Pétrole (CP 211)
La balle est dans le camp des employeurs
Ce 31 mai, les travailleurs du secteur du pétrole ont démontré leur détermination et leur mécontentement face aux propositions des employeurs. Des propositions qui, pour l’instant, sonnent creuses et n’offrent pas d’avancées réelles.
Les travailleurs du pétrole réclament la conclusion d’un accord sectoriel digne de ce nom et ils l’ont fait clairement savoir ce 31 mai. Tandis que la plupart des entreprises du secteur tournaient au ralenti, une délégation de représentants syndicaux était reçue par la Fédération Belge du Pétrole. L’occasion de rappeler nos revendications, un signal on ne peut plus clair pour les employeurs ! La balle est à présent dans leur camp… Comme nous l’explique Anita Van Hoof et Claude Roufosse, les deux secrétaires fédéraux en charge du secteur, nous attendons maintenant des avancées.
Anita Van Hoof : « Nous espérons que cette action va permettre aux employeurs d’enfin mettre quelque chose sur la table. Nous attendons un retour de leur part et, nous l’espérons, une proposition concrète qui rejoint nos revendications »
L’action de ce 31 mai a été largement suivie dans le secteur et dans la plupart des entreprises. Vous pensez que les employeurs s’attendaient à un mouvement d’une telle ampleur ?
Claude Roufosse : « C’est vrai que l’action a été généralisée. Que ce soit à Feluy, Gand ou Anvers, les raffineries et dépôts étaient à l’arrêt. A Bruxelles, les employés du siège central de Petrofina se sont rassemblés pour une action symbolique. C’est le secteur tout entier qui a manifesté son ras-le-bol par rapport à l’immobilisme du patronat. »
A.V.H. : « Je pense que les employeurs ne s’attendaient pas à un tel élan de solidarité de la part des travailleurs. Ils n’ont jamais cru qu’on allait pouvoir faire grève et ça a été une véritable surprise pour eux. Ça doit les amener à réfléchir sur l’importance de nos revendications et sur la détermination des travailleurs. »
D’autres actions sont-elles envisageables prochainement ?
A.V.H. : « Il s’agit d’un secteur qui a toujours fait des bénéfices mais où le patronat s’est toujours montré très frileux à l’idée de donner plus. Si nous n’obtenons pas d’avancées, il va de soi que nous entamerons de nouvelles actions de grève… »
C.R. : « C’est une question de principe. Les prix ne cessent d’augmenter de jour en jour et les bénéfices aussi. Les actionnaires sont dans une situation plus que confortable et les gains sont considérables. Or, ils veulent continuer à faire des économies sur le dos du personnel. Dans la proposition des employeurs sur l’accord sectoriel, on ne parvient même pas à obtenir la norme de 0,3% imposée par le gouvernement… Une logique à sens unique. »
Quelles sont précisément les revendications des travailleurs ?
A.V.H. : « Nous ne mettons pas seulement l’accent sur le pouvoir d’achat mais essentiellement sur des améliorations ‘qualitatives’ des conditions de travail. Il s’agit par exemple de dispenses de prestations pour les travailleurs âgés, de la possibilité de pouvoir prester du travail de jour après une longue carrière de travail en équipes de nuit, de la mise en place d’un deuxième pilier de pension complémentaire. Nous voulons également favoriser le replacement de travailleurs ayant subi une restructuration dans le secteur pétrole : il nous semble logique qu’on donne la priorité à ce type de profils lors du recrutement de nouveaux travailleurs. »
C.R. : « En ce qui concerne les 0,3% de norme salariale imposée par le gouvernement, les employeurs disent l’accepter uniquement pour les barèmes sectoriels des employés. Ce qui signifie donc : aucune augmentation salariale pour les cadres ou les travailleurs gagnant plus que les minima sectoriels. Une restriction lourde de conséquence pour ces catégories de travailleurs de plus en plus nombreuses. »
En somme, des revendications raisonnables pour un secteur qui dispose d’une marge financière évidente. Espérons que l’action du 31/05 permette de faire avancer les négociations en ce sens…