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23/09/2014 12:57 Imprimer

Votre barème en ligne de mire ?


Les barèmes sont la cible d’attaques depuis des années. De nombreux politiques ont déjà laissé entendre qu’ils voulaient se débarrasser du système. Le Conseil supérieur de l’emploi doit à présent se prononcer sur la question à la demande de la ministre de l’emploi. Cet avis risque toutefois de devenir l’objet de manipulations de l’opinion de la part des politiques. Les préjugés infondés concernant vos barèmes sont en effet légion.


Un grand nombre d’employés perçoivent un salaire selon un « barème ». Cela signifie qu’ils reçoivent un salaire plus élevé en fonction du nombre d’années passées dans une entreprise ou un secteur. Ce système est une épine au pied des employeurs : ils préfèrent octroyer des augmentations salariales individuelles aux travailleurs (sans accords fixes).


Le SETCa redoute dès lors que cet avis ne soit utilisé  à des fins dépassant de loin la demande concrète de la ministre, à savoir, l’examen du lien entre salaire et ancienneté. Le calendrier n’est pas innocent. Avec un gouvernement de droite en formation, un avis unilatéral permettra aux politiques de mettre en question tout le mécanisme de formation des salaires, basé sur les barèmes.


Mythes concernant votre barème


Dans ces pages, nous avons déjà démonté un certain nombre de mythes tenaces sur les salaires. Ainsi, l’augmentation globale du salaire liée à la durée de la carrière s’avère n’être liée tout au plus que partiellement à l’existence des barèmes en soi. Nous pensons au fait que les travailleurs âgés occupent souvent des fonctions plus élevées et que les entreprises pratiquent des rémunérations supérieures aux minima sectoriels. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Un éventuel avis doit tenir compte de la totalité des influences sur l’évolution du salaire. Et ne peut se limiter à la simple influence de l’expérience ou de l’ancienneté sur l’évolution salariale.


L’affirmation selon laquelle ces salaires relativement plus élevés pour les  plus de 55 ans seraient la cause de leur retrait anticipé du marché de l’emploi n’est pas non plus prouvée. Il suffit de penser à la situation des ouvriers : ils n’ont pas de barèmes et mettent pourtant fin à leur carrière plus tôt que les employés, pour d’autres raisons évidentes.


Inégalité salariale


L’avis final risque donc de servir d’excuse à l’instauration débridée de systèmes de rémunération individuels. Non seulement, ils augmenteront le bon plaisir de l’employeur concernant le montant de votre salaire, mais rien ne prouve qu’à long terme un tel système de rémunération mène à plus de productivité. Le suivi de ces systèmes coûte aussi énormément de temps (et donc d’argent) à l’employeur. De plus,  cela risque de créer plus d’inégalités salariales. Une étude britannique  démontre que l’inégalité peut augmenter de 21%. Ce sont surtout les femmes qui risquent de faire les frais d’un affaiblissement des barèmes.


Trop vieux ?


Selon un argument récurrent, les travailleurs plus âgés sont moins productifs et doivent donc gagner moins. Ce n’est pas prouvé. Ceux qui veulent attaquer les barèmes brandissent invariablement des études de chercheurs qui auraient démontré que la productivité des travailleurs diminue avec l’âge. Nombreuses sont toutefois les études prouvant le contraire . Ce serait une erreur d’ignorer ce fait.


Ne pas abuser de l’avis


Pour conclure, le SETCa espère qu’il ne sera pas fait un mauvais usage du rapport final du CSE dans le but de lâcher un certain nombre de ballons d’essai concernant les réformes du marché de l’emploi relevant de la concertation sociale. Il ne serait pas acceptable que l’on abuse d’une étude sur le lien entre salaire et ancienneté pour mettre en avant un certain nombre de dadas des partisans d’un marché de l’emploi libéralisé. Cela vaut également pour un avis qui porterait sur des questions n’étant liées ni de près, ni de loin à la demande initiale de la ministre. Nous pensons ici à des discussions sur les réformes des commissions paritaires.


Quoi qu’il en soit, le SETCa suit attentivement cette discussion et attend un avis transparent du Conseil supérieur de l’emploi.

Vous voulez connaître votre barème ? Vous trouverez toutes les infos ici.

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