Brink’s : pour des garanties d’avenir !
Le 27 octobre dernier, la maison mère de la société Brink’s annonçait la fermeture du site situé à Strépy ainsi que la vente de Global Services Zaventem à Brink’s Diamond & Jewelery (BDJS), la partie la plus rentable de la société. La direction déclarait également vouloir modifier les statuts des travailleurs en Belgique. Motif invoqué ? Les difficultés financières de l’entreprise. Face à cette annonce, les travailleurs avaient directement débrayé. Le SETCa avait fait savoir qu’il était ouvert à la concertation mais pas question de toucher aux droits des travailleurs ni à leur statut.
Face à l’attitude de la direction de Brink’s s’obstinant à ne pas plier et maintenant fermement sa volonté de faire passer les travailleurs d’un statut d’employé à un statut d’ouvrier, nous avions le sentiment qu’un scenario plus grave se tramait en coulisses. Les négociations en présence d’un conciliateur social ne menaient à rien de concret.
Un aveu de faillite infondé
Le 12 novembre, les représentants de Brink’s annonçent la faillite pour les sites belges de l’entreprise. Le choc. La direction invoque même le mouvement de grève pour justifier cette décision : les actions syndicales auraient continué d’aggraver les ennuis financiers et poussé l’entreprise vers le précipice… Une véritable prise d’otages.
S’en suit la procédure habituelle en cas de dépôt de bilan. Devant le tribunal de commerce de Bruxelles, le ministère public déclare dans son réquisitoire que l’aveu de faillite est infondé. Pour ce faire, il avance de nombreux arguments qui démontrent clairement des zones d’ombres dans la situation financière de l’entreprise. On apprend par la suite que deux administrateurs provisoires sont mandatés afin de reprendre la gestion de l’entreprise. Finalement, le tribunal de commerce tranche et refuse officiellement la faillite pour cause d’irrégularités dans la procédure.
Solidarité avec les travailleurs : 1000 militants réunis
A ce moment, l’incertitude règne toujours pour les travailleurs menacés. Le 18 novembre, en solidarité avec les travailleurs de Brink’s, 1000 militants manifestent devant le cabinet de la ministre de l’intérieur, Annemie Turtelboom. Une manière de montrer notre désaccord face à sa décision d’octroyer momentanément une licence temporaire pour le transport de fond à Brink’s Diamond & Jewelery, une filiale de Brink’s Belgium. Une décision qui s’apparente pour nous à un moyen de casser la grève.
Un protocole d’accord : enfin des garanties
Après plus de 25 jours de grève, un protocole d’accord est finalement négocié entre les représentants syndicaux et les administrateurs provisoires de Brink’s. Des garanties sont enfin apportées : l’accord prévoit que l’ensemble des travailleurs soient repris dans le respect des conditions de travail, de rémunération, du statut et des acquis sociaux. Des assemblées de personnel ont lieu au sein des différents sites afin soumettre le protocole au vote de l’ensemble des travailleurs. C’est une majorité quasiment unanime qui vote en faveur de l’accord et de la reprise du travail.
Il s’agit là d’un premier pas vers une collaboration sereine entre direction et syndicats. Mais le chemin est encore long et de nombreux enjeux sont toujours sur la table. Les négociations doivent se poursuivre, notamment en ce qui concerne une éventuelle reprise. Deux sociétés de transport de fonds se sont en effet manifestées et sont intéressées par une éventuelle reprise de la société. Cette étape devra bien sûr faire l’objet d’une étroite concertation entre les administrateurs provisoires et les organisations syndicales, ce qui est prévu dans l’accord.
Il va de soi que le SETCa continuera de se battre pour maintenir tous les acquis sociaux des travailleurs de Brink’s et leur statut. Leur offrir le plus de garanties possibles pour l’avenir est une priorité.