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29/11/2012 11:02 Imprimer

Budget, relance et concertation sociale : Et maintenant? 


Après un gros mois de négociations, le gouvernement est parvenu à élaborer un budget pour l’an prochain et à prendre un certain nombre de mesures de relance. Le SETCa constate qu’une fois encore, les épaules les plus solides en réchappent : pas d’impôt sur la fortune et l’impôt sur la plus-value issue de la vente d’actions est réduit au strict minimum et encore, uniquement pour les grandes entreprises. Le précompte mobilier de 25% sur les produits de placement (excepté le compte-épargne) devient libératoire. Donc, pas question d’instaurer un cadastre des revenus du capital. Et certainement pas de progressivité des impôts sur ces revenus, comme c’est bien le cas sur les revenus salariaux. Les intérêts notionnels restent en grande partie indemnes. Des économies sont également réalisées dans la sécurité sociale bien que, sous pression du SETCa et de la FGTB, de grosses catastrophes aient été évitées et que l’équilibre devrait être préservé pour les prochaines années.

 

En outre, il n’est pas question de véritable relance. Seuls les travailleurs apporteront leur contribution à travers le gel des salaires hors indexation et barèmes. De leur côté, les employeurs reçoivent de nouvelles réductions des cotisations sociales sans garantie d’emploi. Pris ensemble, le budget et les mesures de relance sont bien éloignés de l’approche que nous avions proposée. Nous ne voyons pas que le capital apporte désormais réellement sa contribution, comme certains l’écrivent. L’apport des travailleurs est par contre bien évident, même pour un aveugle. L’idéologie néolibérale des instances européennes a clairement primé à la table gouvernementale.


Le gouvernement décide que pendant deux ans, et probablement même plus, les salaires ne pourront plus augmenter hors indexation et hausses barémiques. Il n’est plus question de saut(s) d’index – grâce à la pression du SETCa et de la FGTB – mais reste à voir si « l’index » est sauvé pour autant. Pour le gouvernement, la révision du panier de la ménagère est censée, quoi qu’il en soit, engendrer un retard important de l’indexation. La préservation de votre pouvoir d’achat grâce à l’indexation sera donc encore moins une réalité que ce qu’elle l’était jusqu’à présent.


Autre caractéristique de l’empreinte néolibérale européenne à côté du dépouillement de l’État (les services publics sont sérieusement pris à partie) et de la limitation des salaires : une concertation sociale vidée de sa substance et la flexibilisation des travailleurs. Le gouvernement prend des décisions sans attendre le résultat de la concertation sociale entre syndicats et employeurs. Dès lors, même la loi de 1996 sur la compétitivité sera chamboulée et encore durcie à l’avenir. Les plans du gouvernement pour faire passer dès à présent l’assouplissement de la réglementation sur les heures supplémentaires et l’annualisation de la durée de travail (sans limites), sans le prévoir dans des conventions collectives ou un règlement de travail, n’ont finalement pas encore été mis à exécution. Sous la pression du SETCa et de la FGTB. Syndicats et employeurs ont encore jusque fin de cette année pour trouver un compromis. Pas évident, et pas correct vu que les employeurs savent déjà ce que décidera le gouvernement en l’absence d’accord.

 

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