Progrès social, nécessaire et indispensable, aussi en 2009 (partie 2)
Pouvoir d'achat
Dès avant les négociations, il était évident que les employeurs s’y rendraient sans scrupules. Ils ont régulièrement attaqué l'index, ont accusé les syndicats de répandre une "hystérie sur le pouvoir d'achat", etc. Le mécanisme d'indexation est finalement resté intact. Les employeurs ont fait une concession sous la forme d'une possible augmentation nette du pouvoir d'achat, par exemple par des chèques-repas ou les chèques "verts" à créer. Les actions que nous avons menées auront pesé sur les négociations.
Comme SETCa, nous encadrerons les augmentations nettes convenues au maximum sur le plan sectoriel et négocierons librement en la matière, en tenant compte des possibilités dans chaque secteur.
L'obligation de prévoir ces augmentations du pouvoir d'achat « en net » nous place évidemment devant un problème de principe. Qui dit absence d'impôt et de cotisations de sécurité sociale, dit moins de rentrées pour les pouvoirs publics et la sécurité sociale. En contrepartie, est prévu un milliard d'euros de réductions de charges supplémentaires pour les entreprises, sans garanties d'emploi supplémentaire. Comme l'argent doit venir de quelque part, l'AIP laisse la porte ouverte à une ancienne revendication du SETCa : l'impôt sur le capital. Il convient désormais de s'y atteler, enfin, de même qu'à la fraude fiscale.
L'augmentation du remboursement des frais pour les transports en commun reçoit en revanche une bonne note : elle profite tant au porte-monnaie qu'à l'environnement.
D'autres revendications comme l'abaissement de la TVA sur l'énergie, n'ont pas été réalisées mais entre-temps, les produits énergétiques sont à la baisse.
Le relèvement des allocations sociales reste évidemment le principal élément du paquet total négocié.
En avant !
Le SETCa accepte dès lors l'AIP pour ce qu'il est : un accord exceptionnel qui a vu le jour dans des conditions particulières. C'est bon pour une fois ! Nous retroussons d'ores et déjà nos manches pour nous atteler au travail qui nous attend : les négociations sectorielles. Dans les mois qui viennent, nous ne manquerons pas de vous donner plus d’informations sur le sujet dans ces pages, des Expresso sectoriels, notre newsletter et notre site web.
Myriam Delmée, Vice-président & Erwin De Deyn, Président