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16/11/2012 11:10 Imprimer

De quel côté êtes-vous?


Ce titre d’une chanson de lutte bien connue (« Which side are you on »), surtout dans les pays anglophones, est plus que jamais d’actualité. Cette question était aussi clairement présente à la manifestation de dimanche passé à Genk. 25.000 participants y ont posé des demandes concrètes : combien d’emplois peuvent encore être préservés sur le site, un plan social convenable avec des primes de préavis et une prépension à l’avenant, à un âge le plus bas possible, pour éviter de la sorte un maximum de licenciements secs. Mais aussi la demande de nouveaux emplois durables, pour que les travailleurs licenciés ne soient pas condamnés pendant des années à une allocation de remplacement misérable et donc à la pauvreté. Surtout au moment où de nombreux demandeurs d’emploi voient diminuer le montant de leurs allocations suite aux précédentes décisions du gouvernement cette année.


Voici des questions légitimes que se posent tous les travailleurs touchés par une fermeture ou une restructuration. La manifestation du dimanche 11 novembre n’était dès lors pas uniquement une marque de solidarité envers les travailleurs de Ford Genk et de ses fournisseurs, mais aussi, dans le même temps, envers tous les travailleurs de dizaines d’autres entreprises se trouvant actuellement dans un contexte similaire. Et cette vague de restructurations ne touche assurément pas que l’industrie. L’annonce chez Belfius en témoigne : l’emploi est également sous pression dans les secteurs des services. Rien que dans le secteur bancaire, plus de 10.000 emplois ont disparu ces 10 dernières années.


« De quel côté êtes-vous ? », voilà une question légitime qui s’adresse à tous les responsables. Aux politiques certainement, mais aussi aux employeurs de ce pays. De nombreuses entreprises où des pertes d’emplois figurent aujourd’hui à l’agenda sont en effet entre les mains de groupes internationaux. Les employeurs, de même que les décideurs politiques, doivent aussi clairement choisir le camp des travailleurs de ce pays. Et ils peuvent le faire en investissant dans l’innovation, dans de nouveaux segments économiques (dans l’industrie et les services) et dans la formation. C’est la seule manière de créer de nouveaux emplois durables et de préserver les emplois existants. Chacun doit ici prendre ses responsabilités.


Entre-temps, le budget 2013 et les décisions en matière de relance ne sont pas encore ficelés. Et la même question se pose ici aussi : « De quel côté êtes-vous ? ». Est-ce à nouveau aux travailleurs et aux allocataires de payer l’addition pour les milliards à trouver ? Ou le gouvernement va-t-il avoir le courage d’aller chercher l’argent où il se trouve et de faire en sorte que ce soient les épaules les plus solides qui supportent bel et bien les charges les plus lourdes ? Que de nouvelles recettes soient trouvées via une fiscalité équitable, progressiste plutôt que par des coupes sombres dans les dépenses de sécurité sociale ? Une allocation temporaire de crise qui pèse plus lourd pour les hauts revenus est une piste responsable et peut fournir les moyens nécessaires à une stratégie de relance.


Le maintien du pouvoir d’achat de la population est également un choix évident à faire. Une relance sans un maintien et une amélioration du pouvoir d’achat est vouée à l’échec. Pas question donc d’un saut d’index ou d’autres méthodes pour démanteler notre système d’indexation automatique. Une augmentation de la TVA est également inadmissible à nos yeux. Elle toucherait en effet encore plus les bas revenus en raison du caractère forfaitaire des augmentations de prix correspondantes. En outre, ces augmentations de TVA placeront également notre index à l’agenda politique à travers la demande de les retirer précisément de l’index. Les derniers messages tendent à indiquer que tant le saut d’index que l’augmentation de la TVA ne seraient plus sur la table du gouvernement. Nous restons toutefois vigilants.


« De quel côté êtes-vous ? » est une question plus que pertinente, également en ce qui concerne la concertation à propos d’un nouvel accord interprofessionnel. Les négociations sont plus ou moins en suspens dans l’attente de décisions gouvernementales à propos du budget. Et ici aussi, il faudra faire des choix. La concertation sera-t-elle facilitée ou plutôt compliquée par les décisions à prendre par le gouvernement ? Ici aussi, nous veillerons au grain. S’attaquer à notre système d’index signifiera mettre fin à la concertation interprofessionnelle en cours. Ensemble avec les autres sections de la FGTB, nous considérerons toute atteinte comme une déclaration de guerre. Une nouvelle piste circule pour intervenir au niveau de la compétitivité : une adaptation de la loi de 1996 où la marge potentielle pour les négociations ne tiendrait plus compte de l’évolution salariale prévue dans les pays voisins mais de l’évolution salariale réelle au cours des dernières années. Ici également, nous sommes plus que vigilants. La loi de 1996 garantit en effet à la fois l’indexation et les augmentations barémiques. Une adaptation de la loi pourrait remettre cela en cause et mener à une révision des salaires à la baisse.  


Enfin, le 14 novembre, des actions syndicales ont été organisées dans tous les pays européens contre la politique d’austérité aveugle des décideurs européens. Les répercussions de cette politique se remarquent le plus dans les pays sud-européens. Mais nous sommes nous aussi, dans notre petit pays, confrontés aux conséquences néfastes d’une politique d’austérité menée sous la pression européenne. Augmentation de l’âge de la pension, modération salariale, flexibilité, … : tout cela fait partie de l’agenda européen.  Un agenda auquel nous n’adhérons pas. L’Europe sera sociale ou ne sera pas.

« De quel côté êtes-vous ? ». Cette question est plus que jamais d’actualité et continuera d’être posée.
Et à tous ceux qui ne sont pas du côté des travailleurs, il sera expliqué clairement, d’une autre manière, qu’ils doivent changer de camp.

 

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