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29/10/2018 11:19 Imprimer

Réveiller les consciences

Les élections communales et provinciales passées, l’heure est au bilan. Tant à Bruxelles que dans le Nord ou le Sud du pays, le scrutin a délivré son lot de surprises. Il a également confirmé certaines tendances qui ont de quoi inquiéter. Une chose est sûre : ces résultats ne laissent personne indifférent et nous devons en tirer les conclusions qui s’imposent. Le compte à rebours pour les élections fédérales et européennes de mai 2019 est à présent enclenché. Il est temps de réveiller les consciences. Cap sur une autre politique : plus progressiste, plus juste et solidaire.

 

Des réalités différentes selon les régions

La cartographie des résultats du scrutin du 14 octobre est haute en couleurs, démonstration de réalités politiques et sociales qui diffèrent selon les parties du pays. Que retenir ? Le MR perd de la vitesse mais on ne parle pas non plus d’une hécatombe. Dans l’ensemble, le PS régresse (mais moins qu’attendu) et il reste le premier parti en Wallonie et à Bruxelles. À noter également, la progression d’Ecolo et du PTB. Autre région, autre situation : en Flandre, la NV-A reste le premier parti et confirme sa position dominante dans certaines communes clés comme Anvers, même s’il enregistre un recul dans l’ensemble. Du côté du CD&V, c’est un statut quo. Il faut également souligner la montée de Groen et,  plus inquiétant, un retour fracassant du parti extrémiste Vlaams Belang. Le sp.a, quant à lui, enregistre le plus de pertes… Ces résultats nous donnent déjà un certain éclairage et nous devons en tenir compte.

D’autres chiffres interpellants sont ceux parus dans la presse concernant le taux d’absentéisme ou d’abstentions de votes. En Flandre, 5 à 10% de la population ne se seraient pas rendus aux urnes ou auraient voté blanc ou nul. En Wallonie, ce taux atteint 20%, soit 1 citoyen sur 5... Ces indécis ou ces mécontents sont ceux qui peuvent faire la différence pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre le 26 mai prochain. Car c’est bien cela dont il s’agit à présent : cap sur les élections fédérales et européennes.

 

Quelle politique sociale demain ?

C’est la question qui s’impose pour nous en tant qu’organisation syndicale. Il est indispensable de sortir de la spirale socialement dévastatrice dans laquelle nous nous trouvons. Les dégâts causés par le gouvernement Michel ont été lourds. Certains d’entre eux, irréversibles, poursuivront les travailleurs tout au long de leur carrière, comme le saut d’index ou le relèvement de l’âge de la pension. Avec le jobsdeal de cet été, toute une série de mesures sont encore sur la table. Nous pensons par exemple à l’accélération de la dégressivité des allocations de chômage, au durcissement des conditions d’accès aux mesures de fin de carrière (RCC, crédit-temps, etc.). Il reste également l’épineux dossier des pensions et des métiers lourds. Niveau timing, nous ignorons si ce gouvernement aura effectivement la possibilité de les mettre en œuvre, mais les craintes sont là.

Autre menace reprise dans l’accord d’été et que nous gardons particulièrement à l’œil : celle qui vise à adapter notre système barémique sur la base de critères liés à la productivité et à la performance. Pour le SETCa, il n’est pas question de s’attaquer aux barèmes à l’expérience (ou à l’ancienneté) que nous connaissons actuellement. Il s’agit d’un mode de rémunération automatique, juste, transparent, reconnu et soutenu par les travailleurs. Qui plus est, c’est une matière qui relève exclusivement de la concertation sociale, pour laquelle des conventions collectives de travail ont été conclues dans les secteurs et nous entendons bien les faire respecter ! Durant les prochaines semaines et mois, nous continuerons à nous mobiliser pour dénoncer ces attaques et à nous y opposer.

 

3 axes clés pour un AIP de qualité

Une autre échéance importante est à l’agenda des prochains mois : les discussions en vue d’aboutir à un accord interprofessionnel. La FGTB a déterminé 3 axes prioritaires, dans lesquels nous nous retrouvons pleinement en tant que SETCa. Le premier concerne le pouvoir d’achat. Ici aussi, les chiffres nous apportent un éclairage intéressant, la productivité des entreprises ayant augmenté plus vite que les salaires des travailleurs ces dernières années. Après une ère glaciaire de modération salariale, un rattrapage s’impose… Pour nous, l’AIP doit nécessairement ouvrir la voie à une marge pour des augmentations salariales dans les secteurs ainsi qu’à une augmentation du salaire minimum.

Deuxième axe primordial : la qualité de l’emploi. Dans tous les secteurs, les employeurs tentent d’exercer une pression et une flexibilité toujours plus grandes. Ici aussi, un rééquilibrage est nécessaire : place à une réduction collective du temps de travail avec maintien du salaire et embauches compensatoires.

Dernier point mais non des moindres : celui concernant les travailleurs âgés. Il est nécessaire d’y accorder une attention particulière et de pouvoir conclure des accords équitables en matière de fin de carrière.

Ces aspects sont essentiels pour un accord interprofessionnel de qualité et c’est ce que nous visons pour tous les travailleurs que nous représentons !

Enfin, pour le SETCa, il y a également lieu d’harmoniser le pécule de vacances vers le haut. C’est, dans l’intérêt des ouvriers et des employés, déterminant pour la négociation d’un accord interprofessionnel. À nouveau une petite phrase renvoyant ce dossier à l’un ou l’autre groupe de travail ne sera pas suffisant.

 
M. Delmée, Vice-Présidente | E. De Deyn, Président

 

 

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