Ensemble on est plus forts
NL

SETCa > News > Une alternative est possible et nécessaire

15/09/2011 18:53 Imprimer

Une alternative est possible et nécessaire

Après 459 jours de négociations, il y a enfin un accord politique sur BHV. Ce qui signifie que les problèmes socio-économiques vont pouvoir enfin être mis sur la table. Reste à savoir comment les défis vont être relevés...

 

Rien ne permet de dire non plus si le budget 2012 sera établi par le gouvernement actuel en affaires courantes (avec ou sans Leterme) ou par un nouveau gouvernement à former. Quel que soit ce gouvernement, les défis restent les mêmes. Sous curatelle européenne, la Belgique doit réduire sa dette de plus de 22 milliards, voire peut-être même davantage, d'ici 2015. Pour 2012, les prévisions sont de 7 à 8 milliards.

Le week-end dernier, toutes les organisations et tous les partis politiques possibles n'ont dès lors eu de cesse que préconiser des efforts substantiels à fournir par la population. Et les médias d'y participer volontiers sans la moindre réflexion critique. C'est qu'il faut préparer ainsi chacun à encaisser des mesures d'économies. Il est inutile en effet de ne pas vouloir voir la réalité en face et de nier que l'État belge enregistre un déficit budgétaire. Notre taux d'endettement avoisine lui aussi les 100%. Mais nous refusons d'en passer les causes sous silence.

Car ce ne sont pas les travailleurs qui ont provoqué la crise de l'endettement. Ce ne sont donc pas eux qui doivent en supporter les causes. Nous ne pouvons pas oublier qu'en 2008, tous les États européens se sont endettés pour sauver les banques. Ces mêmes banques qui, en raison de leur imprévoyance et  de leur cupidité, ont causé la crise financière. Il est un fait aussi que toutes sortes de fonds d'investissement ont profité de cette situation de manière spéculative. Aujourd'hui encore, ils continuent de mettre les États membres sous pression en perturbant les marchés financiers, pour ainsi pouvoir engranger de plantureux bénéfices. Nous sommes et restons dès lors d'avis qu'il existe une alternative aux économies aveugles vers lesquelles se dirigent presque tous les acteurs.

Il faut plus de rentrées: imposition structurelle des grandes fortunes et des plus-values réalisées sur la vente d'actions, suppression des intérêts notionnels (qui n'apportent aucun emploi supplémentaire mais bien davantage de dividendes pour les actionnaires) et taxe sur les transactions financières. Et enfin, il faut enfin s'atteler à la fraude fiscale. Toutes les mesures fiscales précitées suffisent déjà à elles seules pour trouver les milliards nécessaires. À côté de cela, investir dans l'emploi reste la voie la plus indiquée pour faire de notre société une société juste: suffisamment d'emplois offrent des revenus et une dignité à la population et génèrent des recettes supplémentaires pour l'État.

Pour en revenir dans ce cadre aux négociations gouvernementales, nous constatons que la note Di Rupo, qui servirait de base à l'élaboration d'un programme gouvernemental, ne répond absolument pas à une telle approche socialement équitable. L'accent est en effet davantage placé sur des économies que sur de nouvelles recettes. Et là où les mesures d'économies proposées sont déjà plus que concrètes, celles relatives à de nouvelles rentrées restent extrêmement vagues. La note Di Rupo est donc loin d'une politique progressiste. Dommage que des partis politiques socialistes se laissent séduire par de telles mesures. Nous restons également opposés au volet 'réforme de l'État' de la note Di Rupo. Il conduira en effet au démantèlement du caractère fédéral de la sécurité sociale et du droit du travail individuel et collectif.

L'Europe perd entre-temps de sa crédibilité auprès de la population qui, partout, doit faire des sacrifices pour satisfaire aux ratios financiers. Le marché du travail doit encore être plus flexible, les travailleurs doivent travailler plus longtemps. Nous restons favorables à une Europe sociale, mais alors, cette Europe doit regagner sa légitimité auprès des populations des États membres. Ce qui n'est pas possible sur la base de la politique néolibérale européenne préconisée actuellement. L'éclatement de l'Europe conduirait uniquement au populisme et au nationalisme, avec toutes les conséquences qui en découlent. Oui donc à plus d'Europe, mais une autre Europe, une Europe sociale.

 

Share/Bookmark