Pourquoi une action le 17 mars?
Le 17 mars, les syndicats d'employés mèneront une action pour la préservation du statut des employés et contre le statut unique, présenté de toutes parts comme la seule solution salvatrice. Pourquoi une action maintenant ? Le manifeste communiqué il y a quelques semaines par toutes les organisations patronales de ce pays appelle une réaction. Et pas uniquement par voie de communiqué de presse, mais par une protestation de masse devant les portes de la FEB, la Fédération des entreprises de Belgique.
Le message des employeurs est clair : tous les travailleurs du pays (employés et ouvriers) n'auront plus droit à l'avenir qu'à un délai de préavis de quelques semaines, assorti d'une prime de préavis (également limitée) exempte d'impôts et de cotisations sociales. De plus, l'activation des travailleurs licenciés doit encore être amplifiée : lisez que les demandeurs d'emploi ne pourront plus avoir droit à des allocations de chômage comme aujourd'hui. Dans les prochains jours, les négociations sur les statuts reprennent dans le Groupe des 10, où siègent les représentants nationaux des employeurs et des syndicats. Il est évident que les propositions des employeurs se situeront dans la même lignée que le manifeste qu'ils ont émis. Dès lors, soyons clairs à notre tour : il ne peut pas s'agir d'une base pour des négociations sérieuses. C’est ce que nous ferons comprendre clairement à la FEB le 17 mars.
Nous regrettons que ces derniers jours, une certaine presse ait donné un amplificateur à une partie du monde académique, utilisé pour propager la vision patronale. Dans divers quotidiens, paraissent régulièrement des libres tribunes , signées par des professeurs de toute sorte. Ces prises de position ne sont pas toujours fondées scientifiquement, mais plutôt inspirées politiquement. Voilà aussi pourquoi nous descendons dans la rue. Parce qu'il s'agit de la seule manière d'attirer l'attention de l'opinion publique sur nos positions.
Dernier exemple en la matière : le modèle du "sac à dos" autrichien, présenté comme LA solution pour réaliser un statut unique. Selon la presse, ce système autrichien (introduit en 2003) permet depuis lors à tous les travailleurs d’avoir droit à un délai de préavis réduit et, de surcroît, à une indemnité de préavis, pour laquelle les employeurs paient une cotisation chaque mois. En cas de licenciement, cette indemnité peut être prise ou rester sur un compte jusqu'à l'âge de la pension. Ce serait LA solution et l'option idéale pour le statut unique. On ne précise jamais qu'entre-temps, la distinction au niveau du délai de préavis des ouvriers et des employés a bel et bien été maintenue en Autriche et qu'en fait, ce système du sac à dos s'apparentait davantage au développement d'un système de pension 'deuxième pilier' généralisé qu'à la suppression de la distinction entre ouvriers et employés.
Les exemples d'autres pays doivent donc être placés dans leur juste contexte. C'est pourquoi il faut empêcher employeurs et politiques de les utiliser habilement ou d'en abuser. Réglons dès lors les choses comme il se doit : les différences entre ouvriers et employés dans ce pays doivent trouver une solution propre par le biais d'une harmonisation vers le haut. Nous n'avons que faire d'une solution impliquant une régression pour les employés. Plus de droits pour les ouvriers, et pas moins pour les employés !