SAUVONS LA SOLIDARITÉ - RED DE SOLIDARITEIT
L'actualité politique en Belgique est dominée par d’interminables négociations entre les partis de droite, en vue d'aboutir à un Gouvernement fédéral, dont l’objectif dominant reste la poursuite du démantèlement de l'état fédéral. Dans ce cadre, le SETCa souhaite exprimer les craintes qui animent la plupart de nos responsables syndicaux... A terme, serons-nous seuls à affirmer clairement que les questions socio-économiques importantes doivent rester fédérales ? Et ces inquiétudes ne concernent pas seulement la Sécurité Sociale, mais aussi la Concertation Sociale et le Droit social individuel.
Une campagne de sensibilisation dans le monde du travail s'impose. Directe et sans langue de bois, au départ d’exemples clairs qui éclairent les objectifs véritables qui se cachent derrière les discours démagogiques, afin de démasquer les faux semblants que camoufle la soi-disant ‘inévitable réforme d'état’.
Dans ce contexte, nous sommes particulièrement heureux de l’argumentaire lancé par la FTGB pour ses militants. Nous veillerons, quant à nous, à ce que les militants du SETCa en fassent une utilisation optimale et diffusent le dépliant de sensibilisation massivement dans les entreprises. Ce dépliant correspond étroitement à la plate-forme ‘Sauvons la solidarité - Red de solidariteit’. Le SETCA approuve cette initiative prise par des militants syndicaux et rejointe par de larges couches de la société civile. Une initiative qui nous fait chaud au cœur.
Pourquoi continuons-nous à défendre, avec ardeur, la solidarité fédérale ?
D’aucuns prônent le démantèlement de certains volets de la sécurité sociale. Ils entendent, en fait, transférer au privé certains secteurs des pensions de retraite ou de la santé. S’ils réussissaient, une grande part de la population n'aurait plus un accès correct aux allocations et indemnités sociales. C’est le caractère même d’assurance solidaire qui serait remis en cause, un glissement de plus vers un régime d’assistance minimale, qui toucherait les plus précarisés de la société.
L'économie s’internationalise. L'Europe et les grandes entreprises ont un pouvoir de décision de plus en plus important. Au lieu d'accentuer le morcellement, nous avons davantage besoin de règles identiques, internationales sur le plan social. Pour y parvenir, les syndicalistes doivent souvent concilier des approches liées à la culture, à la langue et aux traditions syndicales différentes. C’est indispensable pour opposer les patrons sur le plan national, européen et mondial. Les syndicats défendent, depuis des années, une Europe plus sociale, via des garanties sociales minimales dans toute l’UE, en vue d’enrayer la spirale négative d’un dumping social intra-européen. Moduler régionalement la sécurité sociale et la politique du marché du travail en Belgique renforcerait cette spirale négative.
Sur le plan mondial, la même logique prévaut. Les migrations et la diversité grandissante de nos sociétés accroissent ces défis sociaux, au-delà de nos frontières nationales et européennes. Dans pareil contexte, il va de soi que scinder la réglementation sociale en Belgique ne sert pas les intérêts du monde du travail, que du contraire !
Les plaidoyers des employeurs flamands, en vue de réformer notre Etat social, servent à affaiblir, voire même, à supprimer les niveaux forts de négociations, c’est-à-dire que les niveaux de concertation interprofessionnelle et sectorielle sont plus qu’inquiétants. D’autant qu’ils entendent limiter la concertation sociale au niveau de l'entreprise - voire même uniquement des grandes entreprises - comme en témoigne le rejet des organisations d’employeurs des classes moyennes, quant à l’organisation d’élections sociales et l’installation de délégués syndicaux dans les PME.
Un système lisible et compréhensible pour tous est nécessairement fédéral ! Tout le monde a à y gagner, patrons comme travailleurs ! Les règles belges concernant les cotisations de sécurité sociale, les allocations sociales, certains impôts,... ne peuvent devenir un casse-tête insoluble. Un citoyen sur dix habite Bruxelles. Une région où nombre de wallons et flamands travaillent aussi. De plus, des dizaines de milliers de nos concitoyens sont occupés par des entreprises actives sur l’ensemble de la Belgique, dont le siège principal est souvent bruxellois (banques, sociétés d'assurance, distributions, chaînes logistiques...). L'organisation et la mobilisation internationale des syndicats dans ces entreprises sont d’ores et déjà un énorme défi. Réduire l’indispensable cohérence sociale belge dans les réseaux bancaires ou les chaînes de magasins ne fera certainement pas évoluer les rapports de force à l'avantage des travailleurs. Pas besoin d’un dessin pour s’en convaincre !
Myriam Delmée Erwin De Deyn
Vice-présidente du SETCa Président du SETCa