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20/09/2017 10:40 Imprimer

Politique des pensions du gouvernement : irresponsable

 

Les médias étaient unanimes quant à la manière dont le Gouvernement s’est attelé au dossier des pensions ces dernières semaines : de façon maladroite. S’il n’y avait que cela ! S’il ne s’agissait pas de centaines de milliers de (futurs) pensionnés, cette maladresse ne serait pas ce qu’il y a de plus grave. Nous avons un autre mot pour qualifier ce que fait ce gouvernement avec le dossier des pensions : irresponsable.

Parce que cela place tous ces (futurs) pensionnés dans une situation incertaine, avec comme résultat assuré que les pensions seront encore plus basses que ce qu’elles sont déjà aujourd’hui. Relèvement de l’âge de la pension, suppression des assimilations, système à points contribuant à abaisser les pensions et pas de réponse pour le travail pénible. La liste est encore longue... Autant de mesures, autant d’atteintes aux pensionnés. L’action de la FGTB le 15 septembre était un premier signe de résistance, mais certainement pas le dernier. Grâce à cette pression, le Gouvernement a fait (provisoirement du moins) marche arrière à propos des assimilations pour les chômeurs de plus de 50 ans. Il en va de même (à nouveau provisoirement) pour le système à points. Voilà des signes qui démontrent que la pression syndicale a son impact. Restons toutefois vigilants, nous devons aussi poursuivre la résistance.

Entre-temps, l’accord dit « de l’été » contient un certain nombre de mesures concernant directement nos secteurs. Il est prévu que la plupart de ces mesures entrent en vigueur à partir de l’an prochain. Nous nous préparerons à les combattre dans nos secteurs et entreprises si elles venaient à être ancrées dans la loi.

 

Flexijobs

L’accord d’été prévoit une extension au secteur du commerce. Ces flexijobs sont diamétralement opposés à notre vision sur l’emploi dans le secteur du commerce. En effet, nous restons favorables à des emplois durables, à l’octroi de priorité aux travailleurs à temps partiel, à plus d’heures ou à un emploi à temps plein, ainsi qu’à des emplois permettant de constituer des droits de sécurité sociale. Ce que ne sont ou ne font pas les flexijobs.

 

E-commerce

L’accord d’été prévoit un assouplissement pour l’introduction du travail de nuit dans le cadre d’activités d’e-commerce. Pendant 2 ans, le travail de nuit pourrait être introduit par le biais du règlement de travail, plutôt que par une CCT signée par tous les syndicats représentés dans l’entreprise.

Après ces 2 ans, cela deviendrait aussi possible par le biais d’une CCT signée par 1 seul syndicat, du moins pour le travail après minuit.

Nous sommes et restons favorables à des négociations collectives sur le travail de nuit, mais ici aussi, il convient avant tout de créer des emplois durables avec une bonne organisation du travail et une compensation financière pour le travail de nuit pénible. Les accords chez Euro Shoe, Torfs et Vanden Borre démontrent que c’est possible. Les dizaines d’accords à propos du travail de nuit dans le secteur logistique peuvent aussi servir d’exemple en la matière. Tous ces accords ont été signés par tous les syndicats représentés dans les entreprises. Il devra également en aller de même à l’avenir.

 

Bonus

L’accord de l’été prévoit que des bonus pourront être accordés à concurrence d’un montant correspondant à 30% de la masse salariale. À cette fin, la loi sur la participation bénéficiaire sera assouplie.

Si tous les travailleurs obtiennent le droit au même montant, il n’est pas nécessaire de conclure une convention collective de travail avec les syndicats.

Nous sommes et restons favorables à une rémunération supplémentaire par le biais des salaires bruts, qui permette de constituer des droits de sécurité sociale. Les autres augmentations de la rémunération (CCT 90 – participation bénéficiaire, mais donc aussi ce nouveau système de bonus) doivent passer par la concertation collective, et donc par une convention collective de travail.

Nos actions suivent deux voies : d’une part, nous nous opposons aux mesures ayant un impact direct dans nos secteurs. Nous le faisons avec les autres composantes de la FGTB (et espérons aussi en front commun syndical) – au niveau interprofessionnel ainsi que dans les secteurs et entreprises – et avec vous. Enfin, d’autre part, nous sommes solidaires avec les camarades de la CGSP qui organisent une journée de réaction le 10 octobre.

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