Organe de concertation européen pour Sitel
Après 10 ans de négociations, le centre d’appel international Sitel dispose enfin d’un comité d’entreprise européen (Co.E.E.). Il s’agit d’une instance de concertation dans laquelle les employeurs et les travailleurs peuvent se rencontrer au niveau européen. Ce Co.E.E. est le résultat de 10 ans de travail dans lequel le SETCa a joué un rôle d’avant-plan.
De plus en plus de gens travaillent dans des entreprises actives également dans d’autres pays. Parfois, les travailleurs sont ainsi mis en concurrence de manière éhontée. Comme syndicat, nous devons nous y opposer. Plus les travailleurs de différents pays s’unissent, plus il est difficile de faire jouer la concurrence interne au sein d’une même entreprise au détriment des travailleurs.
Cet aspect est assurément important dans le secteur des centres d’appel. Les télécommunications modernes permettent parfaitement de traiter les appels téléphoniques à des milliers de kilomètres. Tel est aussi le cas de Sitel, qui gère par exemple des projets internationaux pour Nokia et HP, répartis entre différents sites et pays. Le Co.E.E. doit permettre la concertation à l’échelle internationale. Jan Meeuwens notamment, le responsable du SETCa qui a participé aux négociations sur la constitution du Co.E.E., devra à présent concrétiser cette réalisation.
Jan Meeuwens : « Sitel réponds depuis la deuxième moitié des années 90 à tous les critères nécessaires à l’installation d’un CEE. C’est en 2000 que la fraction Setca dans le conseil d’entreprise belge a pris l’initiative de faire cette demande. Cela a encore pris 7 ans avant que la direction européenne (changeant fréquemment) ait bien voulu y collaborer. En 2007, à la suite des fortes pressions d’UNI Europe (organisation englobant les syndicats européens) un GSN (Groupe Spécial de Négociation) a été instauré. Cet organe composé sur le plan européen avait comme mission la négociation d’un accord cadre pour le fonctionnement du futur Co.E.E. Ces négociations se sont déroulées très difficilement et sont restées sans résultats pendant des années.
Finalement, comment les choses ont-elles commencé à bouger ?
JM : « En réalité, la percée est intervenue parce que l’UNI, notre organisation faîtière européenne, menaçait d’entreprendre des démarches en justice. Peu à peu, on était en droit de considérer l’attitude de l’entreprise comme étant en infraction avec la directive européenne qui a été transposée en droit national. En combinaison avec l’arrivée d’un nouveau management, il est apparu finalement qu’il était possible de faire une percée. Lors d’une tentative ultime à Madrid (Espagne), un accord équilibré a enfin été atteint entre les représentants des employés et la direction européenne. Sitel rejoint ainsi la liste des plus de 900 entreprises qui ont déjà un CEE ».
Pendant 10 ans, la direction a reporté la constitution du Co.E.E. aux calendes grecques. Pourquoi a-t-elle adopté cette fois une attitude constructive ?
JM : « L’histoire le démontrera. Mais si l’on pense dès le départ que le pire va se réaliser, alors on ne fait jamais rien bouger. Il ressort également de l’accord que la direction est de bonne volonté. Ainsi par exemple, nous nous rencontrerons deux fois par an au lieu d’une seule fois, ce qui est le minimum légal. Nous le saurons rapidement. Sitel est une entreprise internationale ayant des projets dans toute l’Europe, voilà suffisamment de matière à discussion. »
Qu’espères-tu obtenir syndicalement par un Co.E.E. ?
JM : « Le Co.E.E. ne remplace évidemment pas du tout le travail du C.E. national. Il est surtout important d’établir des contacts internationaux entre travailleurs de sorte à ce qu’ils apprennent à connaître les problèmes de chacun. C’est le premier pas indispensable pour permettre à la solidarité de voir le jour. Ainsi, nous avons déjà pu contribuer à résoudre des problèmes en France grâce à de tels contacts. Chez Sitel, nous ne doutons absolument pas de l’utilité d’un Co.E.E. Je constate qu’il existe encore en Europe un grand nombre d’entreprises entrant en ligne de compte pour la constitution d’un Co.E.E. mais qui n’y parviennent pas. C’est dès lors avec conviction que je conseille à mes collègues délégués syndicaux de s’y mettre ! ».