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25/03/2014 15:00 Imprimer

 

Un travail de qualité, encore plus

essentiel en temps de crise

Le stress dû à la charge de travail et à la précarité de l’emploi ne font qu’augmenter. Comme travailleur, vous êtes constamment sous pression et vous êtes «exploité» de manière «flexible». A ce jeu-là, les politiques suivent aveuglément l’appétit insatiable des employeurs. Un travail de qualité pour tous, voilà aussi un des enjeux essentiel du 25 mai.

 

Stress, stress, stress !

Charge de travail trop élevée

3 travailleurs sur 10 souffrent ponctuellement ou en permanence de stress au travail. Un sondage récent, à la demande du Fonds social européen, a révélé que la crise a amplifié ce phénomène. La moitié des Belges déclarent ressentir plus de stress qu’il y a cinq ans. Ils imputent surtout cela à la charge de travail trop élevée.

Rien d’étonnant. Le nombre de licenciements a atteint des sommets et les entreprises ont fermé leurs portes. Depuis cinq ans, les travailleurs doivent trop souvent accélérer la cadence et assumer le travail des collègues qui ont disparu (ou n’ont pas été remplacés ).

Les limites sont atteintes !

Le stress est la cause de l’absence de plus de la moitié des travailleurs. En 2010, pas moins de 34% des personnes étaient en invalidité pour cause de problèmes psychiques ou de burn-out. C’est non seulement un drame pour les personnes concernées, mais cela représente aussi un coût élevé pour la collectivité qui doit assumer les conséquences des excès des employeurs en termes de management by stress ! Un scandale de plus.

Les collègues, des concurrents…

Le SETCa le constate dans de nombreuses restructurations. A l’autre bout de la planète, on décide qu’il faut couper dans les coûts. Qui dit « coûts », dit généralement frais de personnel. Produire plus avec moins de bras : une dynamique qui pousse à son paroxysme la charge de travail pour le personnel restant. Les travailleurs sont sur les genoux. 1 travailleur sur 3 dit que la concurrence entre collègues a augmenté en raison des tensions ainsi apparues au travail. Les restructurations successives augmentent la charge de travail mais aussi l’insécurité à propos de son propre emploi.

Tous concurrents : voilà aussi le rêve éveillé de certains responsables des RH. Ils utilisent des systèmes de gratification individuelle et des entretiens d’évaluation pour mettre les collaborateurs, souvent même du même service, en concurrence mutuelle.

Pour le SETCa, une telle politique du personnel est inhumaine et contre-productive dans une société où chacun a sa place !

 

De plus en plus flexibles

Les responsables politiques, toutes couleurs confondues, sont trop souvent enclins à écouter la voix du libéralisme débridé et donc d’une flexibilité accrue pour les travailleurs. Nous en avons vu divers exemples ces dernières années.

Des contrats ‘bon marché’

Ainsi, il y a celui bien connu de l’assouplissement du travail des étudiants. Alors qu’autrefois, les étudiants ne pouvaient travailler que pendant les vacances scolaires et un nombre limité d’autres jours, ils peuvent désormais faire des extras tout l’année. L’assouplissement de la législation met donc des étudiants jobistes à bon marché, qui prestent souvent quelques heures par semaine de manière très flexible, en concurrence directe avec les travailleurs de secteurs entiers (souvent moins qualifiés). Résultat : il y a moins de travail pour ces personnes ou leurs contrats à temps partiel ne sont plus revalorisés.

Il en va de même avec les contrats d’insertion. Cette mesure (encore peu connue) vise, selon les vœux de la ministre, à aider les jeunes à trouver du travail. Le jeune reçoit en fait une allocation d’insertion (un peu moins de 700€ de l’ONEm) tandis que l’employeur qui « l’engage» paie 200€ par mois pour un temps plein. Dans la pratique, certains employeurs occupent des jeunes à moindre coût pendant une période déterminée, qui plus est sans aucune obligation de formation ni d’engagement à l’issue du stage. Inutile de vous expliquer la pression à la baisse sur les salaires des autres travailleurs. Le summum du travailleur « kleenex low cost »

Le SETCa est sur ses gardes lorsque les politiques parlent d’horaires flottants. Ces horaires, à la carte, qui doivent permettent de mieux concilier vie privée et vie professionnelle... Dans une minorité de cas seulement, les travailleurs pourront réellement choisir eux-mêmes, parce que les impératifs de productivité continueront à primer dans les entreprises. Les horaires flottants n’aideront pas à aller rechercher vos enfants à l’école, mais seront planifiés au bon vouloir des employeurs.

Temps partiel et variable, du stress en plus !

Dans notre pays, un peu plus d’1 travailleur sur 5 travaille à temps partiel. Dans certains secteurs, le taux atteint près de 50%. Contrairement aux récits véhiculés par les employeurs, seul un temps partiel sur 10 est un temps partiel choisi délibérément par le travailleur.

De nombreux travailleurs à temps partiel ont un horaire variable. Un nombre d’ heures différentes et des horaires différents chaque semaine. Il n’y a donc pas beaucoup de marge pour une activité complémentaire et encore moins pour les loisirs…

 

Le chômage accentue encore la pression

Le chômage en hausse met la pression sur les travailleurs. Surtout au vu de la réduction des allocations de chômage et de la suppression de l’allocation d’attente de 55.000 travailleurs, souvent parmi les plus jeunes. Le risque est de voir les demandeurs d’emploi ainsi contraints d’accepter des emplois moins bien rémunérés et précaires.

Les partis politiques, tant de droite qu’à vocation nationaliste, veulent poursuivre cette politique. Punir les chômeurs, démanteler la protection pour les travailleurs, avec une flexibilité sans cesse plus élevée comme objectif final. En bout de course, ce sont les conditions de travail de tous les travailleurs qui régresseront.

 

Pour le SETCa, vos droits en tant que travailleur sont en jeu le 25 mai.

 

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