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25/02/2009 15:51 Imprimer

Négocier en temps de crise

 

vice-présidente et président
La crise économique frappe dur. Les prévisions économiques pour cette année sont catastrophiques : l'on prévoit actuellement pour 2009 un recul de l'économie belge d'environ 2%. Et selon certains, cela pourrait même être plus grave.

 

Le déficit public dépassera certainement les 3% : davantage de dépenses en raison de la crise économique et aussi moins de rentrées. Ce dernier aspect n'est pas dû qu'à la crise économique. Le ministre Reynders – monsieur “pas de problème" – ne parvient en effet pas (ou n'est-ce pas plutôt une question de mauvaise volonté ?) à bien faire fonctionner son département des finances. L'état belge passe de la sorte à côté de rentrées fiscales, par exemple en s'attaquant trop tendrement à la fraude fiscale.

Les conséquences de la crise économique pour les travailleurs ne sont pas minces : scénarios de fermeture, licenciements, concessions en termes d'organisation du travail et de flexibilité, chômage temporaire pour les ouvriers, obligation pour les employés de prendre congé (rémunéré ou non) ou de travailler moins via des formules de crédit-temps. Les exemples ne manquent pas… Chaque jour, une nouvelle entreprise attire ainsi l'attention.

Nous ne pouvons accepter et n'accepterons pas que d'aucuns utilisent la crise économique et en abusent pour porter atteinte aux travailleurs, actifs comme allocataires. Employeurs et politiques ont tendance à avancer des propositions simplistes, qui consistent en fait à démanteler les acquis sociaux de tous les travailleurs, quel que soit leur statut : employé, ouvrier ou fonctionnaire.

Avec la FGTB, nous estimons qu'il existe bel et bien une alternative. Il faut investir davantage dans le développement durable. Cela nécessite des moyens publics supplémentaires et une réorientation des moyens existants. Les nouveaux moyens doivent être trouvés par le biais d'impôts accrus sur le capital et les grosses fortunes. Une perception convenable des impôts est aussi indispensable. Qu'un état encoure un déficit budgétaire en période de difficultés économiques nous semble inévitable et logique.

Apporter une alternative socialiste demande plus que de belles brochures. Une telle alternative doit être connue sur le terrain et dans l'opinion publique au sens large.

C'est pourquoi le SETCa s'inscrit dans la campagne d'action du front commun syndical avec une première concentration de militants le 9 mars devant la Bourse à Bruxelles. D'autres actions suivront à l'échelon européen et mondial, avec la Confédération européenne des Syndicats et la Confédération Syndicale Internationale. Parce que la crise ne se limite bien évidemment pas à notre pays, mais est européenne et mondiale.

Entre-temps, les négociations commencent dans tous les secteurs, afin de conclure des conventions collectives de travail pour 2009-2010. Tous les ingrédients sont désormais connus. Les CCT interprofessionnelles concernant les écochèques, le relèvement du remboursement des frais de transport en commun et les régimes de prépension spécifiques ont été signées au Conseil National du Travail.
Nous sommes conscients que les circonstances sont difficiles et que l'accord interprofessionnel exceptionnel ne prévoit pas de grandes marges.

Nos négociateurs du SETCa vont toutefois tenter de conclure dans tous les secteurs des conventions décentes offrant aux employés une modalisation maximale de l'enveloppe nette prévue par l'accord interprofessionnel exceptionnel, et améliorant en outre la qualité du travail. Les employés y ont droit, même en ces circonstances économiques difficiles.

Myriam Delmée, Vice-présidente & Erwin De Deyn, Président