Période agitée
Pour plus de pouvoir d’achat
La journée d’action nationale du 6 octobre pour le pouvoir d’achat a été une réussite. Les actions des militants ont été organisées dans les trois régions du pays. Peu importe ce que certains en disent et en écrivent.
Personne ne s’étonnera du fait que le banc patronal, ainsi que la partie la plus à droite de la presse aient essayé de déstabiliser la mobilisation. Ce type de petit jeu ne date pas d’hier. Mais il y a plus étonnant. Certains, pourtant considérés comme proches de nous, ont contribué à ce climat de démobilisation.
Cette action nationale était nécessaire pour montrer la force de notre message au Gouvernement et aux employeurs.
A l’heure d’écrire ces lignes, nous découvrons et examinons les décisions prises par le gouvernement dans le cadre du budget 2009. Nous les comparerons avec les objectifs que nous nous étions fixés et pour lesquels nous avons menés des actions le lundi 6 octobre.
A présent, nous attendons également que les employeurs se remettent autour de la table de négociations. Qu'un accord soit finalement intervenu pour une augmentation du salaire minimum et pour l'accélération du bonus à l’emploi, c’est certainement positif. Ceci dit, le signal reste insuffisant. Il y a encore du pain sur la planche pour apporter du pouvoir d’achat supplémentaire aux allocataires sociaux, dans le cadre de la réalisation de la liaison des allocations au bien-être. Il y a aussi du pain sur la planche pour que les employeurs soient prêts à négocier un accord interprofessionnel correct, offrant des marges pour améliorer les salaires de l’ensemble des travailleurs dans notre pays.
Nous jugerons les actes des uns et des autres dans les jours et semaines à venir. Nous en tirerons les conclusions qui s’imposent.
Crise financière mondiale
Ces dernières semaines, à côté du coût de la vie, une autre expression se lit sur toutes les lèvres: la « crise financière mondiale ».
Tout doit être entrepris pour éviter que le système capitaliste libéral ne nous conduise droit vers une régression de l’économie et des conditions de vie de chacun.
Avec nos collègues du secteur financier, nous suivons le fil des événements d’heure en heure. Nous intervenons systématiquement avec la FGTB auprès des interlocuteurs adéquats.
Nous restons plus que vigilants quant aux décisions prises par le Gouvernement dans les dossiers Fortis, Dexia, etc. Même s’il n’y avait – à première vue – pas beaucoup d’autres choix.
Au moment où l’on parle beaucoup des risques pour les carnets d’épargne et les actionnaires, notre préoccupation est centrée sur l’avenir de tous les travailleurs des banques, des assurances et des autres entreprises de ce domaine. Ce qui est vrai pour ce secteur l’est également pour les autres. Comme SETCa, la sauvegarde des emplois de qualité nous guide quotidiennement dans nos interventions.
Dans ce contexte, nous sommes totalement convaincus que la transparence et le contrôle des institutions financières doivent être améliorés, tant au niveau européen qu’à l’échelon national. Ce sera un point essentiel de nos contacts des semaines qui viennent.
Le capitalisme-casino, qui puise ses origines dans l’idéologie néolibérale, a amené les marchés hypothécaires aux Etats-Unis dans une situation catastrophique. On a ensuite découvert les retombées chez nous. La spéculation qui règne sur les marchés boursiers a renforcé ce processus et a entraîné un effet de boule-de-neige.
Pour couronner le tout, la concentration des institutions financières sans équivoque, instruite par la mégalomanie de certains managers, n’est pas innocente dans ce que nous venons de vivre.
Alors, oui, nous disons clairement : « Stop à l’idéologie néolibérale ! ». Comme le disait à l’époque, feu l’ancien secrétaire général de la FGTB, Georges Debunne, un contrôle réel des travailleurs est nécessaire dans ce monde capitaliste. Ceci permettrait d’éviter des dérives qui peuvent amener l’économie dans une situation catastrophique.

Myriam Delmée, Vice-présidente et Erwin De Deyn, Président