POSITION DU SETCa SUR LA PROPOSITION DE MÉDIATION DU GOUVERNEMENT
INSUFFISANT
Le SETCa constate que, comme demandé après le rejet du projet d'AIP, la proposition de médiation du gouvernement répond à 2 points de ce que nous avons demandé:
- le volet de la liaison des allocations au bien-être est exécuté et renforcé par le remplissage de la partie restante de l'enveloppe budgétaire pour les 2 prochaines années; le SETCa estime que les augmentations répondent toutefois insuffisamment aux attentes légitimes des allocataires. Le SETCa maintient par ailleurs que ce dossier aurait déjà dû être réglé depuis plus longtemps et ne pas être associé à la concertation sur l'AIP.
- la reconduction d'un certain nombre de mesures nécessaires à la concertation dans les secteurs (prépensions spécifiques, cotisations sectorielles formations,...) et la sécurité de revenu en cas de chômage temporaire via le maintien des allocations de chômage majorées.
Le SETCa déplore toutefois que les mesures de suspension temporaire de contrat (chômage économique) pour employés soit désormais prorogé pour une durée indéterminée sans encadrement supplémentaire.
S'agissant de la formation salariale, il y a une augmentation du salaire minimum, mais cette augmentation est insuffisante et ne passe pas par une augmentation du salaire minimum brut. Le SETCa maintient que ce n'est pas une bonne chose que la collectivité doive assumer l'augmentation du salaire minimum plutôt que les employeurs.
Le gouvernement confirme le maintien de l'index pour les 2 prochaines années et il n'est plus question de la volonté d'adapter le système d'indexation en fonction de la 'volatilité'. Nous restons cependant vigilants au vu des réactions des employeurs et de certains partis politiques.
Le gouvernement reprend en revanche bien la marge maximale de 0,3% pour les augmentations salariales. Le SETCa maintient que ce n'est pas acceptable alors que de plus en plus d'entreprises vont de nouveau verser des bénéfices aux actionnaires et de juteux bonus au management. Le SETCa continue dès lors de revendiquer de libres négociations dans les secteurs et entreprises.
S'agissant de l'harmonisation des statuts ouvriers/employés, le SETCa continue de défendre une harmonisation pour tous vers le haut. Le SETCa constate que pour les prochaines années, le gouvernement prévoit une avancée pour le régime de préavis des ouvriers, qui est toutefois largement insuffisante et sera supportée en grande partie par la collectivité. Face à cela, il est précisé que l'on ne touchera plus au régime de préavis pour les employés sous le plafond salarial et que les employés au-delà du plafond salarial ne subiront qu'une perte "limitée". Sur le principe, cela reste toutefois inacceptable. Il s'agit ici d'un premier pas dans le démantèlement du statut d'employé. Le SETCa constate avec satisfaction que dans la proposition de médiation du gouvernement, il n'est plus question du régime définitif pour les délais de préavis, tel que prévu dans le projet d'AIP et que nous trouvions catastrophique pour les ouvriers ET les employés. Nous restons néanmoins vigilants à ce qu'il ne soit pas à nouveau repris, soit lors de nouvelles négociations, soit sur le plan politique. Le SETCa reste favorable à de nouvelles négociations sur la base de nouvelles pistes dans le cadre de l'objectif d'égalité de traitement des ouvriers et des employés. Ces droits égaux ne peuvent voir le jour qu'à travers une harmonisation des statuts vers le haut et sans coût supplémentaire pour la collectivité. S'agissant des délais de préavis, cela signifie que pour les ouvriers, il faut atteindre 3 mois par tranche de 5 ans d'ancienneté dans un délai acceptable.
Compte tenu de ce qui précède, le SETCa continuera de s'inscrire dans la mobilisation et les actions organisées par la FGTB, y compris une grève de 24h.
Le SETCa souligne aussi à cet égard que la mobilisation sera plus que nécessaire contre le budget d'économies annoncé et la politique de démantèlement social de l'Europe (sous la direction de Merkel).