l’attention du lecteur et distiller ici ou là un scoop de la bouche de l’un ou l’autre. Toutefois, la réalité est souvent différente de la présentation que les journalistes en font. Et nous parlons ici de la réalité à laquelle l’homme de la rue est confronté chaque jour pour pouvoir mener une vie décente. Deux titres des derniers jours ont particulièrement attiré notre attention, l’un précisant qu’un Belge sur six a du mal à boucler ses fins de mois, l’autre que le patrimoine financier « moyen » des Belges avait légèrement baissé.

Pas tous aussi à l’aise dans notre État-providence

Un Belge sur six a du mal à couvrir tous ses frais chaque mois, soit 17% de la population. Autrement dit, ces personnes n’ont pas un revenu suffisant pour mettre quoi que ce soit de côté et n’ont pas la moindre pomme pour la soif sur un compte-épargne. Cela veut dire vivre chaque mois dans l’incertitude et espérer qu’il n’y aura pas de contretemps (dépenses imprévues dans la maison, maladie et médicaments, etc.). Bien sûr, nous savons que le contexte personnel dans lequel on peut se retrouver un jour joue un rôle à cet égard. Mais aussi que les salaires trop peu élevés, surtout pour les travailleurs dans des emplois dits « peu qualifiés », sont une cause non négligeable de cette situation. Nous continuons dès lors de plaider pour des augmentations salariales et ne manquerons pas de le faire également lors des négociations portant sur le prochain accord interprofessionnel et des négociations sectorielles qui suivront.

La richesse dans ce pays n’est pas répartie équitablement

Le patrimoine financier moyen aurait régressé ces derniers temps. Les journaux avancent une moyenne de € 250.000. Le lecteur est lui-même en mesure d’établir s’il se trouve au-dessus ou en dessous. La plupart devront probablement constater qu’ils sont en dessous, et c’est logique, car des moyennes restent des moyennes. En effet, le patrimoine financier de la couche supérieure est bien au-delà de cette moyenne, de sorte que le nombre de personnes en dessous est évidemment bien plus élevé que celui des personnes au-dessus. Ceci pour dire que le citoyen moyen ne souffre probablement pas beaucoup de la régression de son patrimoine financier, car il n’a de toute façon pas grand-chose. Et que ceux de la couche supérieure ne seront pas tellement gênés par ce recul relativement faible de leur patrimoine extravagant.

Ces deux exemples illustrent bien à quel point les nouvelles peuvent être relatives, et aussi sélectives lorsqu’il s’agit d’accentuer certains aspects.

Un automne chaud ?

Revenons-en au titre de cet article. Nous avons tous pu constater que l’été a été chaud. Nous ne pouvons dès lors que nous réjouir dans la mesure où il a permis à chacun de passer de belles vacances (également ceux qui sont restés en Belgique). Une nuance s’impose malgré tout à cet égard. En effet, ceci démontre tout de même très clairement le réchauffement de notre planète, ce qui doit nous inciter à prendre conscience plus rapidement de la nécessité de prendre aussi plus vite des mesures pour combattre ce phénomène.

Nous discutons actuellement de la chaleur de l’automne à venir (et nous ne parlons pas ici de l’automne climatologique) au sein de nos instances. Il y sera décidé des actions nécessaires. Il est évident que l’accord de l’été n’est pas acceptable pour nous. Et que non seulement le Gouvernement, mais aussi les employeurs, qui encensent cette politique gouvernementale dans la marge, porteront l’entière responsabilité de ces actions.

Entre-temps, nos militants participeront pleinement aux actions du 2 octobre en front commun syndical contre la politique des pensions de ce gouvernement.

Permettez-nous de terminer par une affirmation claire du SETCa : les barèmes sont ancrés dans les conventions collectives de travail entre syndicats et employeurs, ils ont été négociés et restent la propriété de la concertation sociale.

Nous disons donc haut et fort au Gouvernement : pas touche aux barèmes !

Et nous disons haut et fort aux employeurs : respectez la concertation sociale, également en ce qui concerne les barèmes. 

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