SETCa > News > Carrefour : solidarité, solidarité, solidarité!

16/02/2018 13:30 Imprimer

Ce 08/02, environ 200 militants ont sillonné la Belgique de part en part afin de se rassembler et de tenir une action au sein des hypermarchés Carrefour de Belle-île à Liège et de Genk. La neige, qui a touché le pays ces derniers jours, n’a donc pas entravé la volonté de nos camarades d’unir leurs forces et de se soutenir dans ces moments difficiles. L’émotion et la fraternité étaient au rendez-vous. Le message des militants était très clair : nous ne laisserons pas mourir, sans rien faire, les magasins ainsi que les emplois que la direction veut condamner. Place à un avenir pour tous chez Carrefour. Nous savons que le combat qui nous attend sera long mais c’est plus unis et plus déterminés que jamais que nous mènerons celui-ci. Ensemble, on est plus forts!

 

 

Claude Fagnoul, Délégué Carrefour Belle-île Liège

« Lors de la précédente restructuration en 2010, j’ai été transféré du supermarché Carrefour de Tilff - qui a fermé ses portes - vers l’hypermarché de Belle-île. Des moments difficiles, un changement important, un nouveau départ… A présent, tout est à nouveau bouleversé. Cela fait plus de 30 ans que je suis délégué syndical et c’est déjà la 5ème restructuration à laquelle je dois faire face, dont 3 fermetures de magasins. Chez Carrefour, j’aurai tout vécu : la vague de licenciements de 2007, de 2010 et celle que la direction envisage aujourd’hui… »

« Sur le plan humain, vivre ce genre de situation est extrêmement difficile. En tant que travailleur tout d’abord. Il faut bien le reconnaître : quand on se retrouve face à une telle annonce, au fond de soi, on espère toujours qu’on passera entre les ‘mailles du filet des licenciés’ et qu’on échappera au pire. Et puis, en tant que délégué, c’est une situation horrible. Devoir annoncer à ses collègues que le magasin ferme est très dur. Il faut essayer de garder la tête froide, ne pas montrer son désarroi , tenter de rassurer et d’épauler les autres travailleurs malgré tout. J’intériorise beaucoup. J’essaie de garder mes coups de blues pour moi tout seul mais ce n’est pas toujours évident. »

« A Belle-île, les travailleurs sont désemparés. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. C’est tout notre petit monde qui s’effondre. Le pire, c’est cette incertitude qui plane. Tant de questions se bousculent dans nos têtes. On sait que la direction a décidé de fermer le magasin... Mais que va-t-il advenir de nous ? Est-ce que des reclassements sont possibles ailleurs ? Certains pourront-ils accéder à la prépension ?  Quelles autres alternatives existent ? »

« L’action du 08/02 m’a mis du baume au cœur. Lorsque j’ai vu cette marée rouge arriver au sein de notre magasin, j’ai ressenti beaucoup d’émotion. Cela a été un moment très fort : le fait que les camarades de Genk - qui vivent la même situation - et tous les autres issus des quatre coins de la Belgique aient fait le déplacement, cela nous touche énormément. On se sent soutenus! »

 

Paule Thibaut, Déléguée itinérante Hyper Carrefour

« Je suis déléguée depuis plus de 20 ans et déléguée itinérante chez Carrefour depuis environ 10 ans. J’ai donc une vue d’ensemble de ce qui se vit sur le terrain au sein des magasins. Depuis octobre, on entendait des bruits courir concernant un plan de réorganisation mais on ne s’attendait vraiment pas à quelque chose d’une telle ampleur et certainement pas à des fermetures de magasins…  Dans un premier temps, on a essayé de rassurer les gens. Lorsque le nombre de 1.233 travailleurs est sorti lors du Conseil d’entreprise en Belgique, cela a été le choc ! En tant que délégués, nous étions submergés par l’émotion. Il a fallu digérer tout cela. »

« Nous sommes à présent dans la partie la plus longue et la plus stressante de la procédure Renault. Nous avons beaucoup de questions et peu de réponses incomplètes. Lors des conseils d’entreprises qui se sont tenus depuis l’annonce, les informations ont été distillées au compte-gouttes. Nous savons que le chemin est encore long. Les travailleurs guettent la moindre nouvelle, ils voudraient être fixés sur leur sort.»

« Même si on sait que les conséquences de la restructuration ne seront pas pareilles pour tous les travailleurs, nous sommes tous concernés ! Certains commencent seulement à réaliser l’étendue des dégâts possibles. Les situations vont différer d’un magasin à l’autre mais on sait que chacun, à des degrés divers , sera impacté. Nous savons que les travailleurs de Liège et Genk seront les plus durement touchés. Pour moi, il était important d’être présente aujourd’hui lors de cette action, afin de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls et que la solidarité entre tous les travailleurs de Carrefour est belle et bien là. »

 

Marijke Verwichte, Déléguée Carrefour Genk

« Je travaille depuis 1983 chez Carrefour, qui était encore GB à l’époque. J’ai exercé différentes fonctions, mais j’ai principalement travaillé au rayon poissonnerie. Je suis déléguée syndicale depuis de nombreuses années déjà. C’est la 3e restructuration que je connais, et cela vaut d’ailleurs pour la plupart des collègues ici. Vous savez, l’ancienneté moyenne chez Carrefour est de 17 ans. Les deux dernières semaines ont dès lors été éprouvantes. En fait, l’incertitude a déjà commencé en novembre. À l’époque, M. Bompard avait déjà annoncé « un plan de transformation », mais nous n’avions aucune idée du contenu. Ils voulaient bien sûr éviter que nous ne menions des actions en période de fêtes… Nous sentions déjà venir l’orage. Quand le verdict est finalement tombé, nous avons spontanément fermé le magasin. Pour nous, c’en était trop. Nous étions en émoi. Il y a déjà eu de nombreux écrits sur le sujet, mais on peut le répéter : je ne comprends pas qu’une multinationale avec des collaborateurs en communication professionnels puisse annoncer une restructuration de manière aussi glaciale. »

« Heureusement, nous nous apprécions beaucoup. Il y a une grande solidarité entre les collègues. À côté des anciens comme moi, des isolés ou des jeunes travaillent aussi ici, ils doivent encore payer leur maison. Tout le monde a bien une raison de s’inquiéter, donc nous nous soutenons mutuellement. Lors des précédentes restructurations, un certain nombre de magasins des environs sont déjà passés à la trappe. C’est un nouveau coup dur pour le Limbourg. C’est aussi l’avis des clients, qui nous soutiennent énormément. Ainsi, nous avons lancé une pétition, qui a entre-temps déjà été signée par 800 personnes en ligne. Car les habitants des environs ne veulent pas non plus que le magasin ferme. Beaucoup de nos clients sont des personnes âgées. Ils viennent ici pour leurs courses quotidiennes, mais aussi pour discuter un peu. C’est vrai que nous voyons de moins en moins de gens avec un caddie rempli. Notre espoir est de convaincre la direction de transformer l’hypermarché en un Carrefour Market intégré. Ainsi, nous pourrons sauver des emplois, mais également garder les mêmes

conditions de travail et de rémunération, qui sont moins bonnes dans un magasin franchisé. »

Vous voulez soutenir les travailleurs de Carrefour Genk ? Vous pouvez signer la pétition en ligne petities24.com/carrefour_genk_moet_openblijven

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