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22/06/2010 16:29 Imprimer

PAS DE DÉMANTÈLEMENT DE NOTRE MODÈLE SOCIAL BELGE !


 

Les résultats des élections du 13 juin sont connus et analysés. Il est évident pour tous que le comportement électoral n'a pas été le même dans les différentes régions du pays. Il convient de féliciter le PS pour sa victoire. Nous aurions aussi voulu fêter une victoire de la gauche en Flandre. L'électeur en a décidé autrement et il faudra nous y faire. Mais pas à n'importe quel prix !

 


Il est évident que le vote de nombreux Flamands est le résultat du battage médiatique en faveur de De Wever. Ils se sont prononcés contre le reste plutôt que pour le programme de la N-VA. Car ce programme est désastreux pour les travailleurs : démanteler la prépension, vider de leur substance les périodes assimilées pour le calcul de la pension, flexibilité sur base annuelle, casser le pouvoir des syndicats, régionaliser la formation salariale, qui devrait se faire de préférence sur base individuelle et en fonction des prestations et des résultats des entreprises, et limiter les allocations de chômage dans le temps. Et en prélude à l'objectif final, l'indépendance des régions (gros point d'interrogation : quid de Bruxelles?), tous les leviers socio-économiques doivent aller au plus vite aux états fédérés : fiscalité (impôt des personnes physiques et des sociétés), rentrées et dépenses de la sécurité sociale et gestion de celles-ci. Voici la modalisation du "modèle confédéral" : les états fédérés lèvent les impôts et versent une dotation à l'État belge pour les compétences restantes. Nous ne pouvons nous imaginer que 30% des Flamands aient voté pour cela ! S'agissant du statut ouvriers-employés, notre sondage préélectoral a lui aussi clairement fait apparaître que la N-VA n'est certainement pas de notre côté !


Un formateur est à présent désigné. Au moment de rédiger cet Edito, rien ne permet évidemment de dire quel sera résultat final de cette mission. En revanche, il est certain que l'on parlera de la réforme de l'état, de la situation socio-économique et des finances publiques.


Evidemment, il est préférable de trouver au plus vite une solution aux problèmes institutionnels en suspens (qui, par ailleurs, ont entraîné la chute du précédent gouvernement), de sorte que le prochain gouvernement ne soit pas de nouveau paralysé et qu'il puisse s'atteler aux dossiers socio-économiques importants. La réforme de l'État ne peut toutefois engendrer le démantèlement du caractère fédéral de la sécurité sociale, du droit du travail et des relations collectives dans ce pays. Ces 3 éléments sont indissolublement liés les uns aux autres et reflètent la solidarité dans notre pays. Quoi que certains puissent affirmer.


Dans les années à venir, l'État belge devra s'attaquer à son déficit budgétaire. Que le prochain gouvernement soit prévenu : une approche trop drastique ne peut étouffer dans l'œuf une éventuelle reprise économique. Et le champ de tension présent à cet égard entre nouvelles rentrées et/ou diminution des dépenses ne peut tourner au désavantage des simples citoyens, qu'ils aient un travail ou aient la malchance de vivre d'une allocation sociale. Même des politiques européens que l'on ne peut classer dans le camp de gauche le disent clairement : ce sont ceux qui ont provoqué la crise qui doivent payer.


Dans divers pays européens, les travailleurs sont toutefois confrontés aussi à des plans d'économies drastiques. Ce n'est pas la bonne voie. Le programme gouvernemental à modaliser aujourd'hui ne peut pas s'en laisser inspirer. Une grande manifestation européenne est prévue à Bruxelles le 29 septembre prochain. Elle clamera haut et fort son opposition à une politique d'austérité. Les syndicats belges tireront cette manifestation. Il pourra s'agir aussi d'une première réaction manifeste à la politique annoncée d'un éventuel gouvernement belge. Nous suivrons dès lors de tout près et avec vigilance la formation du gouvernement belge dans les semaines/mois à venir. Nous comptons sur les partis progressistes qui feront partie du nouveau gouvernement belge.