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15/01/2013 09:57 Imprimer

Stages d’insertion : nouvelle menace pour les travailleurs peu qualifiés ?


Depuis le 1er janvier 2013, les employeurs peuvent occuper des jeunes peu qualifiés par le biais d’un « stage d’insertion ». Cela leur coûte à peine 200 euros par mois. Par ce stage, le gouvernement veut aider les personnes moins qualifiées à trouver un travail, mais cette mesure risque d’avoir l’effet inverse.


Les stages d’insertion sont une composante de la politique de relance de ce gouvernement. Ils visent les personnes disposant tout au plus d’un diplôme de l’enseignement secondaires supérieur. Celui qui bénéficie depuis déjà 6 mois au moins d’une allocation d’attente peut travailler par ce biais dans une entreprise.


Pas un emploi fixe

Le stage ne doit cependant pas conduire nécessairement à un emploi fixe : le stage d’insertion se termine après trois à six mois. Il n’y a pas la moindre obligation pour l’employeur d’engager l’intéressé. La période de stage ne rapporte pas beaucoup non plus. L’employeur paie 200 euros par-delà l’allocation d’attente, sans la moindre cotisation aux pouvoirs publics. Sachant qu’une telle allocation se situe entre les 250 et 1000 euros, nous sommes bien loin d’un revenu convenable.


Risque d’abus

Problème supplémentaire : les employeurs comprendront rapidement qu’un stagiaire ne leur coûte que 200 euros par mois. Dans certains secteurs, d’aucuns ne manqueront pas d’abuser massivement de ce système. Nous pensons à cet égard à des secteurs occupant déjà de nombreux travailleurs moins qualifiés à l’heure actuelle, comme le commerce, le non-marchand ou la logistique. Et ceci se fera aux dépens de « l’emploi normal » dans ces secteurs, mais aussi des intérimaires, voire même des jobs d’étudiant.


Pensons par exemple à un grand magasin où le manager a besoin d’un employé pendant trois mois pour assumer temporairement du travail supplémentaire. Autrefois, les collègues assumaient cette charge en prestant des heures supplémentaires (et en gagnant un peu plus). Actuellement, ce travail est déjà de plus en plus effectué par des étudiants. Mais en 2013… le sera-t-il exclusivement par des stagiaires ? Nous le craignons. Ainsi, la mesure risque précisément d’avoir l’effet inverse qu’initialement prévu : aider les travailleurs peu qualifiés.


Assouplissement du travail des étudiants en 2012

Le SETCa dispose en fait déjà d’une expérience pratique au niveau des règles souples en vigueur pour les étudiants jobistes depuis début 2012. Là où autrefois, ces étudiants pouvaient surtout travailler pendant les vacances scolaires, ils peuvent le faire toute l’année depuis 2012. Ici aussi, nous avons constaté que les étudiants prennent de plus en plus la place de travailleurs temporaires ou de travailleurs fixes qui, précédemment, pouvaient encore prester des heures en plus. Que les étudiant jobistes puissent gagner un peu plus, très bien, mais l’objectif ne peut être qu’ils prennent la place d’emplois normaux.


Les étudiants jobistes sont dès lors meilleur marché pour les employeurs : le calcul est vite fait. Et les stages d’insertion risquent d’encore aggraver la situation. Les travailleurs peu qualifiés sont les dupes. Le SETCa suit cela de très près dans ses secteurs et n’hésitera pas à aborder ce problème si la situation dérape.

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