Soufflons un peu…
Avec les vacances en ligne de mire, nous avons examiné un peu les thèmes que nous avons abordés ces dix derniers mois. La liste est impressionnante. Notre mobilisation pour l'accord interprofessionnel, les actions de solidarité réussies pour le nouveau magasin Carrefour à Bruges, les procédures juridiques qui ont suivi, les premiers accords sectoriels, … Nous avons aussi été confrontés immédiatement à la réalité de la crise économique : le personnel des banques a été le premier à se voir présenter les conséquences de la crise qui, rapidement, a contaminé le reste de l'économie. La crise a frappé violemment et durement.

Lorsque ça va un peu plus mal, la seule chose qui compte pour les employeurs est économiser aveuglément sur les coûts. Les licenciements ont pluC'est dans ce contexte qu'a surgi un vieux rêve des employeurs : le chômage économique pour employés. Sous le prétexte de la crise, ils l'ont dissocié du débat global sur l'harmonisation des statuts entre ouvriers et employés. Le SETCa a immédiatement écrasé la pédale de frein. Il serait extrêmement inconscient d'étendre aujourd'hui hâtivement un aspect du statut ouvrier à celui des employés, sans même prévoir de compensation pour les ouvriers et les employés. Les employeurs engrangeraient de la sorte un acquis, tandis que les travailleurs ne recevraient aucune garantie quant au maintien ou à une amélioration de leur statut.
Finalement, le gouvernement a pris une décision en introduisant des mesures dites "de crise". Nous ne nous en réjouissons pas, mais force est de constater que notre pression a permis de changer fortement l'idée initiale des employeurs. Ainsi, un contrôle syndical approfondi est par exemple prévu : Le SETCa gardera donc un œil à tous les niveaux. Et surtout,ces mesures anti-crise sont temporaires. Elles ne peuvent donc être appliquées qu'en cette période de crise et être prolongées au maximum jusque juillet 2010. Elles ne s'inscrivent donc pas dans le cadre du débat sur l'harmonisation des statuts.
Ceci nous amène directement au travail qui nous attend après (et pendant) l'été : l'application concrète des mesures anti-crise et les négociations sur l'harmonisation des statuts. Entre-temps, des CCT réglant l'application des mesures anti-crise sur le plan sectoriel ont été conclues dans six secteurs. La loi laisse aussi la possibilité de le faire sur le plan de l'entreprise. Apparemment, de nombreux employeurs l'attendent. Nous sommes prêts à jouer notre rôle de contrôle dans le cas de CCT et de plans d'entreprise. Nous serons attentifs à deux points particuliers : une indemnité supplémentaire convenable pour les travailleurs et une sécurité d'emploi garantie tant que la mesure produit ses effets.
Après l'été, s'ouvrira à nouveau le débat sur les statuts. Nous sommes disposés à trouver une solution globale, mais nous restons dans une logique de mobilisation. Il est important de convaincre aussi vos collègues qu'il s'agit d'une discussion importante, probablement lourde de conséquences. Nous devons donc être prêts non seulement à entamer les négociations après l'été, mais aussi à mener éventuellement des actions. Notre campagne www.votrecontratendanger.be passera en tout cas à la vitesse supérieure. Seule une harmonisation vers le haut est acceptable à nos yeux ! Le SETCa défendra pleinement le relèvement des délais de préavis des ouvriers à hauteur de ceux des employés. Les centrales ouvrières de la FGTB pourront compter sur nous. Nous sommes convaincus que nous pouvons nous aussi compter sur elles dans notre lutte pour la préservation des délais de préavis des employés. Ensemble, on est plus forts !
Il est évident que d'autres sujets retiendront encore notre attention : les employeurs, FEB en tête, s'attaquent clairement à la pension légale (ou ce qu'il en reste encore). Comme la FGTB, le SETCa mettra tout en œuvre pour que l'on n'y touche pas, si ce n'est pour l'augmenter. Nos pensions sont déjà parmi les plus basses d'Europe à l'heure actuelle !
Mais si les ministres à tous les niveaux ne cessent d'évoquer des économies et des budgets pluriannuels, il est important d'être extrêmement vigilants. Si coupes il y a, cela ne peut se faire aux dépens de notre sécurité sociale et de notre régime de pension. Si les temps sont durs, il semble logique que les plus épaules les plus larges supportent les plus grosses charges, que les grosses fortunes soient imposées davantage, que les fraudeurs fiscaux puissent faire l’objet d’un sérieux redressement. Cela aussi, c'est de la solidarité. Il faut aussi avoir une assise plus large en matière d'emploi et s'atteler à des investissements dans l'économie durable qui créent des jobs tout aussi durables. Dans ce cadre, un pacte des générations bis serait totalement inacceptable.
Notre agenda est déjà bien rempli mais, entre-temps, nous profitons tout de même un peu de l'été qui a débuté en beauté. Nous vous en souhaitons franchement tout autant : des vacances bien méritées !