Vêtement propres : sachez ce que vous portez !

Bonnes affaires : trop beau pour être vrai ? Un adage populaire qui vaut aussi pour les vêtements, vendus à bas prix dans le commerce. Nous ne parlons pas ici de la qualité… Mais de la manière dont ces habits sont confectionnés, dans un pays lointain. Horaires difficiles, bas salaires, usines polluées,… voici comment se remplit le "coin des bonnes affaires" .
Depuis 15 ans, la Campagne Vêtements Propres tente de faire bouger les choses en Belgique. Le SETCa y est aussi représenté. L'objectif ? Forcer les entreprises à tenir compte, dans leur politique d'achats, des conditions de travail des personnes fabriquant ces produits. Ann Agon, qui suit la campagne pour le SETCa, a participé à l'action chez Lidl et Aldi :
Ann Agon : “Nous voulons attirer l'attention des consommateurs sur l'origine des produits qui remplissent leurs caddies, mais aussi faire pression sur Aldi et Lidl… Il n'y a rien de mal à vendre des produits bon marché, mais cela ne peut se faire aux dépens des personnes qui les produisent”.
Qu'a à voir un Lidl à Melle (Gand) avec les conditions de travail en Indonésie ?
Ann Agon : “Ce Lidl en soi, rien bien sûr. Mais l'entreprise, certainement. Toutes nos chaînes de supermarchés achètent des produits dans des quantités telles qu'elles peuvent imposer complètement leurs conditions au fabricant. Comme acheteur, vous déterminez tout de A à Z : le prix à payer, le délai de livraison, le mode de paiement,… Le fabricant n'a presque pas d'autre choix que d'accepter, sans quoi la commande est confiée à une autre usine”.
Et les conséquences pour les travailleurs sur place ?
Ann Agon : “Aldi veut des délais de livraison plus rapides ? En Indonésie, ils font passer la semaine de travail à 60 ou même 80 heures par semaine… Lidl veut des produits meilleur marché ? Une seule solution : baisser les salaires des ouvriers… La plupart ne voient pas les conséquences de leur politique d'achats, axée essentiellement sur les coûts. Et les personnes sur place trinquent. Ces grandes chaînes ne peuvent plus fuir leurs responsabilités”.