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24/07/2012 15:18 Imprimer

World Pride 2012

Les syndicats peuvent eux aussi avoir une signification importante pour les holebis

 

Pourtant, il y a encore du pain sur la planche en Europe…

Pascal : « Certainement. Il reste important d’améliorer l’attitude, les opinions et la tolérance des gens. Chez nous aussi, l’homo-, la bi- et la transphobie est encore présente dans certains cercles ».

« La situation est plus difficile en Europe de l’Est. Dans certains pays, l’homosexualité est traitée comme un délit, même en parler ouvertement est punissable. Les organisations d’aide actives au niveau de l’information sur le VIH se mettent dès lors également en danger et peuvent être punies pour de telles activités. C’est apparu une nouvelle fois clairement lors du dernier championnat européen de football. Les droit des LGBT ne concernent pas que des droits individuels, mais aussi un changement, une progression et une amélioration sur le plan sociétal ».

 
Tu t’es rendu à la World Pride en tant que membre de la FGTB. Que fait un syndicat à la World Pride ?

Pascal : « Les thèmes abordés à la World Pride sont finalement de nature politique. En outre, le TUC (Trade Union Congress, le plus grand syndicat faîtier aux Royaume-Uni) est l’un des principaux sponsors de l’évènement. Le TUC soutient ce mouvement tant sur le plan politique que financier et s’occupe avec succès, depuis les années 80 déjà, de la défense des droits des holebis britanniques. Le TUC a appelé tous les affiliés à participer à la World Pride et à la conférence. Le syndicat britannique dispose dès lors d’un fonctionnement holebi actif, avec un congrès annuel. Cette année, il coïncidait avec la World Pride ».

« Enfin, les holebis sont des travailleurs comme les autres. Ils supportent eux aussi les conséquences de la crise – et en Angleterre les conséquences des mesures d’économies sévères du gouvernement Cameron. Par ailleurs, ils sont évidemment vulnérables face à la discrimination sur le lieu de travail ».

 

Qu’en est-il au niveau de la FGTB ?

Pascal : « En Belgique, nous sommes relativement avancés au niveau de la législation. Dans notre pays, les directives européennes en matière d’anti-discrimination ont été transposées depuis longtemps déjà dans les dispositions légales nécessaires. De nombreux syndicalistes peuvent également défendre les droits des LGBT au travail par le biais de la clause de non-discrimination, qui doit normalement être reprise dans le règlement de travail. La FGTB a toujours soutenu pleinement – sans tam-tam – ce processus. Comme syndicat, nous pourrions peut-être attirer un peu plus l’attention de nos militants sur l’importance de cette clause… c’est le moyen par excellence de lutter contre toutes les formes de discrimination au travail ».

« Il y a d’ailleurs une belle opportunité à saisir en 2013 : l’an prochain, les World Outgames (un évènement sportif et culturel mondial organisé par la communauté holebi) se tiendront à Anvers. C’est à mes yeux LE moment pour, comme syndicat, organiser un congrès de deux jours sur le thème ! Non seulement pour sensibiliser nos délégués au sujet, mais aussi pour montrer clairement aux holebis qu’ils sont les bienvenus à 100% dans notre organisation. Et que nous nous préoccupons de leurs droits ».

 

Tout de même aussi un peu profité de la World Pride?

Pascal : « Ça pouvait bien, après deux jours de congrès ! J’ai participé au cortège, qui rassemblait beaucoup de monde malgré un peu de pluie. On peut dire que le cortège était haut en couleurs et même un peu carnavalesque. Cela reste toujours une parade festive. J’ai suivi dans la partie réservée aux syndicalistes. J’ai fait de mon mieux pour exhiber mon drapeau rouge parmi tout ce rose ! Même si j’ai aussi profité des belles choses à voir autour de moi… ».