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06/11/2012 17:04 Imprimer

Ensemble, on est plus forts !

 
Ford à Genk, Duferco-NMKL à La Louvière, Arcelor Mittal à Liège, Photo Hall dans tout le pays... Autant d’entreprises dont les travailleurs viennent d’apprendre de mauvaises nouvelles. Nous devons avant tout nous montrer solidaires, mais dès à présent nous devons aussi regarder plus loin.  Nous pourrions encore ajouter de nombreuses entreprises à cette liste. Des restructurations et des fermetures, chaque jour, les médias en citent un certain nombre. Sans compter les nombreux licenciements dont la presse ne parle pas.

 

Tout d’abord, nous partageons le drame vécu par ces travailleurs ainsi que leur famille. Nous les soutenons dans le combat qui les attend désormais. Il convient de préserver un maximum d’emplois et de prévoir de sérieuses conditions de départ. Les travailleurs y ont droit ! Ils ne baisseront pas les bras. Les investissements dans l’industrie et les services sont plus que jamais nécessaires. Et les pouvoirs publics doivent jouer un rôle important à cet égard. Il leur incombe de défendre l’intérêt général. Cet intérêt général, c’est aussi celui des travailleurs de ce pays.

 

Il y a lieu d’appliquer le plus largement possible les procédures légales prévues par la loi Renault afin de sauver un maximum d’emplois. Là où ce n’est pas possible, il faudra obtenir un maximum dans les plans sociaux à négocier. Tout d’abord, par la prépension, afin de réduire le nombre de licenciements secs. À cet égard, la prépension doit constituer un droit et les possibilités légales en la matière doivent être exploitées au maximum.

Les travailleurs n’entrant pas en ligne de compte pour la prépension doivent être indemnisés pour les dommages subis. Ici aussi, il s’agit d’obtenir un maximum. Nous ne pouvons et ne devons pas avoir de scrupules. Il est scandaleux de devoir constater à quel point certains tentent à présent de susciter un sentiment de culpabilité chez les travailleurs parce qu’ils revendiquent les meilleures conditions de départ possibles. Nous n’avons pas observé la même indignation quand les hauts dirigeants de ces mêmes entreprises s’octroyaient des bonus mirobolants.

 

Enfin, il faudra également créer de nouveaux emplois dans les régions touchées, afin que les travailleurs n’échouent pas pour toujours au chômage. Pour ce faire, tout le monde doit prendre ses responsabilités : les syndicats le feront et nous comptons sur les employeurs et les pouvoirs publics pour consentir un maximum d’efforts. L’accompagnement et la formation centrés sur un nouvel emploi sont une bonne solution et doivent être prévus.

Cependant, s’il n’y a pas d’offre de nouveaux emplois, cet accompagnement ne sèmera que déception et davantage d’incertitude et de pauvreté pour les travailleurs touchés. La création de nouveaux emplois passe par des investissements dans les activités tournées vers l’avenir. Il y a lieu d’exploiter toutes les forces et tous les moyens disponibles à cet effet.

 

Une nouvelle fois, les employeurs et les responsables politiques abusent de ces événements pour estimer que les coûts salariaux sont « la » cause des fermetures et des restructurations. Cette explication doit être plus que nuancée. Certes, les coûts salariaux constituent un aspect du problème et nous n’avons pas l’intention de le nier. Mais soyons clairs : si les coûts salariaux des travailleurs doivent être revus à la baisse, il ne peut pas s’agir d’une diminution des salaires nets. Et les revenus dont les pouvoirs publics seraient ainsi privés doivent être compensés. Non pas, comme le proposent les employeurs, en procédant à des coupes sombres dans les dépenses sociales et les services publics, mais bien en cherchant des recettes supplémentaires pour l’État. Des recettes à chercher du côté de ceux qui peuvent se le permettre, en prévoyant un impôt sur les revenus des grosses fortunes, sur la fortune proprement dite, sur les plus-values sur actions, une taxation progressive -comme le sont les salaires des travailleurs- des revenus qui ne paient actuellement qu’un forfait (parfois estimé). Le gouvernement doit s’y attaquer dans le cadre des discussions budgétaires en cours !

 

Ce que vivent tous les travailleurs des entreprises et des régions touchées nous concerne tous. Ensemble, nous allons nous battre pour les soutenir au maximum. Toutes les actions seront soutenues par le SETCa.

 

 

Ensemble on est plus forts ! 

 

 Myriam Delmée

Erwin De Deyn

 Vice-Présidente du SETCa

Président du SETCa

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