Brink’s Belgium : non au démantèlement du statut d’employé.
27 octobre 2010 : conseil d’entreprise extraordinaire chez Brink’s Belgium, qui occupe quelque 500 travailleurs dans notre pays. La direction annonce un plan de relance lourd de conséquences afin, selon elle, de redresser la situation catastrophique de l’entreprise.
Ce que la direction propose est tout bonnement inadmissible. Sous le prétexte d’une situation financière difficile, la direction entend faire passer tous les transporteurs de fonds d’un statut d’employé vers un statut d’ouvrier. Avec à la clé une modification de toutes les conditions de travail et de rémunération. Le plan de relance prévoit également la fermeture du centre de Strépy ainsi que la vente de la base de Zaventem à BGS et le transfert de personnel qui y est lié. Tout ceci sans plan social, bien sûr. Il s’agit là d’une « offre » qui serait à prendre ou à laisser, dixit la direction. Un véritable non-sens, une situation encore jamais vue, une attaque frontale des actionnaires américains qui semblent vouloir faire table rase de tous les acquis sociaux!
Pour le SETCa, cette proposition est inacceptable. Nous le savons : les problèmes financiers de Brink’s Belgium ne découlent pas du statut d’employé mais bien d’une gestion chaotique de l’entreprise depuis plusieurs années. De sérieux problèmes opérationnels (les heures supplémentaires structurelles, des feuilles de route irréalistes), le manque de matériel de qualité ainsi que l’absence d’une véritable politique commerciale jouent en la défaveur du groupe depuis longtemps et ont déjà été dénoncés à de nombreuses reprises par les délégués.
La direction n’est pas au-dessus des lois : elle ne peut pas se permettre tout et n’importe quoi. Le SETCa exige de la direction qu'elle respecte la loi et la concertation sociale. Plus qu’une question symbolique et de principe, les mesures envisagées mettent gravement en danger le contrat de ces transporteurs de fonds. Mais cela dépasse aussi ce cadre: proposer aujourd’hui une telle remise en cause du statut de ces travailleurs, c’est aussi hypothéquer la concertation interprofessionnelle à venir sur l’harmonisation des statuts ouvriers – employés. Le SETCa a directement réagit en invitant les fédérations patronales à faire pression sur la direction de Brink’s pour qu’ils fassent machine arrière.
Ce jeudi 28 octobre, tous les travailleurs du groupe étaient en grève afin de protester contre le plan de relance proposé. Un Bureau de Conciliation s’est ensuite tenu le 2 novembre. Lors de cette rencontre, il a été soulevé que le statut des travailleurs relève d’un droit individuel de travail et que ce point doit donc être retiré du cadre de la négociation collective. La journée de négociation de ce jeudi 04/11 entre direction et syndicats, en la présence d’un conciliateur social, s’est pourtant terminée sur un échec. A l’heure où nous bouclons cet article, La direction reste toujours sur ses positions et maintient sa volonté de fermer le site de Strépy. Sur le terrain, elle fait pression afin de faire passer individuellement les travailleurs du statut d’employé à celui d’ouvrier.
Un tel acharnement à vouloir modifier les contrats de travail et à nier l’existence et la légitimité du statut des employés est intolérable. Le SETCa espère pouvoir obtenir des avancées à ce niveau et trouver rapidement une solution pour les 500 contrats d’employés ainsi menacés.