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26/03/2008 13:07 Imprimer

POINT DE VUE : Non au démantèlement social, pour une société plus juste   

 

Un rassemblement de plus de 2000 militants de la FGTB a lieu le 16 novembre 2007 à Bruxelles. Cette concentration sera un signal clair lancé aux employeurs et responsables politiques. Nous n’accepterons pas de démantèlement social, nous voulons une société plus juste. Il n’y a plus d’handicap salarial.

 

Les employeurs plaident à nouveau pour une réduction supplémentaire du coût salarial. Ils se basent à cet effet sur leurs propres études. Le rapport officiel du Conseil central de l’économie ne souscrit cependant pas à cette analyse. Ce rapport précise que l’écart salarial vis-à-vis des pays voisins retombera à 0,4 % en 2008. Si l’on tient compte de toutes sortes d’avantages fiscaux, le handicap salarial disparaît même complètement.

 

Le plaidoyer de la FEB en faveur d’une nouvelle réduction du coût salarial de 2 % que les partis de l’Orange bleue se sont empressés de reprendre à travers des mesures fiscales et parafiscales est dès lors inqualifiable. De surcroît, les travailleurs sont priés de modérer une fois de plus leurs salaires à travers la prise en compte de ces 2 % dans la norme salariale.
Les négociations sectorielles récentes se sont déroulées normalement dans le cadre de la norme salariale indicative. Dans certains secteurs, les augmentations salariales négociées ont été conformes à la norme, dans d’autres supérieures et dans d’autres encore peut-être un peu moindres. Voilà qui est le propre d’une norme salariale indicative. Les syndicats ont donc joué le jeu correctement.
Entre-temps, la richesse créée continue bien d’être répartie inégalement. En 1996, la part des salaires dans le produit intérieur brut s’établissait encore à 66,3 %. En 2008, cette part sera retombée à 62.2 %. Les revenus du capital se portent donc nettement mieux.

 

Handicap, par contre, en matière de formation et de recherche-innovation

 

Les employeurs enregistrent un retard en matière de formation et de recherche & développement. En 2006, une part de 1,12 % de la masse salariale a été investie dans la formation. L’objectif de 1,9 % fixé depuis de nombreuses années est donc loin d’être atteint.
En Belgique, les investissements en recherche&développement restent à un niveau extrêmement bas. Ces dernières années, ils sont même en baisse. Ils enregistrent clairement un retard sur ceux des pays voisins avec lesquels les employeurs aiment tant nous comparer lorsqu’il s’agit d’évolution des salaires. Voilà comment on perd des parts de marché et pourquoi la création d’emploi tellement importante n’est pas ce qu’elle pourrait et devrait être.

 

Contre le démantèlement social

 

La diminution supplémentaire des coûts réclamée par les employeurs à travers une diminution des impôts (tant les impôts des personnes physiques que les impôts des sociétés) est inacceptable. La perte de recettes pour l’Etat devrait être compensée ailleurs. La sécurité sociale risquerait d’être confrontée dès lors à une diminution de ses recettes et l’assise financière des indispensables services publics serait mise en danger.

 

Si l’on procède malgré tout à une réforme fiscale, celle-ci doit se faire à l’avantage des moyens et bas salaires. La FGTB a des propositions concrètes à ce propos. En effet, ce sont précisément les moyens et bas salaires qui voient leur pouvoir d’achat érodé par les augmentations de prix des produits vitaux : alimentation, électricité, chauffage, etc. La correction par l’index tarde et elle n’est pas complète dans la mesure où l’index est déterminé de plus en plus par les prix (en baisse) de produits onéreux (ordinateurs, écrans plats, etc.) dont tout le monde n’a pas nécessairement que faire.
Nous n’accepterons pas du futur gouvernement (quel qu’il soit) que l’on touche à l’âge de la pension ou aux allocations de chômage.
Plus que jamais, nous restons attachés au caractère fédéral de notre sécurité sociale, ainsi que du droit du travail individuel et collectif. Le rassemblement de ce 16 novembre est un premier signal important. Le SETCa s’inscrit totalement dans cette initiative de la FGTB.

 

Le SETCa luttera en première ligne contre le démantèlement social et pour une société plus juste !

 

Myriam Delmée,  Vice-présidente du SETCa 

Erwin De Deyn,  Président du SETCa