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01/10/2009 19:08 Imprimer

Call centers : need more hands?

 

 

 

On n’a que deux mains ! Et pourtant, la flexibilité et la demande de disponibilité sont maximales dans les centres d’appel. Dans un contexte de pertes de clients, de réorganisations et de restructurations, les conditions de travail sont menacées par des employeurs parfois peu scrupuleux. Dans le cadre de la campagne internationale d’UNI (Union Network International) et en front commun, le SETCa lance une nouvelle campagne de sensibilisation.

En octobre, dans des call-centers, des délégués iront à votre rencontre. Ils vous distribueront un gadget utile (on vous laisse la surprise !), discuteront de votre situation et vous inviteront à défendre vos droits.

Trois délégués syndicaux SETCa témoignent de la situation des employés du secteur.
Nathalie Libertiaux - N-allo à Gosselies (Charleroi)

"Etre conseiller clientèle, c’est un job agressif. Les horaires, la surveillance, les cadences de travail, la mauvaise humeur des gens au téléphone… très stressant. La direction s’assure peut-être de notre bien-être physique, des chaises ergonomiques, des casques de qualité, mais c’est avant tout la pression qui est pénible. Peu de gens peuvent supporter ça plus de 4 ou 5 ans. Au Comité de prévention et de protection au travail, on a réussi à négocier une pause de 10 min par jour en plus, en complément aux deux pauses légales de 10 min. C’est déjà une petite victoire. Le bien-être des travailleurs doit augmenter, on a tous à y gagner."


Jacqueline Vanderveken - SNT (Anvers)

"Jour après jour, il est demandé aux travailleurs de rester plus longtemps, de commencer plus tôt ou d'accepter d'autres dérogations. Comme la plupart des collaborateurs ont un statut très précaire (avec notamment de nombreux contrats journaliers et hebdomadaires), il y a toujours bien des 'volontaires' et dès lors, puisqu'il n'est pas question d'heures supplémentaires ou de dérogations imposées, l'entreprise ne doit pas payer l'indemnité 'flex' légale. Quel employé oserait refuser cet effort supplémentaire s'il espère une prolongation de contrat, si pas tôt ou tard un contrat fixe ? La concertation est frustrante, c'est déjà particulièrement difficile de faire respecter les règles minimales."

Lire l'interview complet avec Jacqueline


Eric Dave - Transcom aux Hauts-Sarts (Liège)

"C’est à la limite de l’esclavage moderne. Les gens doivent être malléables à souhait. L’entreprise fonctionne de 8 à 22h, 365 jours par an. Après le rush d’une campagne de promotion, les employés qu’on garde sont ceux qui supportent des horaires infernaux : irréguliers, « coupés » comme 8-12h puis 17-21h…le tout dans un zoning isolé. C’est très dur d’avoir une vie structurée, des loisirs, des amis, de suivre des cours du soir, d’avoir des enfants, des amis ou un amoureux. Ca exclut beaucoup de profils. Malgré la pression de la « crise », nous nous battons pour encadrer cette flexibilité et obtenir des contrats fixes qui encouragent les gens à se défendre."

Lire l'interview complet avec Eric

 
+ d’infos sur la campagne d’UNI sur www.callcentreaction.org