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12/06/2017 18:28 Imprimer

Secteur finances :

L’emploi avant tout

 

L’année 2016 n’a pas été rose pour les travailleurs des finances. AXA, Ethias, ING, BNP Paribas Fortis, Crelan,… Que ce soit dans les banques ou dans le secteur des assurances, l’emploi a été mis à rude épreuve. Dans un effet boule de neige, les mauvaises nouvelles se sont succédées et ont laissé un arrière-goût amer. Dans certaines entreprises des finances, les négociations ont pris fin, dans d’autres, elles sont toujours en cours. Il est clair que l’année 2017 sera tout aussi difficile pour les travailleurs. Mais les équipes syndicales SETCa mettent en œuvre toute leur énergie pour défendre l’emploi et l’avenir du personnel. Pia Desmet et Jean Michel Cappoen, les deux secrétaires fédéraux SETCa en charge du secteur, nous dressent un état des lieux.

On peut dire que vous avez dû faire face à une vraie déferlante de restructuration ces derniers mois...


J-M. C. «  Tout est arrivé coups sur coups. En quelques mois, plus de 5.000 postes se sont retrouvés sur la sellette. D’abord AXA et P&V, qui ont annoncé la suppression de respectivement 650 et 300 emplois. Ensuite, ING et sa filiale Record Bank avec 3.150 emplois. Puis, Crelan avec 160 emplois. D’autres dossiers importants se sont également retrouvés sur la table, comme tout récemment chez BNP Paribas Fortis, où une nouvelle CCT devait être négociée... »


Le refrain qui revient régulièrement pour justifier une diminution de l’emploi est celui de la digitalisation, qui serait une nécessité d’avenir...  Qu’en pensez-vous ?


P.D. : « Aujourd’hui, nous ne travaillons plus de la même façon qu’il y a 20 ans. Et nous savons que nous dresserons un constat identique dans 20 ans. Le monde du travail, les outils utilisés, la technologie, les besoins de la clientèle, les habitudes de consommation : tout cela évolue inévitablement. Il faut vivre avec son temps et suivre ces évolutions. Nous sommes convaincus que la numérisation et les avancées techniques doivent permettre d’aboutir à une meilleure qualité de services. Mais aussi, normalement, à une amélioration des conditions de travail... Pour l’instant, ce n’est pas toujours le cas. Parallèlement à l’augmentation du recours aux nouvelles technologies, on constate une recrudescence du stress et du nombre de burn-out auprès des travailleurs et ce, que ce soit dans les banques ou dans les assurances. »


J-M.C. : «  Trop souvent, la numérisation est devenue le prétexte, dans le chef des employeurs, pour licencier. Ce n’est pas modernisation et perte d’emploi qui doivent aller de pair, mais bien modernisation et évolution de l’emploi. La numérisation fait partie de l’avenir du monde du travail de demain. Elle fait évoluer les fonctions et les tâches des travailleurs, c’est un fait. Mais elle ne doit pas être synonyme de pertes d’emplois. »


Où en est-on actuellement dans les négociations ?


J-M.C. : «Au début des discussions chez AXA, la direction  avait voulu nous placer dans une certaine forme de chantage à l’emploi en menaçant que si elle n’obtenait pas parallèlement au volet « restructuration » des réductions de coûts salariaux pour le personnel qui reste en place, le nombre de licenciements serait encore plus important. Les délégués syndicaux ont directement réagi et organisé  plusieurs réunions et actions avec  personnel. Grâce à cette mobilisation et détermination, la direction a finalement fait marche arrière. Les  négociations ont d’abord porté sur l’élaboration d’un plan social. Celui-ci a été finalisé fin de l’année passée. Il prévoit notamment  des mesures de départ en RCC (prépension) à 55 ans, limitant ainsi l’impact du nombre de licenciements ‘secs’. La direction reste demandeuse d’une négociation à propos des conditions de travail. Les organisations syndicales sont d’accord d’en discuter mais sans obligation de résultat. »


 « Chez ING, la négociation concernant les plans de départs anticipés est finalisée. Cette proposition doit encore être présentée au personnel. Il faut savoir que la direction souhaite lier tous les volets  du dossier , soit un plan de départ, un élargissement de la flexibilité, et un accord sur un nouveau plan salarial (reward model). Pour la direction, tout est lié et elle veut donc obtenir un accord sur l’ensemble des trois volets.  Il est évident que vu l’ampleur du dossier, c’est le personnel au final qui décidera. Un vote sera organisé au terme des négociations.


Chez BNP Paribas Fortis, une nouvelle CCT vient d’être conclue. Quels étaient les enjeux derrière cet accord  ‘Vision 2020’?


P.D. : « Il s’agit d’un accord qui forme un tout. Dans la presse, on a beaucoup entendu parler des éléments ‘cafétéria’ du dossier ayant un impact sur la rémunération brute (et notamment la transformation pour une catégorie limitée de membres du personnel d’une partie du salaire en ‘units’, qui permettront de financer des éléments en nature). Il est important de préciser que cette CCT prévoit une sécurité d’emploi jusque fin 2018 et offre un plus aux salaires les plus bas et aux jeunes. Les salaires plus élevés, quant à eux, reçoivent plus de choix au niveau de la modalisation de leur package salarial. »


J-M.C. : « Avant de se prononcer, le SETCa a longuement pesé et analysé tous les éléments qui étaient dans la balance. La sécurité d’emploi est garantie pour les deux prochaines  années : il s’agit là d’un élément déterminant ! Les travailleurs que nous représentons ont été consultés de manière individuelle et ont marqué leur accord sur le contenu du plan à 84% des voix. Un mandat clair que le SETCa respecte.


P.D. : « Le travail va à présent continuer, place à la mise en œuvre opérationnelle de cette CCT. Nos délégués restent extrêmement vigilants et veilleront, comme toujours, à ce que les intérêts de tous soient respectés. »


Il y a aussi les négociations sectorielles qui s’annoncent…


P.D. : « Effectivement, à l’agenda nous avons aussi, suite à l’accord interprofessionnel (AIP), la préparation des cahiers de revendications sectoriels. Ceux-ci ont été élaboré au sein des différents comité fédéraux du secteur (Banque, assurances, IPC, etc). Nous comptons les déposer encore ce mois -ci auprès des Commissions Paritaires et des fédérations patronales. Les négociations devraient débuter après les vacances de Pâques. Il y a donc encore beaucoup de pain sur la planche dans les prochains mois. »

 

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